Afrique - Changements climatiques

Aridité

Certaines régions sont particulièrement vulnérables à la réduction des précipitations.

Une vaste partie du continent africain est sèche. Les tendances climatiques présentent un allongement des périodes de sécheresse, et une diminution des périodes de grandes précipitations.

Les zones arides, semi-arides et subhumides sèches comprennent les terrains dont le rapport précipitations/évapotranspiration potentielle (ETP) est situé entre 0,05 et 0,65. En Afrique, ce type de conditions couvre 13 millions de km2, soit 43 % de la zone terrestre du continent - qui abrite 270 millions de personnes, soit 40 % de la population du continent (PNUD, 1997). Les zones particulièrement à risque incluent le Sahel - bande de terres semi-arides de 3,5 millions de km2 s'étendant le long de la frontière sud du Sahara - et quelques nations composées entièrement de terres sèches (par exemple, le Botswana et l'Erythrée).

La désertification en Afrique a réduit de 25 % le potentiel de productivité végétative de plus de 7 millions de km2, soit un quart de la zone terrestre du continent (PNUE, 1997). On note par ailleurs que la désertification se caractérise plus par une dégradation des capacités productives de lieux situés bien loin des déserts de sable que par un empiètement inexorable du sable sur les terres vertes. Les terrains arides sont capables de répondre rapidement aux fluctuations des saisons. L'analyse des données NDVI (index normalisé d'évolution de la végétation) prises de 1980 à 1990 et permettant de suivre la limite de la croissance végétative le long de la frontière Sahara-Sahel, montrait la présence de vastes fluctuations : en 1990, la limite de croissance végétative se situait à 130 kms au sud de sa position en 1980 (Tucker et al., 1991).

Parmi les facteurs de désertification, les pratiques agricoles non durables, le surpâturage et la déforestation sont anthropiques. Les pratiques agricoles non durables sont caractérisées par des courtes rotations des récoltes à l'exportation, l'utilisation non contrôlée des incendies et le retrait des résidus protecteurs provenant des récoltes. Le surpâturage consiste en un élevage de bétail à densité plus élevée, ou selon des rotations plus courtes que celles soutenues durablement par un écosystème. Enfin, la déforestation représente l'élimination constante des forêts à canopées fermées et la coupe d'arbres isolés à l'extérieur des forêts. De 1990 à 1995, Les régions forestières d'Afrique ont diminué d'environ 37 000 km2 par an (FAO, 1999a). Le PNUE (1997) attribue deux tiers de la région aujourd'hui désertifiée d'Afrique au surpâturage, les pratiques agricoles et forestières non durables étant responsables du tiers restant.

Il est également possible que l'augmentation de la population entraîne une plus ample désertification si elle signifie une intensification de l'exploitation agrosylvopastorale, ou si la superficie des terres soumises à des pratiques agricoles non durables, au surpâturage ou à la déforestation, est accrue. La population totale du continent africain est passée de 220 millions de personnes en 1950 à 750 millions en 1998 - un taux de 2,5 % par an (Onu, 1999). Les besoins accrus en produits alimentaires, en bois et en fourrage dérivés de cette croissance sont un fardeau excessivement lourd sur les ressources naturelles de la région.