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Afrique - Changements climatiques

Conséquences sur l'eau et stress hydrique

Une disponibilité réduite en eau signifie des conséquences néfastes pour la santé.

La situation de la disponibilité de l'eau en Afrique est déjà précaire. Le stress hydrique sera aggravé par les changements climatiques. Une moindre disponibilité de l'eau aura des conséquences négatives sur la santé, dont une plus ample occurrence des problèmes gastro-intestinaux.

Dans les régions d'Afrique connaissant aujourd'hui une pénurie d'eau, les conséquences des changements climatiques et l'accélération des sollicitations humaines aggraveront le stress hydrique déjà présent. Les conflits existant entre les exigences humaines et celles de l'environnement quant aux ressources en eau seront intensifiés. Les services responsables des bassins d'eau devront donc identifier et développer des projets répondant aux besoins des flux environnementaux : le maintien d'un écosystème sain est en effet l'un des éléments fondamentaux d'un développement économique durable.

Les populations africaines seront confrontées aux principaux dangers découlant des phénomènes extrêmes tels que les tempêtes tropicales, les inondations, les glissements de terrain, le vent, les vagues de froid, les sécheresses et les augmentations anormales du niveau de la mer. Tous ces phénomènes proviennent des changements climatiques. Il est également probable que ces phénomènes exacerbent les problèmes de gestion liés à la pollution, à l'assainissement, à la gestion des déchets, à la fourniture d'eau, à la santé publique, aux infrastructures et aux technologies de la production (GIEC, 1996).

Les pathogènes à transmission vectorielle ou d'origine hydrique représentent d'autres conséquences possibles des changements climatiques et de la variabilité climatique. De nombreuses zones urbaines africaines ont vu l'étendue de l'exode rural dépasser les capacités des autorités municipales, qui sont impuissantes à mener les travaux nécessaires d'assainissement ou autres services de santé. L'épidémie de choléra, lors des récentes inondations d'Afrique orientale et du Mozambique, a ainsi souligné la nécessité d'un véritable assainissement. Toutefois, même si l'épidémie s'est déclarée sur une région allant du grand nord, à Mombassa et Nairobi, et jusqu'au sud, à Beira, les zones affectées sont restées assez localisées du fait même de l'isolement des zones urbaines touchées. Mais si les conglomérats urbains comme ceux que l'on envisage en Afrique occidentale et sur la côte est de l'Afrique du Sud sont construits - voir Nicholls et al., 1999 - la vulnérabilité des populations se développera de manière régionale, plutôt que locale. Il est aujourd'hui urgent de procéder à l'inspection des services sanitaires : elle bénéficiera aux communautés actuellement implantées mais permettra aussi, sur le long terme, d'économiser de l'argent pour les services de santé du futur.

L'augmentation et la compétitivité des demandes, ainsi que l'accroissement de la population, vont probablement sérieusement aggraver les problèmes d'eau dans les zones urbaines et rurales. Les capacités des infrastructures de stockage et de fourniture d'eau des principales zones urbaines sont déjà souvent dépassées, et les phénomènes extrêmes entraînant des dégradations matérielles, comme les inondations, ne font qu'aggraver la situation. Le contrôle des niveaux d'eau et de l'utilisation d'eau est très peu répandu, limitant l'analyse de la vulnérabilité.