Publications > Afrique - Changements ... > Modification des biome ...

Afrique - Changements climatiques

Modification des biomes en Afrique du Sud

IL'augmentation des températures et les modifications des tendances pluviométriques pourraient appauvrir des régions riches en espèces, notamment sur le territoire d'Afrique du Sud.

Les prédictions quant aux effets à long et moyen terme des changements climatiques sur les écosystèmes naturels d'Afrique du Sud incluent la réduction de l'étendue spatiale du biome des prairies (Ellery et al., 1991), l'augmentation de l'étendue du biome désertique (Macdonald et Midgley, 1996) et l'arrivée de nouvelles communautés de plantes (Rutherford et al., 1995). Lorsque les limites actuelles de distribution des arbres dans les prairies (températures minimum et effets d'incendie) se relâcheront, et que les arbres s'épaissiront et envahiront les prairies, une diminution du territoire occupé par le biome des prairies est à prévoir (Ellery et al., 1991, Midgley et al., 1998). Une étude récente (Rutherford et al., 1999), basée sur des facteurs climatiques limitant la distribution des biomes, montrait qu'une aridité accrue au Cap-Nord pourrait exposer la végétation à des pressions encore jamais vécues par les biomes du pays, créant ainsi un environnement climatique nouveau. Une analyse récente jetait par ailleurs un doute sur les capacités potentielles du réseau de réserve actuel à conserver le niveau de richesse des espèces végétales (Rutherford et al., 1999). Elle montrait également que les chutes d'Augrabies du Parc national du Cap-Nord pourraient voir plus d'un tiers de leurs espèces végétales disparaître, et ce sans espoir d'une immigration végétale conséquente.

Le Royaume floral du Cap (fynbos), qui couvre seulement 37 000 km2 à la pointe sud de l'Afrique, renferme 7 300 espèces végétales, dont 68 % n'existent nulle part ailleurs dans le monde (Gibbs, 1987). Le biome adjacent Succulent Karoo contient 4 000 espèces supplémentaires, dont 2 500 sont endémiques (Cowling et al., 1998). Ces zones de biodiversité floristique extrêmement riche sont observables au mieux dans les régions de pluies hivernales situées à la pointe sud du continent. Elles sont notamment menacées par les changements de saisonnalité des précipitations (la réduction des précipitations hivernales, ou l'augmentation des précipitation estivales, modifieraient par exemple le régime des incendies, crucial à la régénération du fynbos).