Augmentation du nombre de maladies infectieuses

La malaria et d'autres maladies à transmission vectorielle seront plus fréquentes du fait des températures nocturnes plus élevées. La malaria atteint actuellement des régions d'altitude élevée alors qu'on ne l'y avait jamais connue.

On a découvert ces dernières années que les changements climatiques auraient des conséquences à la fois directes et indirectes sur les maladies endémiques en Afrique. A la suite du phénomène El Niño de 1997-1998, des épidémies de malaria, de fièvre de la vallée du Rift et de choléra se sont déclarées dans nombreux pays d'Afrique orientale. La ceinture de méningite, située dans les régions les plus sèches d'Afrique occidentale et centrale, s'étend vers la côte est du continent. En outre, la faible infrastructure en place, les changements d'affectation des terres et la résistance aux médicaments de pathogènes tels que le Plasmodium Falciparum et le Vibrio Cholerae ne font qu'aggraver la situation.

Malaria

Même si les causes précises des épidémies de malaria dans les régions montagneuses d'Afrique sont toujours sujettes à désaccord parmi les chercheurs (Mouchet et al., 1998), on détermine de plus en plus clairement l'impact fondamental qu'auront les changements climatiques (OMS, 1998). Dans la région montagneuse du Rwanda, par exemple, les infections de malaria ont augmenté de 337 % en 1987. 80 % de cette augmentation peut s'expliquer par les précipitations et les températures (Loevinsohn, 1994). La même corrélation a été observée au Zimbabwe (Freeman et Bradley, 1996). D'autres épidémies en Afrique orientale ont également été largement associées au phénomène El Niño. On estime ainsi que de légères modifications des températures et des précipitations suffiront aux épidémies de malaria pour perdurer à leurs niveaux d'altitude et de latitude actuels de transmission (Lindsay et Martens, 1998). En outre, les inondations pourraient faciliter le développement des vecteurs de malaria et par conséquent, la transmission de la malaria dans les régions arides (Warsame et al., 1995). La région du Sahel, qui souffre de sécheresse depuis trente ans, a vu son taux de transmission de la malaria diminuer, en raison de la disparition des habitats de reproduction adéquats. Néanmoins, en cas d'inondation les risques d'épidémie restent réels (Faye et al., 1995).

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