Afrique - Changements climatiques

Le lac Tchad

Le lac Tchad s'assèche.

La taille du lac Tchad a augmenté et diminué à intervalles réguliers. Mais l'aridité croissante de la zone du Sahel et les besoins accrus en eau douce pour l'irrigation pourraient entraîner une réduction persévérante de la taille du lac Tchad.

Les dimensions du lac Tchad varient entre les saisons sèches et pluvieuses, passant de 50 000 à 20 000 km2. Des frontières aquatiques précises ont été déterminées entre le Tchad, le Nigeria, le Cameroun et le Niger. Les délimitations situées sur les fleuves qui se jettent dans le lac Tchad n'ont jamais été démarquées - la tâche est d'autant plus compliquée que les rivières connaissent des inondations et l'apparition ou la submersion d'îles. Un tel phénomène, survenu sur le fleuve Kovango, avait ainsi entraîné une confrontation militaire entre le Botswana et la Namibie.

Les changements climatiques exacerbent l'assèchement de zones déjà arides en Afrique. Vorosmarty et Moore (1991) ont étudié les conséquences à prévoir des eaux captées par endiguement, des changements d'affectation des terres et des changements climatiques sur le Zambèze - et ont conclu que celles-ci pouvaient être capitales. Cambula (1999) a montré l'existence d'une diminution du ruissellement en surface et en sous-sol pour cinq cours d'eau au Mozambique, dont le Zambèze, selon divers scénarios de changements climatiques. Dans le cas du bassin du Zambèze, les changements climatiques feraient diminuer le ruissellement d'au moins 40% (selon la simulation).

Le pénurie croissante d'eau, l'augmentation de la population, la dégradation des écosystèmes de partage d'eau douce et les exigences de consommation en ressources naturelles pourtant en diminution font augmenter les risques d'émergence de conflits bilatéraux et multilatéraux dans une zone gigantesque impliquant de nombreux pays. (Gleick, 1992).