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Afrique - Changements climatiques

Phénomène d’oscillation australe El Niño

Ce diagramme est une illustration du phénomène El Niño. Les observations ont montré que la fréquence et l’intensité des phénomènes El Niño et La Niña ont augmenté.

La plus forte fluctuation naturelle du climat à échelle temporelle interannuelle est le phénomène d’oscillation australe El Niño (ENSO). Les fluctuations de type ENSO dominent également les échelles temporelles décennales – parfois nommées oscillations pacifiques décennales. ENSO démarre dans le Pacifique tropical mais modifie les conditions climatiques du monde entier.

L’importance des modifications des caractéristiques du phénomène ENSO découlant des changements climatiques n’est connue que depuis quelques années. Il en est de même pour le rôle joué par ENSO lors de l’observation d’évolutions climatiques brusques. À ce jour, observations et modèles ont néanmoins pu prévoir l'apparition plus fréquente ou plus puissante de phénomènes ENSO à l’avenir.

Techniquement, ENSO est généré par des interactions océan-atmosphère internes au Pacifique tropical et à son atmosphère sur-jacente. Des anomalies thermiques positives dans le Pacifique équatorial oriental (caractéristiques d’un phénomène El Niño) réduisent les écarts de températures – normalement importants – à la surface de la mer dans tout le Pacifique tropical. En conséquence, les alizés s’affaiblissent ; l’index d’oscillation australe – l’écart de pression au niveau de la mer entre Tahiti et Darwin – passe irrégulièrement dans le négatif ; le niveau de la mer baisse à l’ouest et augmente à l’est, prenant jusqu’à 25 cm ; et les eaux chaudes se répandent vers l’est le long de l’équateur.

Dans le même temps, ces alizés affaiblis diminuent les remontées d’eau froide dans le Pacifique équatorial oriental, renforçant l’anomalie thermique positive initiale. Les alizés affaiblis entraînent également des anomalies quant à la profondeur de la thermocline au niveau de l’équateur, dans le Pacifique central et occidental. Ces anomalies s’étendent vers l’ouest en direction de l’Indonésie, où elles sont réfléchies et se propagent vers l’est le long de l’équateur. Elles font ainsi décroître et modifient à nouveau l’anomalie thermique à l’est.

En outre, la rencontre de l’instabilité tropicale air-mer et du retour négatif retardé dû à la dynamique océanique sous la surface de la mer peut donner naissance à des oscillations. Mais par delà l’influence sur le climat tropical, ENSO semble avoir des conséquences mondiales : on a observé une augmentation de la température mondiale moyenne à la surface pendant et après El Niño, lorsque l’océan transfère la chaleur vers l’atmosphère (Sun et Trenberth, 1998).

(TRE – Changements climatiques 2001, Les bases scientifiques. 7.6.5)