AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives

RATIFICATION D’ACCORDS MULTILATÉRAUX SUR L’ENVIRONNEMENT (AME)

Click to enlarge

Figure 5.1 Eau potable et santé infantile dans les pays d’Afrique

Source: UNDP Human Development Report 2001

Click to enlarge

Figure 5.2 Hygiène et santé infantile dans les pays d’Afrique

Source: UNDP Human Development Report 2001


Click to enlarge

Les accords multilatéraux sur l’environnement (AME) ont pour but de protéger l’exceptionnelle biodiversité de l’Afrique.


PNUE

La majorité des Etats africains ont ratifié les AME qui concernent la région à l’échelon mondial et régional. Les AME sont reconnus comme étant les principaux instruments de l’engagement des Etats dans la poursuite du développement durable (PNUE/SIDA, 1996). Les principaux AME des deux dernières décennies ont couvert des domaines d’une importance fondamentale pour la gestion des ressources environnementales. Ils prévoient des ressources nouvelles ou supplémentaires pour les programmes environnementaux, des transferts de technologie, des mécanismes de prise en charge de questions vitales telles que la diminution de la biodiversité et la réduction de la pauvreté, ainsi que des cadres institutionnels pour la résolution des problèmes liés à l’environnement et au développement (PNUE/SIDA, 1996).

Bien que les divers accords mondiaux donnent clairement des motifs d’espoir en ce qui concerne la gestion de l’environnement, les avancées concrètes sont extrêmement limitées (PNUE/SIDA, 1996). Si ces accords traduisent en effet une volonté collective de résoudre les problèmes environnementaux, les pays d’Afrique n’ont pas pu profiter pleinement de leur potentiel et n’ont même pas été en mesure de mettre efficacement en œuvre les dispositions nécessaires de ceux qu’ils ont ratifiés (PNUE/SIDA, 1996).

De plus, même les accords régionaux et sous-régionaux sur l’environnement se sont avérés difficiles à mettre en œuvre, en raison principalement d’un manque de ressources financières et humaines adéquates et durables. C’est notamment le cas des conventions d’Abidjan et de Nairobi, toutes deux élaborées dans les années 1980 sous les auspices du programme du PNUE pour les mers régionales.

Il a malgré tout fallu onze ans à la convention de Nairobi pour entrer en application et ni l’une ni l’autre n’a réussi à créer d’unité de coordination régionale (UCR) véritablement opérationnelle. Sur l’initiative des gouvernements africains, le PNUE est en train de prendre des dispositions pour rattraper ces retards et corriger les dysfonctionnements. Il a notamment établi un secrétariat conjoint pour les deux conventions, qui a pour mission de coordonner et de favoriser les synergies entre les projets et les programmes actuellement mis en œuvre en Afrique centrale, occidentale et orientale. Cependant, l’obtention d’une aide financière a parfois permis certaines réalisations, comme dans le cas de l’Initiative du bassin du Nil (IBN). Lancée en 1999 par les pays riverains du Nil, elle visait à mettre en place une structure de lutte contre la pauvreté à l’échelle du bassin et promouvoir le développement économique dans la région.

Remarquablement bien dotée en ressources naturelles, avec ses hautes montagnes, ses forêts tropicales, ses zones boisées, ses lacs, ses savanes, ses zones humides et arides et ses déserts, la région abrite près de 160 millions de personnes et se distingue par ses niveaux de pauvreté, d’instabilité et de dégradation de l’environnement. De plus, la population devrait doubler d’ici 25 ans, accentuant encore les pressions sur l’eau et les autres ressources naturelles. L’IBN se fonde sur une vision commune aux pays signataires de « parvenir à un développement socioéconomique durable grâce à une utilisation équitable et profitable des ressources hydriques communes du bassin du Nil ». Enfin, il existe actuellement plus de 500 accords multilatéraux et, bien que les pays africains ne les aient pas tous signés, ce nombre est tout simplement trop élevé pour pouvoir être géré par des Etats africains disposant de faibles moyens économiques.

PROMOTION DE LA COOPÉRATION RÉGIONALE ET SOUS-RÉGIONALE

… il existe
actuellement plus de
500 accords
multilatéraux, et bien
que les pays
africains ne les aient
pas tous signés, ce
nombre est tout
simplement trop
élevé pour pouvoir
être géré par des
Etats africains
disposant de faibles
moyens
économiques.

Les Etats africains participent activement à divers forums internationaux destinés à développer la responsabilité collective vis-à-vis de l’environnement. C’est notamment le cas des AME, ratifiés par la majorité des pays d’Afrique sous l’impulsion de la CMAE et avec le soutien technique du PNUE. La création de la CMAE par les Etats africains a constitué l’un des principaux facteurs déclenchants d’une amélioration de la gestion de l’environnement en Afrique et d’une intervention réussie des pouvoirs publics. Les efforts de la CMAE ont été encore renforcés par les organisations sous-régionales vouées à la coopération économique et à la gestion de l’environnement.

Au vu du nombre de groupements régionaux et sousrégionaux, il semble que les Africains apprécient la contribution de ces organisations au développement économique et à la gestion de l’environnement. Malheureusement, la viabilité financière leur fait souvent défaut. Il est donc indispensable de développer les capacités institutionnelles et les mécanismes financiers adéquats pour ces organisations.

INSTAURATION DE POLITIQUES, DE LÉGISLATIONS ET D’INSTITUTIONS CONSACRÉES À L’ENVIRONNEMENT

Les plus grands efforts des pouvoirs publics pour combattre la dégradation de l’environnement en Afrique ont peut-être été ceux déployés en matière de politique environnementale et de réforme juridique. Il n’y a pas si longtemps, la plupart des Etats africains disposaient soit de peu d’instruments institutionnels de gestion de l’environnement, soit d’instruments périmés ou sectoriels, c’est-à-dire étroitement ciblés. Les Plans d’action nationaux pour l’environnement (PANE) adoptés par certains pays d’Afrique leur ont permis de formuler des politiques adaptées et de promulguer de nouvelles lois. Les nouvelles politiques de l’environnement ont également guidé la formulation ou la révision des politiques sectorielles et, par la suite, de la législation.

Il existe dans la plupart des pays d’Afrique un grand nombre de politiques, de lois et de règlements qui, à première vue, devraient fournir un fondement suffisant pour une bonne gestion de l’environnement. D’autres pourraient être formulés selon les besoins, même si, dans ce domaine, la quantité ne va pas nécessairement de pair avec la qualité. Le fait que l’environnement africain continue de se détériorer en dépit d’un arsenal aussi substantiel laisse à penser qu’il existe un problème de mise en œuvre, et en particulier d’application. Une approche sectorielle de la gestion de l’environnement débouche souvent sur des lois contradictoires. Cependant, d’autres problèmes, tels qu’un manque de financement ou de ressources humaines, nuisent à l’efficacité de leur mise en œuvre. Bien que les Etats africains aient amélioré le cadre politique de gestion de l’environnement, qui s’en trouve plus efficace, des progrès restent encore à faire. Par exemple, il est nécessaire d’instaurer des politiques de gestion des ressources transfrontalières et d’assurer une harmonisation entre pays voisins. Il existe également des lacunes au niveau des cadres régissant l’accès aux ressources génétiques et de la gestion des connaissances indigènes.

Les nouvelles législations sur l’environnement ont également facilité la création d’institutions responsables de la coordination, de la supervision et du suivi de la gestion de l’environnement. Ces institutions sont reliées horizontalement aux divers organismes sectoriels des pouvoirs publics et verticalement à la société civile et aux échelons inférieurs de l’exécutif. Les Etats africains investissent lourdement dans la constitution des capacités institutionnelles nécessaires à une meilleure gestion de l’environnement. De nouvelles institutions ont été créées et d’autres ont parfois été réhabilitées.

...L’utilisation de tels mécanismes a conduit à un accroissement artificiel de la rentabilité de l’agriculture et a souvent encouragé le développement des activités agricoles au détriment de l’environnement

Cependant, nombre de ces pays souffrent d’une importante pénurie de personnel qualifié, en raison notamment de la « fuite des cerveaux ». Certains des pays les plus pauvres, comme l’Ouganda, ont instauré l’éducation primaire universelle (NEMA, 2001), mais ces efforts louables mettront du temps à porter leurs fruits. Il est donc nécessaire de fournir des possibilités de formation au personnel des institutions concernées afin de palier la pénurie de compétences à court et moyen terme. Les pays d’Afrique devront en outre remédier à la « fuite des cerveaux » en offrant à leur main-d’œuvre qualifiée de réelles perspectives d’emploi et de meilleures conditions de travail.

Bien que les nouvelles institutions nationales chargées de la gestion de l’environnement représentent des améliorations significatives par rapport aux précédentes, la viabilité de certaines d’entre elles est discutable du fait de leur forte dépendance vis-à-vis du financement extérieur. Certaines sont actuellement financées par l’aide publique au développement versée par des organismes tels que la Banque mondiale. Des mécanismes doivent donc être mis en place pour rendre ces institutions financièrement autosuffisantes. En raison de leur caractère national, ces nouvelles institutions disposent en outre d’une capacité limitée pour s’attaquer aux problèmes sous-régionaux et transfrontaliers. Même s’il existe des organisations sous-régionales chargées de l’environnement et du développement, telles que l’Autorité intergouvernementale pour le développement (AIGD), elles aussi sont, dans une certaine mesure, limitées par leur mandat. L’Afrique a besoin d’une puissante institution capable de négocier, de faire pression et d’assurer un suivi, tout en encourageant l’harmonisation des approches en matière de gestion de l’environnement. Une telle institution, qui pourrait dépendre de la CMAE, n’existe pas pour l’instant.