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Tchuma Tchato (« Notre richesse ») est un projet de gestion communautaire
des ressources naturelles qui a contribué à rendre
à la population du nord-ouest du Mozambique le contrôle
de sa faune, de sa flore et de ses ressources naturelles. La chasse
traditionnelle, source de nourriture et de revenus pour la population,
était en effet considérée comme du «
braconnage » depuis qu’en 1989 les autorités
avaient concédé les droits de chasse à un propriétaire
terrien.Maintenant qu’elle a retrouvé le contrôle
des ressources naturelles de la région et le droit d’en
tirer des bénéfices, la communauté se montre
plus encline à les protéger, d’où une
meilleure préservation des espèces sauvages et de
leurs habitats.
Le projet Tchuma Tchato a été mis en place dans
le triangle riche en biodiversité situé à la
frontière entre le Mozambique, la Zambie et le Zimbabwe.
Il concerne six villages du nord-ouest de la province de Tete, dans
la forêt de mopane située sur le vaste plateau recouvert
de savane qui représente plus de 30 pour cent des 799 380
km2 du pays. Parmi les 10 provinces du Mozambique, Tete est l’une
des moins peuplées. La zone où se déroule le
projet, qui s’étend sur 2 500 km2 le long du Zambèze,
a une densité de population de moins de 5 habitants au km2,
contre environ 2 590 habitants au km2 à Maputo, la capitale
du Mozambique.
Lancé en 1994, le projet Tchuma Tchato était en
grande partie destiné à résoudre les problèmes
créés par la guerre civile qui a déchiré
le pays entre 1964 et 1975 et entre 1976 et 1992. Ce conflit avait
détruit les structures sociales, déplacé des
millions de personnes et dévasté les structures et
les institutions de gestion de la faune et de la flore. Comme d’autres
régions du pays, la province de Tete était devenue
une vaste zone de chasse incontrôlée. Convoitées
par les combattants des deux camps pour leur viande et leur ivoire,
les populations d’éléphants avaient été
décimées.
Le but de Tchuma Tchato est de faire prendre conscience aux populations
des liens qui unissent leur bien-être économique à
la faune sauvage et à la biodiversité de la région.
Ce projet souligne l’intérêt qu’a la communauté
à jouer le rôle de gardien de la faune locale, ce qui
implique la fin du braconnage et de la surexploitation des ressources.
Depuis le lancement du projet, la population d’éléphants
est à nouveau en plein essor. De plus, la biodiversité
de la région fournit une base solide à l’écotourisme.
C’est pourquoi un complexe de sept bungalows, dirigé
par la Direction provinciale de l’agriculture et de la pêche
par le biais du chef de projet de Tchuma Tchato, a été
construit au bord du Zambèze.
Avant la mise en œuvre de ce projet, la communauté
tirait principalement ses revenus de la chasse, de l’agriculture
de subsistance et de la pêche. Tchuma Tchato a créé
de nouvelles sources de revenu en employant certains villageois
pour s’occuper des bungalows et veiller sur la faune. Les
recettes de la chasse et de la location de bungalows sont divisées
en trois : 35 pour cent pour l’Etat, 32,5 pour cent pour les
autorités régionales et 32,5 pour cent pour le projet
Tchuma Tchato. Les six villages participants ont créé
des conseils de gestion des ressources naturelles chargés
de gérer le projet pour leur compte et de décider
de l’utilisation des recettes. |