L’un des principaux moyens de lutte contre la vulnérabilité des populations est l’alerte rapide. Différents projets ont été mis en œuvre dans la région, dont l’un des plus connus est sans doute le Système d’alerte rapide sur la famine (Famine Early Warning System—FEWS). Celui-ci a été créé par les pays africains suite à la famine survenue en Ethiopie en 1985, avec l’aide financière de l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID). Le principal objectif du FEWS est de réduire l’incidence des famines provoquées par la sécheresse par une information rapide et précise des décideurs concernant les situations de famine potentielle. Le processus de surveillance et d’action se déroule en différentes phases, comme le montre la figure 3.3.
Les données recueillies par satellite et traitées aux Etats-Unis par l’Agence spatiale américaine (NASA) et la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) permettent de surveiller les conditions de végétation et les précipitations dans toute l’Afrique. USAID a mis sur pied le FEWS Network (FEWS NET), réseau d’information conçu pour identifier les problèmes dans le système d’approvisionnement alimentaire susceptibles d’entraîner des famines, des inondations ou d’autres situations d’insécurité alimentaire en Afrique subsaharienne. FEWS NET est un système multidisciplinaire qui collecte, analyse et diffuse auprès des décideurs des informations régionales, nationales et sous-nationales concernant les risques ou les situations de famine ou d’inondations, afin que des mesures de lutte contre l’insécurité alimentaire puissent être prises à temps dans les régions concernées. Les pays dotés de représentants de FEWS NET sont le Burkina Faso, le Tchad, l’Erythrée, l’Ethiopie, le Kenya, le Malawi, le Mali, la Mauritanie, le Mozambique, le Niger, le Rwanda, la Somalie, le (sud du) Soudan, la Tanzanie, l’Ouganda, la Zambie et le Zimbabwe (USGS, non daté).
Au niveau sous-régional, des pays d’Afrique australe ont créé en 1996-98, avec l’assistance technique de la FAO, le Système régional d’alerte rapide (Regional Early Warning System—REWS), l’Unité régionale d’alerte rapide (Regional Early Warning Unit—EWU), l’Unité régionale de détection à distance—RRSU) et le Système national d’alerte rapide (National Early Warning System—NEWS) (Chopak, 2000).
Un exemple concret d’évaluation de la vulnérabilité est la cartographie analytique approfondie de la vulnérabilité au Mozambique utilisée pour découper le pays en différents systèmes de production alimentaire. Ce projet est mis en œuvre par un groupe pluridisciplinaire impliquant notamment le ministère de la Santé (département de la Nutrition), le ministère de la Planification et des Finances (département du Développement social, unité de Lutte contre la pauvreté) et l’Unité nationale d’alerte rapide au sein du département de l’Agriculture. Parmi les réalisations préliminaires de ce groupe figurent des cartes des risques d’inondations, l’identification de l’indice d’activité végétale des zones présentant un risque de sécheresse, des cartes des systèmes alimentaires, de l’utilisation des terres et de l’accès au marché, ainsi que des profils sanitaires et nutritionnels. La collecte, l’analyse et la présentation de la situation en termes de sécurité alimentaire et de nutrition ont été institutionnalisées au sein du gouvernement et constituent un outil pour le développement local, la fourniture et le suivi des services ainsi que les investigations scientifiques.
L’un des principaux défis pour la région consistera à mettre au point des actions destinées à identifier et à cibler les différentes dimensions interdépendantes qui caractérisent la vulnérabilité. Globalement, ceci suppose l’élaboration de méthodologies d’évaluation de la vulnérabilité fondées sur des stratégies pluridisciplinaires, intégrées et coordonnées.
L’évaluation de la vulnérabilité et de la sécurité humaines est un précieux outil pour l’intégration des préoccupations environnementales dans les estimations relatives à la sécurité des moyens de subsistance et au développement durable dans la région. En Afrique, où de vastes populations sont exposées à des changements environnementaux néfastes aussi bien en milieu urbain que rural, l’évaluation de la vulnérabilité, l’IEM et les systèmes d’alerte rapide en cas de catastrophe peuvent être regroupés au sein d’un puissant outil permettant une planification axée sur des politiques, des projets et un développement durables. Des exemples d’évaluation de la vulnérabilité existent déjà dans la région (voir encadré 3.18).
| Box 3.18 Vulnerability assessments in Africa | |
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| Source: Hoff 2001 |