AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives

LUTTE CONTRE LA DÉSERTIFICATION

L’Afrique a été en tête du mouvement en faveur d’une action internationale contre la sécheresse et la désertification. Ces efforts ont débouché sur l’adoption et la ratification de la Convention sur la lutte contre la désertification (CLD). Depuis l’entrée en vigueur de la CLD en 1996, différents pays et sous-régions (voir l’encadré 3.16 concernant l’exemple de la Mauritanie) ont adopté des programmes d’action pour combattre la désertification. En Afrique australe, où la surdépendance généralisée à l’égard des ressources naturelles a été désignée comme la cause première de la désertification, le programme d’action prévoit le renforcement des capacités environnementales, la sensibilisation du public et sa mobilisation en vue d’une participation active à la lutte contre la désertification, la dégradation des sols et les effets de la sécheresse (CDAA-ELMS, 1997).

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Figure 3.2 Principales causes de désertification par région

 


Box 3.16 Fighting sand dunes in Mauritania

Encadré 3.16 Lutte contre les dunes en Mauritanie Dans certaines régions de Mauritanie, les villageois sont exposés à deux grands risques environnementaux : l’avancée des dunes de sable qui empiètent sur leurs terres et détruisent la végétation, provoquant la désertification, et le manque d’eau pour la consommation domestique et l’irrigation des cultures. Ces deux phénomènes rendent les populations vulnérables en aggravant la pauvreté et en causant des problèmes de santé et d’insécurité alimentaire ; ils peuvent également entraîner des troubles et des dissensions civiles.

Pour remédier à cette situation, le gouvernement a adopté dans le cadre du Programme de réhabilitation agricole de la Mauritanie, soutenu financièrement par le FIDA, des mesures qui ont permis d’obtenir de bons résultats. Les dunes, qui engouffrent les zones plantées et menacent d’engloutir les villages, sont maîtrisées afin de réduire les dégâts environnementaux et d’assurer la sécurité de la population.

Le grave problème de la pénurie d’eau est également traité dans le cadre du même projet.Des puits sont creusés pour répondre aux besoins domestiques et agricoles et l’eau du fleuve Sénégal est pompée en vue de l’irrigation. Ces mesures permettent d’atténuer la pauvreté et d’améliorer la sécurité alimentaire et la santé de la population, augmentant ainsi ses capacités à faire face.

PROGRAMMES DE LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ

Plusieurs pays dans toute l’Afrique ont mis en oeuvre un certain nombre d’initiatives et de programmes afin de lutter contre la pauvreté. Comme nous l’avons vu plus haut, la pauvreté est un facteur essentiel de la vulnérabilité humaine aux contraintes environnementales. De nombreuses organisations nationales, régionales et internationales participent à ces programmes. Ainsi, la Banque africaine de développement (BAD) a élaboré un programme quinquennal qui fait de la lutte contre la pauvreté et du développement durable des questions prioritaires. L’objectif de la BAD est de réduire la pauvreté de moitié d’ici 2015. Selon ses statistiques, 40 à 45 pour cent de la population de la région vivent dans une pauvreté absolue et 30 pour cent dans une pauvreté extrême ; chezles femmes, ce chiffre atteint 70 pour cent. L’action de la BAD mettra l’accent sur les domaines suivants :

Suite à la Conférence africaine préparatoire au Sommet mondial sur le développement durable qui s’est tenue en octobre 2001, les ministres africains de l’Environnement ont publié une déclaration dans laquelle l’éradication de la pauvreté est désignée comme un domaine d’action prioritaire (voir l’encadré 3.17).

Box 3.17 Eradication of poverty

Encadré 3.17 Eradication de la pauvreté Bien que l’Afrique constitue une indispensable réserve de ressources dont l’humanité se sert depuis des siècles, sa pauvreté contraste violemment avec la prospérité des pays développés. Le processus de mondialisation n’a fait qu’aggraver la marginalisation de l’Afrique, ce qui a contribué à la propagation de la pauvreté sur le continent. C’est pourquoi la Nouvelle initiative africaine en appelle au renversement de cette situation anormale par un changement des relations qui la sous-tendent. La réalisation des objectifs de réduction de la pauvreté énoncés dans la Déclaration du millénaire relève de la responsabilité conjointe du Nord et du Sud. Elle nécessite l’adoption d’une approche globale s’attaquant aux questions prioritaires, telles que

  • la suppression des obstacles entravant l’accès des exportations des pays en développement aux marchés des pays développés ;
  • la réduction / l’annulation de la dette ;
  • la révision des conditionnalités du FMI et de la Banque mondiale ;
  • la promotion de la croissance industrielle, en particulier par le biais des PME ;
  • l’accès aux sources d’énergie à des prix abordables, notamment dans les régions rurales ;
  • la promotion de la micro-finance ;
  • l’amélioration de l’accès aux services de santé élémentaires ;
  • le développement rural durable ;
  • le développement agricole et la sécurité alimentaire ;
  • l’amélioration de l’accès à l’eau potable et aux installations sanitaires ;
  • la réduction de la vulnérabilité de nos populations aux catastrophes naturelles et aux risques environnementaux ;
  • l’accès à l’éducation et son amélioration à tous les niveaux (CMAE, 2001).