L’augmentation de la vulnérabilité humaine due aux changements environnementaux est une menace pour le développement social, économique et environnemental. En Afrique, diverses mesures ont été prises par les Etats et les institutions au cours des 30 dernières années pour lutter contre les problèmes qui contribuent aux changements environnementaux. Ces mesures sont aussi bien politiques que sociales, économiques et environnementales. Sur le plan politique, l’Organisation de l’unité africaine (OUA) a été le fer de lance de la décolonisation de la région, facilitant l’accès de nombreux pays à l’indépendance. Ce faisant, elle a permis à des millions de personnes de mieux accéder aux ressources naturelles. Ainsi, la suppression de l’apartheid en Afrique du Sud en 1994 a atténué la marginalisation de la majeure partie de la population vis-àvis des abondantes ressources du pays. Du fait de l’apartheid, les fermiers blancs, qui représentent seulement 5 pour cent de la population, possèdent en effet 87 pour cent des terres (Moyo, 2000). La superficie moyenne détenue par habitant est d’un peu plus de 1 ha pour les Noirs et de 1 570 ha pour les Blancs (Rapport régional sur le développement humain de la SADC/UNSP/SAPES 2000). Le développement durable ne sera possible que si cette situation évolue. C’est pourquoi le gouvernement sudafricain est déterminé à racheter des terrains pour y installer les paysans sans terre.
D’autres mesures ont été prises pour favoriser le développement durable et réduire la vulnérabilité de la population : investissement dans les ressources humaines, libéralisation du commerce, révision des législations archaïques, renforcement des institutions à différents échelons. Ces mesures ont bénéficié d’un soutien au niveau national, sous-régional, régional et international. En matière de gestion de l’environnement, les pays africains ont, avec d’autres régions, adopté le plan pour le développement durable Action 21, ainsi que divers accords multilatéraux sur l’environnement (AME). L’encadré 3.15 souligne certains des principes d’Action 21 qui concernent la vulnérabilité humaine.
| Encadré 3.15 Principes d’Action 21 relatifs à la vulnérabilité humaine | |
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La dernière initiative en date, adoptée en 2001 par les dirigeants africains, est le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NPDA), dont l’objectif à long terme est d’« éradiquer la pauvreté… et de placer les pays africains, à la fois individuellement et collectivement, sur la voie de la croissance et du développement durables, et de stopper ainsi la marginalisation de l’Afrique dans le processus de mondialisation ». Dans le cadre du NPDA, les responsables politiques africains se sont engagés à œuvrer à titre individuel et collectif en faveur de la paix, de la sécurité, de la démocratie, d’une bonne gouvernance, des droits de l’homme et d’une gestion économique saine, qui sont autant de conditions d’un développement durable.
Les dirigeants africains reconnaissent également que l’éventail des aspects à prendre en compte pour entretenir les ressources environnementales de la région est vaste et complexe. Ils soulignent la nécessité d’« une combinaison systématique d’initiatives destinées à élaborer un programme environnemental cohérent… Il est admis qu’un des objectifs clés de l’initiative (du NPDA) en faveur de l’environnement doit être d’aider à combattre la pauvreté et à contribuer au développement socio-économique de l’Afrique. Il a été démontré dans d’autres régions du monde que les mesures prises pour obtenir un cadre environnemental sain peuvent grandement contribuer à l’emploi, au gain d’autonomie sociale et économique et à la réduction de la pauvreté » (NPDA, 2001).
Le NPDA définit un certain nombre de domaines d’action, tels que la lutte contre la désertification et le réchauffement de la planète, la préservation des terres humides, la gouvernance environnementale et les questions de financement.