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Le tableau 3.6 montre qu’en prenant la période 1989–91 comme année de référence, l’indice de production alimentaire par habitant a décliné au cours des années indiquées dans toutes les sous-régions à l’exception de l’Afrique du Nord et, dans une moindre mesure, de l’Afrique occidentale. Il en va de même pour le pourcentage de croissance annuel moyen de la production alimentaire qui est négatif dans toutes les sous-régions, avec les deux mêmes exceptions. Ceci explique pourquoi la plupart des pays d’Afrique dépendent de l’aide alimentaire et confirme leur vulnérabilité en termes de sécurité alimentaire.
| Tableau 3.6 Production alimentaire par habitant en Afrique | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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| Source : Résumé d’après Banque mondiale, 2001 et Indicateurs de développement de l’Afrique, 2001 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
L’insécurité alimentaire a pour conséquences la
malnutrition et l’augmentation de la mortalité infantile, un risque
accru de contracter des maladies infectieuses, des stratégies de survie
destructrices pour l’environnement, des migrations, une plus grande dépendance
vis-à-vis de l’aide et un retard de la croissance économique
(PICC, 1998 ; USDA/ERS, 2000). On estime qu’en 1996–98, 792 millions
de personnes souffraient de sous-alimentation dans les pays en développement
et 34 millions dans les pays développés. Le tableau
3.7 indique le niveau de sousalimentation en Afrique (FAO, 2000).
| Tableau 3.7 La sous-alimentation en Afrique (1996–98) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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| *Remarque : Les chiffres concernant la sous-alimentation
en Afrique du Nord ont doublé du fait de la situation désastreuse
du Soudan, et il en va de même pour la COI avec Madagascar. Source : Extrait du Rapport du Comité de la sécurité alimentaire mondiale de la FAO—Evaluation de la sécurité alimentaire mondiale, 2000 |
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En Afrique subsaharienne, plus de 34 pour cent de la population souffraient de sous-alimentation en 1996–98 et quelque 185,9 millions de personnes connaissaient un déficit alimentaire moyen de 291 kcal/j. Dans cette région, le PNB par habitant était de 297 USD, contre 1 205 USD dans les pays développés (FAO, 2000). L’Afrique subsaharienne est la région la plus vulnérable à l’insécurité alimentaire et la seule dont tous les indicateurs d’insécurité alimentaire sont à la hausse. De plus, la forte incidence du VIH/SIDA dans la région devrait engendrer une diminution de la production et de la productivité agricoles et les difficultés financières devraient limiter les importations commerciales, entraînant un déclin de la consommation par habitant et, à terme, une aggravation de la sousalimentation et un risque de famine (USDA/ERS, 2000).
En Afrique subsaharienne, la production alimentaire intérieure couvre environ 80 pour cent de la consommation (USDA/ERS, 2000). Dans cette région, 4 personnes sur 10 vivent dans des conditions de pauvreté croissante (CEA, 1999). En raison de l’insuffisance de leur production et de leurs réserves, les populations agricoles et pastorales sont vulnérables face à l’insécurité alimentaire. Elles disposent généralement de maigres économies et de peu de sources de revenus complémentaires, et sont plus vulnérables aux changements environnementaux.
Les contraintes macro-économiques, telles que la transition vers une économie monétaire, la pénétration des marchés mondiaux dans les économies locales et les changements structurels que cela implique, contribuent encore à affaiblir l’efficacité des mécanismes de survie traditionnels et exacerbent la vulnérabilité face à l’insécurité alimentaire. Les risques naturels et les conflits armés sont deux des principaux obstacles au renforcement des capacités à faire face, c’est-à-dire l’augmentation de laproduction agricole et l’amélioration de la sécurité via la stabilité et d’autres formes de revenus (FAO, 2000a).