La faim est la manifestation la plus extrême du phénomène multidimensionnel qu’est la pauvreté, et son éradication joue un rôle clé dans l’élimination d’autres dimensions de ce fléau. Lorsqu’elle est persistante et répandue, la faim entrave d’autres aspects de la lutte contre la pauvreté et affaiblit les fondements d’une large croissance économique. La faim constitue en outre un cas extrême d’échec du marché, puisque ceux qui ont le plus besoin de nourriture sont les moins en mesure d’exprimer leurs besoins en termes de demande effective (FAO, 2001).
La FAO définit la « sécurité alimentaire » comme une situation où tous les individus ont à tout moment accès à une nourriture saine et nutritive qui leur permet de rester actifs et en bonne santé. La sécurité alimentaire implique par conséquent l’approvisionnement en aliments sains, nutritifs et adéquats sur le plan quantitatif et qualitatif, ainsi que l’accès de tous à ces aliments (NFSD, 1996). La sécurité alimentaire comporte trois dimensions :
Pour préserver leur niveau de sécurité alimentaire, les ménages peuvent avoir recours à diverses stratégies permettant d’accéder à la nourriture : maintien des schémas normaux de génération de revenu, adaptation par l’utilisation novatrice des ressources disponibles ou la cession de liquidités, cession de biens productifs tels que du bétail ou des terres, ou encore émigration et dénuement (USAID, 1999). L’agriculture, qui est à 85–90 pour cent pluviale en Afrique subsaharienne, représente 35 pour cent du produit national brut (PNB), 40 pour cent des exportations et 70 pour cent des emplois de la région (Banque mondiale, 2000). Les fluctuations du PIB d’une année sur l’autre peuvent atteindre 15–20 pour cent, en grande partie du fait de l’impact des variations des précipitations sur la production agricole (Banque mondiale, non daté). La majeure partie de l’agriculture africaine étant constituée de cultures non irriguées, l’insécurité alimentaire est principalement provoquée par la variabilité des précipitations (Khroda, 1996). De plus, environ un tiers du continent présente des précipitations annuelles inférieures à 700 mm, ce qui est insuffisant pour permettre une agriculture pluviale durable.
La production agricole varie d’une sous-région à l’autre et les changements climatiques laissent prévoir une diminution significative dans les régions tropicales et subtropicales où le problème de l’insécurité alimentaire et de la faim est déjà présent (PICC, 1998). L’encadré 3.14 décrit la situation dans le bassin du lac Tchad, où le facteur climatique néfaste qu’est la sécheresse, couplé à des activités humaines non durables, a contribué à la réduction du volume d’eau et de la biodiversité du lac.
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