En raison de leur dépendance persistante vis-à-vis du financement extérieur, il est difficile pour les pays d’Afrique de suivre la voie du développement durable. Cependant, de nombreux autres facteurs ont également contribué à leur stagnation économique, parmi lesquels les problèmes de gouvernance, les dissensions civiles et les catastrophes. L’engagement régional d’institutions financières multilatérales telles que la Banque mondiale et le FMI a un prix pour les pays bénéficiaires. La dette extérieure globale de l’Afrique subsaharienne est passée de 176 874 millions d’USD en 1990 à 216 359 millions en 1999 (Banque mondiale, 2001). Environ 48 des 52 pays d’Afrique consacrent chaque année quelque 13,5 milliards d’USD au remboursement de leurs dettes envers de riches créanciers étrangers. L’énorme fardeau de la dette africaine a été comparé à « une nouvelle forme d’esclavage, aussi vicieuse que le commerce des esclaves » (Colgan, 2001). Les pays d’Afrique ont reçu une aide des pays développés afin de pouvoir équilibrer leurs budgets de développement malgré des difficultés financières croissantes dues au faible prix des matières premières, à la mondialisation et à d’autres facteurs (Banque mondiale et al, 2000). Par exemple, les exportations de biens et services de l’Afrique subsaharienne ont généré en 1999 quelque 96 584 millions d’USD, tandis que le total de sa dette extérieure se montait à 216 359 millions (Banque mondiale, 2001).
Accablés de dettes, de nombreux pays d’Afrique sont incapables de constituer et de conserver des réserves économiques. Le résultat global est une érosion croissante des capacités de la région à faire face, une vulnérabilité accrue aux contraintes et aux chocs internes et externes, une poursuite de l’endettement, une dépendance croissante vis-à-vis de l’aide étrangère et une réduction de la compétitivité face à la mondialisation économique. Le fardeau de la dette internationale de l’Afrique contribue largement aux problèmes de vulnérabilité et de sécurité humaine dans la région. Le service de la dette consomme des ressources qui pourraient être consacrées au développement, à la lutte contre la pauvreté et à l’augmentation des capacités à faire face. La question de la dette est associée à celle des PAS, qui comportent souvent l’obligation de réduire les dépenses publiques, notamment en matière de développement social et de gestion de l’environnement. De telles mesures tendent à aggraver la vulnérabilité des populations pauvres et des autres groupes marginaux vis-à-vis des contraintes environnementales, économiques et sociales. De plus, les pays pauvres très endettés (PPTE) d’Afrique ont de plus en plus recours à l’exploitation non durable des ressources naturelles de la région afin d’accroître leurs entrées de devises pour le service de la dette.
Le tableau 3.5 résume la situation décrite dans l’encadré 3.13.
| Encadré 3.13 L’endettement de l’Afrique | |
|
| Tableau 3.5 Afrique : total de la dette extérieure | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Source: Compiled from WB 2001 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Dans les années 1970 et 1980, les problèmes économiques
et financiers de l’Afrique subsaharienne ont été considérablement
aggravés par la combinaison des facteurs suivants :