Suite de la page précédente
Outre qu’ils exacerbent la dégradation de l’environnement et augmentent la vulnérabilité humaine, les conflits armés nuisent gravement à de précieuses ressources naturelles telles que la biodiversité ou la faune et la flore sauvages, comme l’illustre l’encadré 3.11. Ce phénomène se vérifie dans tous les conflits passés ou présents survenus en Afrique.
Les conflits armés contribuent non seulement à la dégradation
de l’environnement, mais également à l’effondrement
des cadres juridiques et institutionnels indispensables à la gestion
de l’environnement. Au Mozambique, la guerre qui a pris fin en 1992 a
entraîné la fragmentation et le délabrement de la gestion
des zones protégées (Chenje et Johnson, 1994). Elle a également
réduit les moyens de subsistance de millions de personnes, déplacées
de force vers des zones relativement sûres, mais où les possibilités
étaient plus limitées (voir encadré ci-dessous).
| Encadré 3.12 Problèmes de santé dus à la guerre en République démocratique du Congo | |
|
|
| Source :ONU, 2000 |
Ces problèmes ont notamment pour effet de contraindre de vastes communautés à survivre grâce à l’aide alimentaire ou en surexploitant leur environnement immédiat. Il s’instaure alors un cercle vicieux : les populations pauvres surexploitent leurs ressources, limitant la capacité de récupération de l’environnement. Plus l’état de l’environnement se détériore, plus les possibilités de subsistance deviennent limitées, ce qui aggrave la pauvreté et la vulnérabilité. Ainsi, selon un rapport sur la guerre en Angola réalisé en 1999 par le Secrétaire général des Nations Unies, les conséquences immédiates de ce conflit ont notamment été une hausse de la malnutrition, en particulier chez les jeunes enfants, et des conditions d’hygiène et de santé désastreuses augmentant fortement les risques d’épidémies (ONU, 1999). L’encadré 3.12 fournit des informations complémentaires sur l’impact des conflits armés sur les populations.