AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives

CATASTROPHES

La mauvaise gestion des ressources et des processus environnementaux exacerbe considérablement l’impact des catastrophes et leurs conséquences sur les ressources naturelles. L’encadré 3.7 évoque certaines catastrophes naturelles récemment survenues en Afrique.

Encadré 3.7 Vulnérabilité aux catastrophes naturelles

Des sécheresses exceptionnelles ont engendré des situations alimentaires d’extrême urgence au Burkina Faso, au Tchad, en Ethiopie, au Kenya, au Niger, au Rwanda, en Somalie, au Soudan, en Tanzanie et en Ouganda (FAO, 2001).

Les populations africaines sont également vulnérables aux inondations, telles que celles qui ont submergé plus de 79 000 ha de terres cultivées au centre du Mozambique en février et mars 2001. Noyant les cultures, les animaux d’élevages, les outils et les réserves de semences et de nourriture, celles-ci ont gravement affecté les moyens de subsistance de près de 120 000 familles paysannes (FAO/TCOR, 2001). Simultanément, le cyclone Dera a frappé les provinces de Nampula et de Tete en mars 2001, dévastant environ 2 000 familles dépendantes de la pêche. Ces deux catastrophes ont également causé de graves dommages sur les infrastructures. Au vu des dégâts et des pertes de moyens de subsistance ainsi provoqués, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a réclamé une aide de 8,71 millions d’USD pour le Mozambique.

L’Afrique du Nord (Egypte et Algérie) a subi entre 1980 et 1998 pas moins de 22 séismes qui ont tué 14 405 personnes et en on affecté 106 150 autres (EM-DAT, non daté). A la mijanvier 2002, la coulée de lave provoquée par l’éruption du Nyiragongo a détruit la moitié de la ville de Goma, à l’est de la République démocratique du Congo, ravageant les cultures et affectant la biodiversité. Plus de 400 000 personnes ont dû fuir pour se réfugier dans les villages avoisinants et au Rwanda.


on estime que les forêts humides d’Afrique centrale pourraient représenter à elles seules 1 million de tonnes de gibier par an (principalement des antilopes de forêt, des cochons sauvages et des primates).

L’Afrique orientale est exposée aux risques sismiques par la présence du système de la Rift Valley. Dans cette région d’environ 5,5 millions de km2 qui abrite plus de 120 millions d’habitants, les séismes sont considérés comme un risque majeur (Midzi et al, 1999). La vulnérabilité des populations d’Afrique orientale aux épisodes sismiques a été mise en évidence par une récente étude qui conseille d’améliorer « de manière significative » les capacités de la région en matière de préparation aux tremblements de terre et d’atténuation des risques (Midzi et al, 1999).

En Afrique centrale, le mont Cameroun a connu deux éruptions au cours des 40 dernières années, déversant des tonnes de lave et détruisant les fermes et la biodiversité. La dernière éruption date de l’an 2000 et des secousses sismiques se font ressentir en moyenne tous les trois ou quatre ans. En 1986, les émissions explosives de gaz toxiques provenant des lacs Nyos et Mounoun, deux lacs de cratère situés dans les montagnes de l’ouest du Cameroun, ont tué des milliers de personnes, d’animaux d’élevage et de bêtes sauvages. Par ailleurs, l’encadré 3.8 fournit des exemples de catastrophes qui ont frappé le Nigeria ces dernières années.

Encadré 3.8 Catastrophes au Nigeria

Les catastrophes survenues au Nigeria au cours des 3 dernières années ont eu de graves conséquences environnementales.
Elles appartiennent à quatre grands types :

Accidents industriels

  • Le 10 juillet 2000, un oléoduc explose au Nigeria, tuant environ 250 villageois et déclenchant des incendies incontrôlables à une vingtaine de kilomètres de la ville de Jesse.
  • Le 27 janvier 2002, une série d’explosions dues à un incendie accidentel dans un arsenal militaire provoque une panique généralisée et fait au moins 600 morts par noyade et des milliers de sans-abri.

Dissensions et conflits civils (dont certains liés aux droits de propriété sur les ressources naturelles)

  • Le 4 juin 1999, des affrontements ethniques éclatent dans le pôle pétrolier de Warri, au sud du Nigeria. En six jours de combats, des dizaines de personnes auraient été tuées.
  • Le 19 juillet 1999, des affrontements entre les tribus Hausa et Yoruba, près de Lagos, font au moins 60 victimes.
  • Le 26 juillet 1999, l’armée est envoyée à Kano après de nouveaux affrontements ethniques ayant fait au moins 60 victimes dans le nord du pays.

Droits de propriété et partage inégal des bénéfices des ressources naturelles

  • Le 1er janvier 1999, au moins 19 personnes sont tuées lors d’affrontements survenus dans la région pétrolifère du pays, suite à un ultimatum sommant les compagnies pétrolières de quitter les zones peuplées par l’ethnie Ijaw.
  • Le 3 juin 1999, quatre incendies sont déclenchés par des jeunes le long de l’oléoduc Warri-Kaduna, près du village d’Adeje, suite à l’arrestation d’individus soupçonnés d’avoir volé du pétrole raffiné. Le nombre de victimes reste indéterminé.

Pauvreté rurale et urbaine suscitant des tentatives désespérées

  • Le 18 octobre 1998, un incendie engloutit plus de 2 000 villageois tentant de récupérer du pétrole près d’un oléoduc percé à Jesse, non loin de Warri. Près d’un millier de personnes y trouvent la mort.
  • Le 14 mars 1999, au moins 50 villageois récupérant le pétrole d’un oléoduc percé près du village d’Umuichieichi-Umungbede, dans l’Etat d’Abia, sont brûlés vifs suite à une explosion.

Bien que les catastrophes naturelles ne puissent être évitées, une utilisation et une gestion durables de l’environnement peuvent accroître les capacités à faire face au niveau des collectivités. Un mode de gestion efficace passe par : une politique économique encourageant les petits producteurs agricoles, l’application des lois et des réglementations, des mesures d’incitation visant la préservation de l’agriculture et de la biodiversité au niveau local, ainsi qu’une planification intégrée et coordonnée. L’intégration et la mise en œuvre de stratégies de développement durable à l’échelon des collectivités et des nations augmenteraient les capacités à faire face en réduisant la dépendance vis-à-vis de l’aide. Ces stratégies permettraient de créer et de préserver un environnement donnant les moyens nécessaires aux familles et aux collectivités. Elles amélioreraient en outre les capacités de prévision, ce qui permettrait d’anticiper la probabilité que les événements environnementaux se transforment en catastrophes.