En Afrique subsaharienne, 61 pour cent de la population vivent dans des zones écologiquement vulnérables caractérisées par un fort degré de sensibilité et un faible degré de résistance (IDS, 1991). Ce n’est pas nécessairement par choix mais par obligation, parce qu’il n’existe pas d’autres options ou que celles-ci ont été épuisées.
L’une des plus graves menaces liées à l’état de l’environnement est peut-être le paludisme, importante cause de mortalité dans la région. Entre 300 et 500 millions de cas de paludisme—qui touche principalement les pauvres—sont recensés chaque année en Afrique. Ils causent entre 1,5 et 2,7 millions de décès, dont plus de 90 pour cent sont des enfants de moins de 5 ans (Banque mondiale, 2000 ; Nchinda, 1998). Le paludisme provoque en Afrique un ralentissement de la croissance économique pouvant atteindre 1,3 pour cent par an et, selon les estimations statistiques, le produit intérieur brut (PIB) de l’Afrique subsaharienne pourrait être supérieur de 32 pour cent si le paludisme avait été éradiqué il y a 35 ans (OMS, 2000b).
On estime qu’en 1999, le paludisme avait coûté à l’Afrique un manque à gagner d’environ 100 milliards d’USD, soit presque cinq fois plus que l’ensemble de l’aide au développement fournie à la région en 1999 (IRIN, 2001). Selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de l’Université de Harvard et de la London School of Hygiene and Tropical Medicine, le paludisme provoque en Afrique un ralentissement de la croissance économique pouvant atteindre 1,3 pour cent par an. Ce ralentissement dépasse de loin les coûts directs de la maladie, plus facilement observables. Si l’on considère le PIB de l’ Afrique subsaharienne, d’environ 300 milliards d’USD, on estime que la maîtrise du paludisme dans cette région générerait à court terme entre 3 et 12 milliards d’USD par an (OMS, 2000b). Selon l’UNICEF, le coût moyen de la mise en œuvre d’un programme de lutte contre le paludisme dans chaque pays d’Afrique est estimé à au moins 300 000 USD par an. Ceci représente environ six cents (0,06 USD) par personne pour un pays de 5 millions d’habitants.
Certaines des causes du paludisme sont résumées dans l’encadré 3.6 qui indique également les points sur lesquels les programmes sanitaires pourraient mettre l’accent pour combattre la maladie.
| Encadré 3.6 Paludisme : facteurs liés à la vulnérabilité humaine | |
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La crise sanitaire de l’Afrique est résumée dans le tableau 3.1, qui indique le fort pourcentage de la population souffrant de sous-alimentation, du VIH/SIDA, du paludisme et de la tuberculose. En 1992, le choléra a touché presque tous les pays de la Communauté de développement d’Afrique australe (CDAA), faisant des centaines de victimes.
| Tableau 3.1 Crise et problèmes sanitaires en Afrique | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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| * Remarque : En Afrique du Nord, plus de 50 pour cent des cas de sous-alimentation et plus de 95 pour cent des cas de VIH/SIDA et de paludisme concernent le Soudan. Source: JES-Preparation WSSD 2001 |
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Les changements climatiques, tout comme les activités humaines qui transforment les habitats et créent des conditions propices à la prolifération des parasites et des organismes pathogènes, ont un impact significatif sur la distribution et la prévalence des maladies à vecteur en Afrique. Les changements climatiques affectent principalement la survie des agents par le biais des températures minimales, qui déterminent les latitudes et les altitudes de distribution des maladies, ainsi que par la longueur de la saison propice à leur transmission (PICC, 1998). Les variables météorologiques, soumises aux changements du climat et de l’atmosphère terrestre, peuvent donc créer des conditions propices à la propagation de la maladie ou, dans le cas des inondations et de la sécheresse, à des proliférations ponctuelles.