AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives
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Réfugiés venus d’une zone agricole dégradée vivant dans un
bidonville de Nairobi, Kenya

Mark Edwards/Still Pictures

CHANGEMENTS ENVIRONNEMENTAUX : IMPACTS SUR LA POPULATION

Source de vie pour les humains comme pour les animaux et les végétaux, l’environnement est largement reconnu comme un « pilier » du développement durable. Il apporte les biens et services nécessaires à la satisfaction de nos besoins fondamentaux et est essentiel pour notredéveloppement et notre qualité de vie. Il fournit aux écosystèmes des services tels que les bassins hydrographiques, qui préservent les réserves d’eau douce, les terres humides, les berges, les habitats nécessaires à la biodiversité et l’équilibre écologique des paysages. L’environnement absorbe par ailleurs les déchets générés par les différentes activités humaines.

En Afrique, il existe une forte dépendance vis-à-vis des systèmes agro-sylvo-écologiques, qui sont très sensibles à l’état de l’environnement et aux changements environnementaux. Les causes premières de ces changements interagissent entre elles et dépendent de facteurs dont l’origine est à la fois naturelle et humaine.

Les changements environnementaux survenus en Afrique depuis 1972 ont été exposés au chapitre 2, qui fournit une vue d’ensemble complète des principaux problèmes auxquels est actuellement confrontée la région. Les changements n’ont pas seulement des dimensions régionales, mais également des implications sous-régionales et nationales. En outre, ils sont influencés par les processus planétaires, tels que les émissions de gaz à effet de serre et leur impact sur le climat. La vulnérabilité des populations africaines aux changements environnementaux se manifeste donc (à des degrés divers) à ces différents niveaux et constitue un facteur majeur en termes de développement durable.

L’une des conséquences de la vulnérabilité humaine aux changements environnementaux réside dans les mouvements de population forcés, qui créent ce qu’on appelle aujourd’hui des « réfugiés environnementaux ». La notion de réfugié environnemental traduit une vision nouvelle d’un phénomène ancien : les vastes mouvements des populations les plus vulnérables de la planète tentant de fuir l’insécurité de leur environnement biophysique (Geisler et de Sousa, 2000). Bien que l’expression « réfugié environnemental » soit controversée parmi les défenseurs de la définition classique (au sens politique et social) de la notion de réfugié, son usage s’est répandu. On estime qu’en 1994, il existait 25 millions de réfugiés environnementaux dans le monde, dont plus de la moitié en Afrique (Myers, 1994).