Il y a trente ans, en 1972 précisément, la communauté internationale a adopté la Déclaration de Stockholm à l’issue de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement humain. Le Principe 1 de cette Déclaration affirmait explicitement qu’un environnement sain constitue un droit : « L’homme [sic] a un droit fondamental à la liberté, à l’égalité et à des conditions de vie satisfaisantes, dans un environnement dont la qualité lui permet de vivre dans la dignité et le bien-être. Il a le devoir solennel de protéger et d’améliorer l’environnement pour les générations présentes et futures… » Depuis lors, ce droit fondamental à un environnement sain a été entériné par la Charte des droits de l’homme et des peuples de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) ainsi que par les constitutions nationales relativement récentes de dizaines de pays d’Afrique.
L’un des aspects de la Déclaration de Stockholm les plus pertinents pour l’Afrique est, dans le Principe 1, la condamnation de l’apartheid, de la ségrégation raciale, de la discrimination, de toutes les formes d’oppression, notamment coloniale, ainsi que de toute domination étrangère. Mais alors que ces problèmes socio-politiques ont pratiquement été éliminés de la région, la réalisation des objectifs environnementaux a été compromise de nombreuses manières.
Au cours des 30 dernières années, la détérioration de l’environnement s’est poursuivie en Afrique, engendrant des changements environnementaux qui ont provoqué la vulnérabilité d’une part croissante de la population du fait de l’augmentation des risques et de capacités insuffisantes pour y faire face. Cette détérioration a été constatée dans différents forums et en 1987 la Commission mondiale sur l’environnement et le développement (CMED) a déclaré : « Aujourd’hui, de nombreuses régions sont confrontées à des risques de détérioration irréversible de l’environnement menaçant les fondements du progrès humain » (CMED, 1987).
La sous-évaluation de l’environnement constitue un facteur majeur de sa surexploitation (voir encadré 3.1).
| Encadré 3.1 Priorité aux préoccupations environnementales | |
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La vulnérabilité humaine aux changements environnementaux est un phénomène complexe. Sa complexité égale peut-être celle des processus écologiques, dont certains liens de cause à effet ne sont pas encore pleinement élucidés malgré des siècles de recherche scientifique. Cette vulnérabilité a des dimensions planétaires, locales, sociales et économiques. Elle n’est pas synonyme de catastrophes, même si ces événements génèrent toujours un intérêt et des réactions accrus de la part du public et des médias (voir encadré 3.2).
| Encadré 3.2 Un accouchement dans la débâcle | |
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