AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives
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Elèves d’une école primaire, Ghana

Ron Gilling /Still Pictures

CONCLUSION

Tout au long de l’histoire, l’urbanisation a été associée au progrès social et économique, à la promotion de l’alphabétisation et de l’éducation, à l’amélioration de l’état de santé général, à un meilleur accès aux services sociaux et à la participation à la vie culturelle, politique et religieuse. Quand elles sont planifiées et gérées correctement, les zones urbaines sont capables de favoriser le développement humain tout en gérant de façon efficace la portée de leurs effets sur l’environnement naturel.

La croissance démographique et les phénomènes d’exode rural ont toutefois régulièrement augmenté, dans les pays en développement notamment, faisant peser des contraintes énormes sur les infrastructures et services urbains, à la fois en termes de fourniture et d’entretien. Parmi les difficultés les plus sérieuses auxquelles les villes et leurs habitants sont confrontés, on trouve l’insuffisance des moyens financiers, ainsi que des compétences et capacités en matière d’aménagement. Associée à la rapide croissance de la demande de logements et services, ainsi qu’à l’augmentation de la consommation, cette insuffisance a fini par entraîner de nombreux problèmes sociaux et environnementaux. Ces effets grèvent les budgets des gouvernements et des collectivités locales, ainsi que leurs capacités à atteindre les objectifs de développement durable. Il est indispensable de prendre d’urgence des mesures comme l’éradication de la pauvreté rurale, l’amélioration de la qualité des conditions de vie et la création de perspectives d’emploi et d’éducation dans les établissements ruraux, les centres régionaux et les villes secondaires (CNUEH, 1996). De nouveaux moyens doivent être consacrés à la protection et à la gestion de l’environnement au niveau national et international. Ceci implique la fourniture constante de sols stables et fertiles, d’eau de bonne qualité, d’air salubre, de produits médicaux et nutritionnels et d’espaces destinés aux loisirs.

L’amélioration de la planification et de la conception des zones d’habitation est indispensable afin d’utiliser les sites existants, contenant ainsi l’expansion urbaine et limitant l’empiètement de la ville sur les habitats naturels ou les terres agricoles. Il faut également s’efforcer d’encourager l’utilisation de matériaux de construction recyclés ou produits selon des processus durables et faire preuve d’innovation dans la conception des bâtiments afin de réduire les effets sur l’environnement (grâce à un meilleur rendement énergétique par exemple). Il faut mieux intégrer les études d’impact sur l’environnement dans la planification et la gestion urbaines, de telle sorte que ces impacts soient surveillés et gérés sans interruption dans le contexte d’un développement global.

De surcroît, l’amélioration de la fourniture d’infrastructures et de l’entretien de celles-ci est une priorité pour la plupart des pays africains, quoiqu’il ne s’agisse pas d’une question exclusivement urbaine. Une proportion significative du fléau que représentent les maladies en Afrique pourrait être soulagée grâce à des améliorations apportées à l’alimentation en eau et à l’assainissement, à l’élimination des déchets, à l’éducation et à un système sanitaire préventif mis en place en partenariat avec les autorités. La réduction de la pollution de l’air dans les centres urbains grâce à la réglementation des transports et du secteur industriel, de même que la réduction de la pollution de l’air domestique grâce à un meilleur accès à l’électricité et à une ventilation améliorée, serait une avancée significative dans l’allègement du fléau que représentent les maladies en Afrique.

« Consciente de la portée universelle de ces questions, la communauté internationale a estimé, en organisant Habitat II, qu’elle se rapprocherait considérablement des objectifs si elle étudiait ces questions de façon concertée dans leur dimension planétaire. Des modes de consommation et de production non viables, en particulier dans les pays industrialisés, la dégradation de l’environnement, les phénomènes démographiques, la pauvreté persistante et généralisée et les inégalités économiques et sociales peuvent avoir des conséquences aux niveaux local, international et mondial. On aura d’autant plus de chances d’assurer des conditions de sécurité, de santé et de bien-être et de résoudre les problèmes d’environnement et les problèmes sociaux qui se posent dans le monde que les collectivités, les autorités locales et les partenaires des secteurs public, privé et communautaire conjugueront leurs efforts pour élaborer, en matière de logement et d’établissements humains, des stratégies qui soient la fois novatrices, audacieuses et globales » (Conférence des Nations Unies sur les établissements humains, 1996).