AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives

AFRIQUE OCCIDENTALE

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Bidonville à Freetown, en Sierra Leone

Edgar Cleijne/Still Pictures

Environ 38 pour cent de la population d’Afrique occidentale vit dans des zones urbaines, chiffre équivalent à la moyenne pour l’ensemble de l’Afrique (CNUEH, 2001a). Avec 62 pour cent de sa population vivant dans des zones urbaines, le Cap-Vert est le pays le plus urbanisé, et le Burkina Faso le moins, avec 18,5 pour cent (CNUEH, 2001a). Le taux moyen de croissance urbaine prévu entre 2000 et 2015 va de cinq pour cent au Burkina Faso et au Niger à trois pour cent au Cap-Vert (CNUEH, 2001a). Voici trente ans, Lagos était la seule ville d’Afrique occidentale à dépasser le million d’habitants. En 2000, les villes dont la population dépassait le million d’habitants comprenaient Ouagadougou (Burkina Faso), Abidjan (Côte d’Ivoire), Accra (Ghana), Conakry (Guinée), Bamako (Mali), Ibadan (Nigeria), Lagos (Nigeria) et Dakar (Sénégal). Lagos, la plus grande ville d’Afrique et la 6ème ville du monde, compte aujourd’hui une population estimée à 13,4 millions de personnes, chiffre qui devrait atteindre les 23 millions d’ici 2015 (CNUEH, 2001b).

IMPORTANCE DES ZONES URBAINES EN AFRIQUE OCCIDENTALE

La croissance des populations urbaines d’Afrique occidentale s’explique à la fois par une forte croissance démographique globale et par un phénomène de migration. Ce phénomène est lui-même le fruit de deux types de facteurs, le premier incitant les habitants à quitter la campagne et l’autre les attirant vers la ville. Les pressions démographiques, la variabilité du climat, ainsi que la fragmentation foncière et celle des systèmes traditionnels contribuent à la dégradation du sol et de la végétation, réduisent les rendements agricoles et aggravent l’insécurité alimentaire dans les zones rurales. Les systèmes éducatifs actuels tendent également davantage à former les gens à des professions urbaines qu’à améliorer l’agriculture ou l’élevage des animaux dans les zones rurales. La perspective d’un emploi et d’une meilleure qualité de vie dans les zones urbaines attire de plus en plus de populations rurales vers les villes. La concentration des équipements et services (comme les services sanitaires, éducatifs et relatifs aux loisirs) dans les capitales comme Abidjan, Accra, Dakar, Lagos et Bamako et le minimum de législation salariale rendent les centres urbains plus attractifs et font que les conditions de travail y sont plus favorables, si on les compare aux revenus irréguliers tirés de l’agriculture de subsistance. Même si plusieurs pays de la sous-région, dont la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Nigeria, connaissent des migrations intérieures, de ville à ville notamment, un fort pourcentage de migrants provenant de pays étrangers contribue à la croissance des villes et des zones urbaines d’Afrique occidentale. Le pourcentage de résidents étrangers en Côte d’Ivoire est passé de 23,3 pour cent en 1965 à 35,9 pour cent en 1990 (Toure & Fadayomi 1992).

ZONES URBAINES ET ENVIRONNEMENT EN AFRIQUE OCCIDENTALE

Les taux de croissance urbaine observés en Afrique occidentale dépassent la capacité des municipalités à fournir des logements et des services adéquats comme l’alimentation en eau, l’assainissement, l’élimination des déchets, les infrastructures relatives aux transports et aux communications, les services sanitaires et l’éducation. Le fort taux de chômage constaté dans les zones urbaines contribue également à l’extension de la pauvreté et aux mauvaises conditions de vie.

En Afrique occidentale, plusieurs zones humides du littoral sont devenues ces dernières années de plus en plus exposées à la pollution industrielle, à l’eutrophication provoquée par les égouts et à la contamination par les déchets solides. Des habitats naturels, abritant les oiseaux d’eau notamment, ont été détruits (IDRC, 1996). En réaction, certains sites ont été déclarés zones humides d’importance internationale en vertu de la Convention de Ramsar de 1971 et sont aujourd’hui protégés (Ramsar, 2001). Zones d’habitation informelles en Afrique occidentale

La croissance urbaine rapide, compliquée par l’insuffisance de l’aménagement urbain et du contrôle de l’exploitation des sols, par l’absence de moyens financiers et par la faiblesse des investissements dans la gestion de l’environnement, a conduit à la prolifération de bidonvilles en Afrique occidentale. Même s’il est difficile de quantifier le nombre de personnes habitant dans ces taudis, 42 pour cent des habitants de Monrovia, capitale du Liberia, sont des squatters et à Nouakchott, en Mauritanie, environ 12 pour cent de la superficie de la ville est occupée par des bidonvilles (CNUEH, 2001c). A Abidjan, en Côte d’Ivoire, un certain nombre de projets ont été mis en œuvre afin d’améliorer les conditions de vie des 20 pour cent d’habitants qui, selon les estimations, vivent dans des bidonvilles. Ces projets comprennent le programme pour un soutien institutionnel à la politique relative aux zones d’habitation, la création d’une agence chargée de la gestion des terres et la création d’une banque de l’habitat (CNUEH, 2001c). Le Ghana et le Nigeria ont fait part d’améliorations constatées ces dernières années dans la sécurité et l’égalité entre les sexes dans le domaine de l’occupation foncière, en résultat d’une direction municipale saine et de l’évolution de la démocratie. Même si le droit à un logement adéquat ne fait pas l’objet d’un texte de loi, les gouvernements ont pour objectif de protéger les habitants contre un risque d’expulsion en attestant la propriété des biens (CNUEH, 2001c). Des mesures similaires sont en cours au Sénégal (Encadré 2g.5).

Encadré 2g.5 Aménagement des zones d’habitation au Sénégal

Les aménagements non planifiés représentaient 25 pour cent des zones urbaines sénégalaises en 1987, quand le projet pilote d’aménagement de l’établissement de Dalifort a été lancé. Ce programme avait pour objectif d’aider les squatters à améliorer leurs conditions de vie, tout en respectant des pratiques saines en matière d’environnement. Aujourd’hui, 500 habitants de Dalifort ont obtenu un titre foncier et les 7 000 habitants disposent de l’alimentation en eau, de l’électricité, du ramassage des ordures et d’un système sanitaire individuel. Ce succès a éveillé l’intérêt de neuf autres zones d’habitation informelles (abritant un total de 100 000 habitants) et un financement présidentiel renouvelable permet d’en assurer la viabilité financière.

Source: UNCHS 2000

En 2000, environ 70 pour cent en moyenne de la population urbaine d’Afrique occidentale avait accès à un système aménagé d’alimentation en eau et d’assainissement, même si les disparités étaient considérables dans l’ensemble de la sous-région (OMS/UNICEF, 2000). En Côte d’Ivoire et au Sénégal, par exemple, plus de 90 pour cent de la population urbaine avait accès à un système d’alimentation en eau aménagé, contre moins de 30 pour cent en Guinée-Bissau et en Sierra Leone (OMS/UNICEF, 2000). Plus de 90 pour cent des habitants des zones urbaines du Cap-Vert, de Guinée, du Mali et du Sénégal avaient accès à un système d’assainissement aménagé, contre à peine 23 pour cent en Sierra Leone (OMS/UNICEF, 2000). On ne dispose d’aucunedonnée pour le Liberia.

La pollution de l’eau, provoquée par l’inadéquation de l’alimentation en eau et de l’assainissement, constitue dans de nombreuses villes à la fois une menace pour la santé publique et un problème environnemental. Les maladies diarrhéiques font partie des maladies évitables les plus courantes, notamment parmi les enfants, et ont été liées au manque de précautions sanitaires. L’Organisation mondiale de la Santé rapporte, par exemple, que le fait de se laver les mains avec de l’eau et du savon peut réduire d’un tiers la fréquence des diarrhées (OMS/UNICEF, 2000). Parmi d’autres maladies d’origine hydriques, on trouve les vers parasitaires et la douve, ainsi que les infections oculaires et dermiques. L’alimentation en eau saine et en quantité suffisante peut réduire la fréquence de ces maladies de 70 pour cent (OMS/UNICEF, 2000). En outre, la pollution des habitats et points d’eau environnants peut les rendre inaptes à abriter la faune et la flore sauvages, voire empoisonner la faune et la flore et entraîner la perte de la biodiversité, réduire leur productivité et constituer de nouveaux risques pour la santé des habitants locaux.