AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives

AFRIQUE CENTRALE

Le niveau moyen d’urbanisation en Afrique centrale était de 48 pour cent en 2000, avec des extrêmes à 81 pour cent au Gabon, à 24 pour cent au Tchad (CNUEH, 2001a). Ce niveau représente une croissance rapide, au cours de la dernière décennie notamment, avec un taux de croissance urbaine de plus de trois pour cent pour tous les pays, taux qui atteint cinq pour cent ou davantage en Guinée équatoriale et au Gabon. Ces taux étaient toutefois encore plus élevés au cours de la décennie précédente, quand la croissance économique encourageait l’emploi dans les zones urbaines. Les plus grandes villes d’Afrique centrale sont Kinshasa (5 millions d’habitants), en république démocratique du Congo (RDC), et Douala (1,6 million d’habitants) et Yaoundé (1,4 million d’habitant) au Cameroun (CNUEH, 2001a).

IMPORTANCE DES ZONES URBAINES EN AFRIQUE CENTRALE

En Afrique centrale, l’urbanisation remonte à la période coloniale, au cours de laquelle les grandes villes et les centres urbains se sont développés à partir de centres commerciaux, administratifs et miniers, ainsi que de ports maritimes. C’est pourquoi de nombreuses grandes villes ou capitales sont situées sur la côte (Libreville et Douala par exemple), où elles jouissent d’un meilleur accès au commerce, aux voyages et aux communications internationales. Libreville est la capitale économique et administrative du Gabon et concentre 50 pour cent de la population du pays, 50 pour cent des emplois et plus de 80 pour cent du PIB. Douala est la plus grande ville du Cameroun et son principal centre industriel. C’est une ville portuaire regroupant des industries comme des fonderies d’aluminium, brasseries, manufactures de textiles et usines de traitements de bois et de cacao. Kinshasa, capitale politique, administrative et industrielle de la RDC, est également un port, sur l’estuaire du fleuve Congo (CNUEH, 2001c). Même si les villes sont devenues les catalyseurs principaux de la croissance économique en Afrique centrale, l’urbanisation a entraîné des problèmes massifs de pauvreté et de dégradation de l’environnement.

ZONES URBAINES ET ENVIRONNEMENT EN AFRIQUE CENTRALE

Les conséquences sur l’environnement de la rapidité de l’urbanisation et de la croissance de la population urbaine comprennent diverses contraintes en augmentation constante exercées sur les habitats naturels et les ressources afin de répondre à la demande croissante en termes d’espace, de logement et d’eau nécessaire à la consommation et aux installations sanitaires. Les municipalités et les sociétés de services publics sont incapables de fournir des logements et des infrastructures suffisamment rapidement pour répondre à cette demande et fournissent par conséquent des services médiocres, avec des normes et conditions en matière d’environnement insuffisantes. La dualité entre le droit foncier coutumier et la loi moderne se remarque également dans les centres urbains. Avec les prix élevés des terrains et des biens immobiliers, c’est l’une des causes de la construction non planifiée ou illégale. S’ensuit un développement rapide des zones d’habitation informelles ou des bidonvilles, caractérisés par le surpeuplement, par des logements instables ou insalubres, par l’insuffisance de l’alimentation en eau et des systèmes d’assainissement, et par l’absence de fourniture d’électricité et de service de ramassage des ordures.

Zones d’habitation informelles en Afrique centrale

Les habitants de Yaoundé, au Cameroun, sont en majorité des squatters ou des locataires. Des pressions conflictuelles sont exercées sur les habitants afin qu’ils achètent un bien immobilier et les loyers sont élevés. Le prix des biens immobiliers a toutefois également récemment augmenté du fait de la dévaluation de la devise (CNUEH, 2001c). Par contraste, les prix du terrain sont plus bas à Douala, où l’on trouve une proportion beaucoup plus importante de personnes propriétaires de leur logement. La ville ne compte en outre aucun établissement de squatters (CNUEH, 2001c). En RDC, la sécurité d’occupation est également compliquée par les disparités entre la législation moderne et les lois traditionnelles. La loi foncière de 1973 de la RDC, par exemple, stipulait que la terre est la propriété exclusive, inaliénable et imprescriptible de l’état, mais l’acquisition de terres demeure soumise à l’autorisation du chef local.

La ville de Libreville, au Gabon, connaît un développement urbain incontrôlé résultant de la pénurie de parcelles viabilisées, de l’absence d’outils et instruments de planification et du manque de contrôle de l’espace urbain. La demande de logements s’élève à environ 6 000 unités par an (dans une ville qui compte 500 000 habitants) et la surface de terrain disponible pour l’aménagement est très réduite (14 hectares d’espaces verts pour 10 000 hectares) (CNUEH, 2001c). Les conséquences sont que plus de la moitié de la population n’a pas de logement décent, qu’on assiste au ndéveloppement rapide des zones d’habitation non planifiées, mal desservies et souvent dangereuses et que l’occupation illégale atteint jusqu’à 85 pour cent (CNUEH, 2001c).

L’un des effets les plus importants sur l’environnement de l’urbanisation incontrôlée en Afrique centrale est son extension vers des écosystèmes fragiles, comme les pentes délicates ou très sensibles à l’érosion, les cours d’eau ou vallées permettant un écoulement naturel et les secteurs exposés aux inondations. La course effrénée à l’espace dans les zones urbaines entraîne la disparition rapide des espaces verts et les zones réputées inconstructibles sont les seuls refuges dont disposent les populations urbaines défavorisées qui sont par conséquent exposées aux inondations, aux glissements de terrain, à la prolifération des parasites et à la propagation des maladies. Même si des réglementations sur l’aménagement sont prévues, elles sont très peu supervisées et appliquées. L’urbanisation dans les zones vertes et les changements qui y sont apportés entraînent des modifications de la biodiversité, des risques de pollution du sol et de l’eau, des modifications de la fertilité et de la stabilité du sol et, notamment dans les zones humides ou dans les zones où l’eau est stagnante du fait de l’absence de système d’assainissement, un risque élevé de propagation de maladies. Les zones d’habitation denses, instables et mal situées sont également exposées aux effets des inondations, des glissements de terrain et des incendies.

L’alimentation en eau et l’accès à l’assainissement ont également pris du retard sur la croissance urbaine dans de nombreuses villes d’Afrique centrale, largement à cause du manque de fonds et de moyens dont souffrent les municipalités. En moyenne, 59 pour cent de la population urbaine a accès à l’eau potable (plus de 80 pour cent au Cameroun et en RDC), tandis que 54 pour cent a accès à un système d’assainissement (seulement 14 pour cent au Congo (Brazzaville) et 25 pour cent au Gabon toutefois) (OMS/UNICEF, 2000). L’insuffisance de l’alimentation en eau et des systèmes d’assainissement constitue une menace pour la santé humaine du fait de l’exposition aux agents pathogènes comme le choléra et les parasites intestinaux. Cette insuffisance menace également l’environnement du voisinage si les égouts et les eaux usées sont rejetés sans être traités. Les rejets non-traités contaminent le sol et les plans d’eau, constituent un risque pour la santé humaine par la propagation de vecteurs de maladies ou d’éléments toxiques, et menacent la biodiversité en entraînant des effets sur l’écosystème comme l’eutrophisation et la contamination par les métaux lourds et les composés non organiques.