La production de déchets solides par personne est en moyenne de 0,7 kg/jour au Zimbabwe et de 1 kg/jour en Tanzanie (Chenje, 2000). De plus en plus de personnes vivent dans les zones urbaines et la production de déchets est également de plus en plus importante. Les municipalités n’étant pas en mesure de supporter cette augmentation, de grandes quantités de déchets solides ne sont pas ramassés, ne sont pas traités ou ne sont pas déposés dans les décharges contrôlées désignées. En moyenne, moins des deux tiers des ménages urbains de la sous-région ont accès aux services de ramassage des ordures ménagères et c’est au Lesotho, où seulement 7 pour cent des ménages urbains disposent de ces services, que la situation est la plus préoccupante (CNUEH cité dans WRI, PNUE, PNUD & Banque mondiale, 1998). Par voie de conséquence, de grandes quantités de déchets solides sont éliminées ou incinérées de façon illégale avec pour résultat une augmentation de la pollution de l’air et du sol. Par contraste, la ville namibienne de Windhoek recycle 4,5 pour cent de ses déchets alors que 3 pour cent sont incinérés et que le reste est déposé dans des décharges contrôlées (CNUEH, 2001c). A Gaborone (Botswana) et Maputo (Mozambique) la presque totalité des déchets solides est déposée dans une décharge à ciel ouvert plutôt que dans une décharge contrôlée (CNUEH, 2001c), situation qui entraîne des conditions non hygiéniques favorisant la prolifération de vecteurs de maladie et menaçant très sérieusement de contamination les nappes souterraines et l’eau de surface. Les dégagements de méthane peuvent également se révéler dangereux pour les riverains et contribuer à la pollution atmosphérique et au changement climatique mondial.
| Des programmes d’ajustement structurel ont encouragé la privatisation des services de ramassage afin de tenter de trouver de nouveaux fonds. Malheureusement cette disposition a dans une certaine mesure aggravé le problème de la mise en décharge inadéquate des déchets, les sociétés évitant parfois d’utiliser les sites désignés si elles doivent s’acquitter d’un droit pour y accéder. |
La contrainte principale qui pèse sur la gestion appropriée des déchets solides dans les villes d’Afrique australe est l’insuffisance du financement (CNUEH, 1996). Des programmes d’ajustement structurel ont encouragé la privatisation des services de ramassage afin de tenter de trouver de nouveaux fonds (Encadré 2g.4). Malheureusement cette disposition a dans une certaine mesure aggravé le problème de la mise en décharge inadéquate des déchets, les sociétés évitant parfois d’utiliser les sites désignés si elles doivent s’acquitter d’un droit pour y accéder.
| Encadré 2g.4 Améliorer la gestion des déchets à Dar es-Salaam | |
|
|
| Source: UNCHS & UNEP 1997. |
La lenteur de l’aménagement des infrastructures urbaines d’Afrique australe a entraîné une augmentation des embouteillages dans toute la sous-région et les quartiers d’affaires centraux de la plupart des grandes villes souffrent de l’insuffisance de réseaux de transports publics et du nombre de places de stationnement. La sous-région a également vu le nombre de ses automobiles augmenter de façon significative, pour atteindre actuellement un taux d’une automobile pour 51 personnes (WRI, PNUE, PNUD & Banque mondiale, 1998) contre 197 il y a 20 ans (WRI, PNUE & PNUD, 1992). L’âge avancé de la plupart des véhicules et l’utilisation massive d’essence au plomb et du diesel contribuent aux niveaux élevés de smog et notamment à la formation de pollution due au plomb.
Parmi d’autres sources urbaines de pollution de l’air, on trouve les émissions industrielles et la fumée dégagée par la combustion domestique de charbon, de bois et de charbon de bois. Les effets sur la santé humaine comprennent une fréquence élevée des infections aiguës des voies respiratoires comme l’asthme et la bronchite. La pollution de l’air entraîne également la corrosion des bâtiments et les communautés industrielles avoisinantes sont touchées par les polluants toxiques.
La plupart des villes de la sous-région ont fixé des normes de qualité de l’air et mis en place des programmes de surveillance. En Afrique du Sud, où le problème se fait sentir avec le plus d’acuité du fait de la forte densité d’industries et de véhicules, une loi sur la prévention de la pollution atmosphérique adoptée en 1965 stipule que les technologies les plus récentes doivent être mises en œuvre afin de contrôler les émissions nocives et nauséabondes. Cette même loi, en cours de mise à jour, prévoit le contrôle de la fumée dégagée par les activités industrielles en définissant des motifs de poursuites à l’encontre des contrevenants, et habilite le ministre chargé des transports à fixer une réglementation portant sur les gaz d’échappement des véhicules circulant sur les routes publiques. L’application de cette loi est toutefois insuffisante à cause du manque de moyens disponibles pour la surveillance et les poursuites judiciaires. Quelques municipalités, dont Le Cap et Durban, ont également émis des arrêtés pour empêcher l’incinération des déchets mais, là encore, ceux-ci ne sont pas toujours respectés.
En plus des mesures spécifiques énumérées ci-dessus, un certain nombre de politiques et de stratégies ont été mises en œuvre au niveau national. Le Malawi a élaboré une politique nationale du logement, tandis que l’Afrique du Sud a récemment proposé de débattre d’une stratégie d’aménagement urbain. Au Zimbabwe, une politique de décentralisation encourage le développement de centres de services ruraux, généralement appelés pôles de croissance, afin de soulager les grands centres urbains de la pression démographique et d’y limiter pollution. Cette politique n’a toutefois pas été très concluante, les pôles de croissance ne réussissant pas à attirer les individus, probablement à cause de la complexité des facteurs d’attraction et de départ qui contribuent au taux de croissance urbaine.
La législation exigeant de réaliser une étude d’impact sur l’environnement avant l’aménagement est une autre caractéristique récente de la plupart des municipalités d’Afrique australe, tout comme l’adoption à grande échelle de plans d’aménagement locaux tenant compte des priorités relatives à un aménagement intégré soucieux de l’environnement et acceptable du point de vue social. Les villes de Maseru (Lesotho), Lilongwe (Malawi), Maputo (Mozambique), Windhoek (Namibie), East Rand (Afrique du Sud), Bulawayo, Chegutu, Gweru, Harare et Mutare (Zimbabwe) ont toutes établi des plans environnementaux locaux, qu’elles ont appliqués dans une certaine mesure (CNUEH, 2001c). La municipalité du Cap a approuvé une politique intégrée de gestion de l’agglomération en 2001 et a commencé la mise en œuvre d’un certain nombre de stratégies destinées à lutter contre la pollution de l’air et les dépôts d’ordures illégaux, à créer un espace ouvert et à gérer l’éducation à l’environnement (Municipalité du Cap, 2001). Le financement demeure la contrainte principale pour de nombreuses municipalités et de nouvelles stratégies sont nécessaires afin d’accroître les capacités des autorités locales.