Les niveaux d’urbanisation de l’Afrique australe sont actuellement juste au-dessous de la moyenne pour la région africaine : 36 pour cent des habitants de la sous-région vivent dans des zones urbaines (CNUEH, 2001a). L’Afrique du Sud et le Botswana, avec une population urbaine de 50 pour cent chacun, sont les pays les plus urbanisés et le Malawi, dont à peine 24 pour cent de la population vit dans des centres urbains, est le moins urbanisé (CNUEH, 2001a). La situation présente est très différente de celle d’il y a 30 ans, quand 11,2 pour cent de la population d’Afrique australe vivait en ville (WRI, PNUE & PNUD, 1992). Le taux de croissance urbaine est également très élevé et devrait avoisiner en moyenne 3,5 pour cent au cours des 15 prochaines années, même si de grandes disparités existent entre les pays. En Afrique du Sud, par exemple, l’un des pays les plus urbanisés de la sous-région, le taux de croissance urbaine est le plus faible, avec 1,2 pour cent par an, alors qu’au Malawi, pays aujourd’hui le moins urbanisé, on estime ce taux à plus de 6 pour cent par an (CNUEH, 2001a). C’est en Afrique du Sud que les zones urbaines de la sous-région sont les plus importantes et les plus nombreuses, la plus grande agglomération d’Afrique australe étant Johannesburg (environ 4 millions d’habitants, 791 000 ménages pour une superficie de 1 384 km comptant 720 faubourgs) (CNUEH & PNUE, 1997 ; GJMC, 1999).
Le fort taux de croissance urbaine relevé en Afrique australe s’explique par l’exode rural et par le taux élevé de croissance démographique. L’exode rural est le résultat des facteurs d’attraction vers les établissement urbains, comme les perspectives d’emploi, de meilleures infrastructures et de meilleurs logements, en plus des facteurs de départ des zones rurales, comme la pénurie de terres et les rendements agricoles en baisse. En Angola et au Mozambique, la guerre civile a été l’un des principaux moteurs de l’urbanisation et a obligé de nombreux habitants des campagnes à fuir pour se réfugier dans les zones urbaines relativement plus sûres. Environ 4,5 millions de Mozambicains ont été déplacés vers les zones urbaines pendant les années 1980 (Chenje 2000).
Malgré le développement économique considérable et les perspectives d’emploi dans les centres urbains d’Afrique australe, le taux de croissance de la population et le niveau de l’exode rural ont dépassé leur capacité à créer des emplois et à élever le niveau de vie des habitants des villes. Le secteur informel a toutefois rapidement pris de l’importance dans les zones urbaines et de nombreuses villes voient à présent se développer une économie souterraine considérable. L’agriculture urbaine est l’une de ces activités informelles. Principalement mise en place comme agriculture de subsistance afin de contrebalancer le faible niveau des emplois proposés et des revenus, l’agriculture urbaine fait aujourd’hui pour les personnes défavorisées partie intégrante de l’économie urbaine. Jusqu’à 37 pour cent des ménages urbains mozambicains pratiquaient une agriculture de subsistance en 1996 et 45 pour cent des ménages urbains à faible revenu de Zambie cultivaient une terre ou avaient des animaux d’élevage (PNUD, 1996).
La croissance et l’expansion rapides des zones urbaines d’Afrique
australe entraînent un niveau sans précédent d’épuisement
localisé des ressources naturelles, le dépôt de déchets
non traités dans l’environnement et une demande massive de services
urbains. La plupart des municipalités d’Afrique australe ne se
sont pas montrées en mesure de répondre à la demande de
services de base, dans les domaines par exemple du logement, des routes, de
l’eau courante, de l’assainissement et de l’élimination
des déchets. La fourniture de services et installations dans les domaines
de la santé et de l’éducation s’est montrée
bien inférieure à la croissance de la population urbaine. Le résultat
global est que l’environnement est devenu dangereux pour la santé
humaine du fait de la propagation rapide de maladies d’origine hydrique
et de maladies des voies respiratoires, situation aggravée par l’absence
de services sanitaires, par la faiblesse des perspectives en matière
d’emploi et d’éducation et, en conséquence, par une
capacité réduite à offrir une amélioration des conditions
de vie.