AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives

ILES DE L’OUEST DE L’OCEAN INDIEN

Quarante-huit pour cent de la population des îles de l’ouest de l’océan Indien vit dans des zones urbaines. Les pays les moins urbanisés sont Madagascar (30 pour cent) et les Comores (33 pour cent) (CNEUH, 2001a). Avec 63 pour cent, les Seychelles constituent le pays le plus urbanisé, suivi par Maurice avec 41 pour cent (CNUEH, 2001a). Les taux de croissance annuelle de la population urbaine au cours des 15 prochaines années devraient atteindre en moyenne 2,8 pour cent par an, de 4,5 pour cent à Madagascar et 4,1 pour cent aux Comores à moins de 2 pour cent à Maurice et aux Seychelles (CNUEH, 2001a).

IMPORTANCE DES ZONES URBAINES DANS LES ILES DE L’OUEST DE L’OCEAN INDIEN

L’exode rural s’explique principalement par la recherche d’un meilleur niveau de vie et par les perspectives d’emploi, d’éducation et d’accès aux communications et au commerce. A Maurice, par exemple, la croissance économique était en moyenne de 7,7 pour cent par an entre 1985 et 1989 et de 5,2 pour cent par an entre 1990 et 1999, avec une croissance annuelle des exportations de 15,5 pour cent et 6,4 pour cent au cours de ces mêmes périodes (Banque mondiale, 2001a). Port Louis, port et capitale du pays, a facilité cette croissance grâce à des opérations portuaires et, en conséquence, a attiré de nombreuses industries. Aux Seychelles, 90 pour cent de la population vit sur l’île principale de Mahé, dont la majorité (71 000 personnes) réside à Victoria, la capitale, centre de la principale activité économique du pays, le tourisme.

ZONES URBAINES ET ENVIRONNEMENT DANS LES ILES DE L’OUEST DE L’OCEAN INDIEN

Le fort taux d’urbanisation signifie que les environnements urbains et les fournisseurs d’infrastructures sont soumis à des pressions très fortes pour livrer les biens et les services. En outre, de nombreux centres urbains se trouvent sur le littoral où ils sont exposés à diverses perturbations de l’environnement, comme l’érosion ou la pollution. Le nombre important de touristes se rendant sur les îles, en augmentation constante, accroît la demande de logements et d’infrastructures ; on récupère des terres sur la mer et on assèche des zones humides. Aux Seychelles, par exemple, on construit sur les dunes du littoral et on récupère des terres sur la mer, ce qui cause des dommages irréparables aux récifs, aux zones humides et aux écosystèmes marins et côtiers (PNUE, 1999).

Zones d’habitation informelles dans les îles de l’ouest de l’océan Indien

On ne dispose de données sur l’adéquation des logements que pour Maurice, où les habitants sont pour la plupart propriétaires de leur logement et où les habitations sont de type conventionnel (CNUEH, 2001c). La majorité des villes de la sous-région se développent plus vite que la fourniture d’infrastructures. Ainsi des carences se font sentir dans les domaines de l’alimentation en eau, des systèmes d’assainissement et d’élimination des déchets, des routes et infrastructures de communications et des services sanitaires et éducatifs. Les îles de l’ouest de l’océan Indien font toutefois mieux que de nombreux pays africains : tous les citadins de Maurice et presque tous ceux des Comores disposent d’un accès à des systèmes aménagés d’alimentation en eau et d’assainissement (OMS/UNICEF, 2000). A Madagascar, 85 pour cent de la population urbaine a accès à l’alimentation en eau et 70 pour cent a accès à une forme ou à une autre d’assainissement aménagé (OMS/UNICEF, 2000). Quand elle ne dispose pas de ces services, la population urbaine utilise des fosses septiques ou des latrines à fosse. Une gestion inadéquate (dans les zones d’habitation informelles notamment) peut entraîner la contamination des eaux souterraines et les eaux usées non traitées, tout comme le ruissellement sur les surfaces imperméables dans les zones urbaines en cas d’orage, peuvent menacer les réserves d’eau potable et la qualité et la salubrité des eaux du littoral. L’augmentation de la reproduction et de la propagation des parasites, y compris intestinaux, et des bactéries qui en résulte menace la biodiversité et la santé humaine. De nombreux aménagements urbains, qui ont grandi à partir de villages et qui sont concentrés le long du littoral, rejettent leurs déchets liquides et solides directement dans la mer. Il n’y a par exemple aucun service de gestion des déchets aux Comores (PNUE, 1998).