AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives

AFRIQUE ORIENTALE

L’Afrique orientale est la sous-région la moins urbanisée d’Afrique, puisque seulement 26 pour cent de sa population habite dans les villes (CNUEH, 2001a). Djibouti, dont 83 pour cent de la population vit dans des zones urbaines, est le pays le plus urbanisé de la sous-région et le Rwanda celui qui l’est le moins, avec seulement 6 pour cent de population urbaine. Notons toutefois que les récents conflits au Rwanda et au Burundi ont probablement eu une influence considérable sur les tendances démographiques (CNUEH, 2001a). L’Afrique orientale connaît pourtant le plus fort taux de croissance urbaine de toutes les sousrégions africaines (taux qui devrait atteindre en moyenne 4,5 pour cent sur les 15 prochaines années) et la tendance change par conséquent rapidement (CNUEH, 2001a). Seules quelques villes de la sous-région ont actuellement une population supérieure à un million d’habitants : Addis- Abeba (Ethiopie) avec 2,6 millions, Kampala (Ouganda) avec 1,2 million, Mogadiscio (Somalie) avec 1,2 million et Nairobi (Kenya) avec 2,3 millions (CNUEH, 2001a).

IMPORTANCE DES ZONES URBAINES D’AFRIQUE ORIENTALE

La rapide croissance urbaine constatée depuis les années 1960 est la conséquence de la croissance des populations urbaines existantes et de la migration vers les centres urbains de personnes cherchant soit un refuge contre la pauvreté frappant les zones rurales et contre le déclin des rendements agricoles, soit un emploi et une meilleure sécurité en termes de revenus et de logement. Cette tendance a créé une forte demande pour les services liés au logement et au milieu urbain. La croissance économique est toutefois inférieure à la croissance démographique et urbaine, montrant en moyenne une légère tendance négative pour la période 1990–98, avec toutefois des disparités notables entre les pays. L’Ouganda, par exemple a enregistré une croissance économique nette de 3,5 pour cent pendant cette période, alors que le Burundi connaissait une perte nette de 4,2 pour cent (PNUD, 2000). La croissance économique négative a fait que moins de fonds ont été disponibles pour le développement et l’entretien des infrastructures, que le chômage a augmenté et que la population a eu plus de difficultés à payer les services liés au logement de base.

ZONES URBAINES ET ENVIRONNEMENT EN AFRIQUE ORIENTALE

Les habitants des zones d’habitation informelles payent également généralement plus cher l’eau qu’ils consomment. A Nairobi, par exemple, les habitants des zones d’habitation informelles payent entre 30 et 70 cents pour un conteneur d’eau de 20 litres, par rapport aux 17 à 20 cents payés par les consommateurs équipés d’un ompteur d’eau pour la même quantité.

La prolifération des bidonvilles et des zones d’habitation informelles dans les zones urbaines d’Afrique orientale s’est accompagnée d’une insuffisance de l’alimentation en eau et des réseaux d’assainissement. L’alimentation en eau est non seulement insuffisante, elle ne fonctionne que par intermittence dans les secteurs d’habitation informels ou habités par les personnes défavorisées. En moyenne, l’accès à une eau saine dans les zones urbaines de la sous-région est de 80 pour cent et varie de 100 pour cent à Djibouti à 60 pour cent en Erythrée (OMS/UNICEF, 2000). L’accès aux réseaux d’assainissement dans les zones urbaines, de 72 pour cent en moyenne, varie entre 99 pour cent à Djibouti, et 12 pour cent au Rwanda (OMS/UNICEF, 2000). Dans les deux cas, les chiffres montrent une légère amélioration de la situation en 1990 (OMS/UNICEF, 2000). Les habitants des zones d’habitation informelles payent également généralement plus cher l’eau qu’ils consomment. A Nairobi, par exemple, les habitants des zones d’habitation informellespayent entre 30 et 70 cents pour un conteneur d’eau de 20 litres, par rapport aux 17 à 20 cents payés par les consommateurs équipés d’un compteur d’eau pour la même quantité (USAID, 1993). Une quantité d’eau insuffisante pour le lavage et pour l’assainissement crée une situation favorable à la propagation des maladies et des conditions où les parasites peuvent se reproduire et proliférer.

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Vue de la ville de Kampala, en Ouganda.

Ron Giling/Still Pictures

Le rejet des eaux usées brutes dans les cours d’eau et dans les lacs a également augmenté, créant un environnement toxique pour la faune et la flore, comme pour les humains. Le lac Victoria et le littoral océanique sont particulièrement touchés (comme le démontrent les fréquents phénomènes d’eutrophisation) du fait de la concentration urbaine dans ces régions. Les gouvernements de la sousrégion ont mis en place des mesures et réglementations efficaces afin de mettre un terme à cette situation. Le Centre des Nations Unies pour les établissements humains a néanmoins lancé dans la deuxième moitié des années 1990 un programme visant à privatiser les services municipaux d’Afrique orientale (CNUEH, 1998). Des améliorations ont été apportées dans les domaines de l’alimentation en eau et des réseaux d’assainissement au Kenya et en Ouganda, même si le recouvrement des paiements est un frein sérieux à l’entretien des infrastructures et à la viabilité du fonctionnement permanent (CNUEH, 1998).

Zones d’habitation informelles en Afrique orientale

Les zones d’habitation informelles se sont multipliées en Afrique orientale, avec des effets négatifs sur l’environnement social et biophysique. A Nairobi, par exemple, environ 55 pour cent de la population vivait dans des zones d’habitation informelles en 1993 (USAID, 1993), tandis qu’en Ouganda environ 5 pour cent des habitants d’Entebbe et 16 pour cent de ceux de Jinja sont des squatters (CNUEH, 2001c). Balbala, zone d’habitation informelle de la ville de Djibouti abritant 240 000 personnes, a représenté la plus grande part de la croissance de la ville au cours de la dernière décennie (UNCDF, 1998). La densité de population de ces zones d’habitation esthabituellement très forte, ce qui favorise la propagation de maladies, notamment parasitaires et des voies respiratoires.

Face à cette situation, les gouvernements ont pris des mesures visant à adopter des politiques de logement qui pourraient encourager un secteur du logement durable en termes d’environnement. L’Ouganda, par exemple, a rédigé en 1978 une politique du logement qui a influencé la réhabilitation des logements à loyer modéré de Namuwongo et du grand ensemble autonome des femmes Masese. La stratégie nationale sur le logement a été achevée en 1992, une politique foncière a été préparée et les services et l’aménagement ont été décentralisés, mais le renforcement des capacités demeure une nécessité urgente. Au Kenya, le gouvernement a rédigé en 1999 une nouvelle politique du logement, donnant la priorité à la réhabilitation des bidonvilles accompagnée d’un déplacement minimum, afin de permettre un aménagement adéquat et la fourniture des infrastructures et ses services associés. Entre 1971 et 1991, la municipalité de Nairobi a reçu un financement de la Banque mondiale destiné à la fourniture de logements urbains avec alimentation en eau et accès aux réseaux d’assainissement. Une évaluation des projets a révélé que l’alimentation en eau avait répondu à l’évolution de la croissance de la population urbaine et que la restructuration des tarifs avait aidé à maintenir le prix de l’eau à un niveau raisonnable (Banque mondiale, 1996). Environ 65 pour cent de la population urbaine a aujourd’hui accès au tout-à-l’égout et des progrès significatifs en matière d’environnement ont été remarqués. Un projet d’aménagement dans le quartier de Balbala, à Djibouti, a permis d’améliorer les conditions de vie de 1 164 ménages et d’établir un modèle de développement fixant les normes applicables à l’avenir aux infrastructures, aux équipements et à l’aménagement des logements (UNCDF, 1998). Parmi d’autres mesures mises en œuvre dans les villes d’Afrique orientale, on peut citer l’aménagement et/ou la mise en œuvre de plans environnementaux locaux à Bujumbura (Burundi), Addis- Abeba (Ethiopie), Mombasa (Kenya), Kigali (Rwanda) et Entebbe (Ouganda) (CNUEH, 2001c).