Les deux mouvements pour l’amélioration des conditions de vie dans les zones d’habitation urbaines les plus influents de ces 30 dernières années ont été la création du Centre des Nations Unies pour les établissements humains (Habitat) (CNUEH) et celle d’Action 21 à l’échelon local.
Habitat a été créé en octobre 1998 afin de diriger et de coordonner les activités des Nations Unies dans le domaine des établissements humains et a pour mission de promouvoir un aménagement durable des établissements humains en termes de problèmes sociaux et d’environnement, et de réussir à donner à tous un logement adéquat. Le programme Habitat a été adopté comme plan d’action mondial pour la réalisation de cette mission au cours de la Conférence Habitat II qui s’est tenue à Istanbul, en Turquie, en juin 1996. Dans le cadre de la préparation à cette conférence, les ministres africains responsables du logement et du développement économique se sont rencontrés à Kampala, en Ouganda, et ont reconnu que l’urbanisation était indispensable au développement économique, tout en soulignant la nécessité d’améliorer les installations rurales et les liaisons campagne-ville afin de ralentir le taux de croissance urbaine. Ils ont également approuvé les décisions de la déclaration de Dakar destinées à impliquer les parties prenantes, à renforcer les capacités de l’administration chargée des zones urbaines, à mettre en place une gestion améliorée de la ville et de l’environnement, et à élaborer et appliquer des plans d’action nationaux dans le domaine de l’environnement.
L’autre cadre de mesures, le programme Action 21 à l’échelon local, est expressément prévu par Action 21 (chapitre 28) qui encourage les autorités locale à établir un dialogue et à mettre en place un processus spécialement conçu dans le but d’aider à faire du développement durable une réalité concrète au niveau local, tout comme le fait Action 21 au niveau national et international.
| Encadré 2g.1 Meilleures pratiques africaines dans le cadre de l’aménagement urbain | |
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| Source: UNCHS 2000 |
Même si la mise en œuvre des programmes Habitat et Action 21 a été restreinte, en grande partie à cause du manque de financement, de nombreuses villes africaines ont connu de réelles réussites (Encadré 2g.1), parmi lesquelles la révision ou la formulation de constitutions et de législations nationales visant à encourager le droit à un logement décent ; près de 80 pour cent des pays africains reconnaissent aujourd’hui légalement ce droit (CNUEH, 2001b). Treize pays africains sur 29 ont récemment examiné la possibilité de reconnaître le droit de la femme à posséder des biens et davantage révisent ou élaborent des réglementations à cet effet (CNUEH, 2001b). Certaines politiques en matière d’environnement sont également en cours de remaniement et de nombreux pays africains exigent à présent des études d’impact sur l’environnement avant la mise en place de nouveaux aménagements comme la création de logements ou de commerces, ou la construction de routes. On élabore de façon intégrée des réglementations en matière d’eau et des stratégies de gestion des déchets, et de nombreux centres urbains privatisent également les services publics dans un effort pour améliorer la couverture et l’entretien. On élabore et applique des normes régissant les effluents et des contrôles plus stricts de la gestion des déchets afin d’encourager leur élimination de façon responsable. Les programmes de logements, les subventions destinées aux ménages modestes, les programmes de réduction de la pauvreté et les stratégies de décentralisation sont d’autres mesures aujourd’hui utilisées afin de soulager le fardeau social, économique et environnemental actuellement concentré dans les zones urbaines.
En 1995, des responsables des villes africaines concernées se sont rencontrés et ont formé le réseau des villes durables africaines (ASCN, African Sustainable Cities Network), afin de renforcer les capacités en matière de gestion participative de l’environnement au sein de l’administration locale. Les membres du réseau ont démarré le processus par une évaluation des besoins en gestion de l’environnement, suivie par un programme progressif d’éducation et de formation, établissant un cadre pour la mise en œuvre de nouvelles politiques nationales en matière d’environnement et créant des stratégies locales pour un développement durable. En juin 2000, 31 pays africains avaient rejoint ce réseau et s’étaient engagés dans diverses activités (ICLEI, 2001).