AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives
H. Jalte Tin/Still Pictures

PRESENTATION REGIONALE

Trente-huit pour cent de la population africaine, soit 297 millions de personnes, vit dans des zones urbaines. D’ici 2030, cette proportion devrait atteindre environ 54 pour cent pour une population africaine que les projections situent autour de 1 405 millions d’habitants (CNUEH, 2001a). Le taux d’urbanisation africain est équivalent au taux asiatique et inférieur au taux mondial, de 47 pour cent, bien loin du taux de plus de 70 pour cent observé en Europe et en Amérique du Nord (CNUEH, 2001a). Il faut toutefois se rappeler que la définition d’une zone urbaine est variable d’un pays africain à l’autre. En Ouganda, par exemple, on considère comme urbain un centre de 100 habitants, alors qu’au Nigeria et à Maurice une zone est qualifiée d’urbaine à partir de 20 000 habitants (CNUEH, 2001b). La ville est une notion également difficile à cerner, car elle se définit non seulement selon la taille de sa population, mais également selon des fonctions administratives ou législatives. Les grandes villes sont toutefois généralement celles qui comptent une population supérieure à 1 million de personnes et on appelle mégapoles les villes comptant plus de 10 millions d’habitants (CNUEH, 2001b).

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Figure 2g.1 Croissance de la population urbaine en Afrique, 1950–2030

Source: UNCHS

A 3,5 pour cent par an, le taux africain de croissance urbaine est le plus élevé du monde : le nombre de zones urbaines se multiplie, leur superficie grandit et elles rassemblent davantage de personnes (CNUEH, 2001a). L’Afrique compte actuellement 40 villes de plus d’un million d’habitants et ce nombre devrait passer à 70 d’ici 2015. Lagos, qui compte actuellement 13,4 millions d’habitants, est la plus grande ville d’Afrique et la 6ème ville du monde. Le Caire, deuxième ville d’Afrique avec 10,6 millions d’habitants, se classe au 19ème rang mondial (CNUEH, 2001b). La figure 2g.1 montre la croissance de la population urbaine en Afrique.

L’Afrique du Nord est la sous-région la plus urbanisée d’Afrique : 64 pour cent de sa population en moyenne vit dans des centres urbains. La Libye en est le pays le plus urbanisé, avec 87,6 pour cent de sa population vivant dans des zones urbaines (CNUEH, 2001a). L’Afrique centrale et les îles de l’ouest de l’océan Indien sont des sous-régions également très urbanisées, avec une population urbaine moyenne de 48 pour cent chacune, suivies par l’Afrique occidentale (38 pour cent) et l’Afrique australe (36 pour cent). La sous-région la moins urbanisée est l’Afrique orientale (26 pour cent) et le Rwanda est le pays le moins urbanisé, avec une population urbaine ne dépassant pas 6,2 pour cent (CNUEH, 2001a). C’est pourtant en Afrique orientale que l’on observe le plus fort taux moyen de croissance urbaine, soit 4,5 pour cent par an. Quant aux pays, c’est le Malawi qui affiche le taux le plus élevé (6,3 pour cent par an).

IMPORTANCE DES ZONES URBAINES

La forte croissance des populations urbaines s’explique par les forts taux de croissance démographique de manière générale et par divers facteurs d’attraction vers les zones urbaines, comme la perspective d’y trouver un emploi, d’y recevoir une éducation et d’y avoir un meilleur accès aux soins (CNUEH, 2001b).

Du fait de l’influence coloniale sur le développement, bon nombre de capitales nationales et centres urbains africains se trouvent sur le littoral, afin de maximiser les échanges commerciaux, les voyages internationaux et le développement. L’urbanisation engendre toutefois de nombreuses difficultés, comme l’afflux dans les zones urbaines de personnes que le déclin des rendements agricoles a obligées à quitter les zones rurales. Elles espèrent y trouver un emploi et une plus grande sécurité financière. Dans de nombreuses zones urbaines, le rythme de la croissance économique et du développement des infrastructures n’a pas suivi le taux d’urbanisation, entraînant un chômage élevé, des normes inadaptées en matière de logements et de services, et des effets sur la santé humaine et sur le développement. Certaines catastrophes environnementales et certains conflits ont également obligé de nombreuses personnes à fuir les zones rurales et à chercher refuge dans les centres urbains. Ainsi, au Mozambique, environ 4,5 millions de ruraux ont été déplacés vers des centres urbains à cause des dissensions civiles des années 1980 (Chenje, 2000) et le troisième établissement humain de Sierra Leone est un camp de personnes déplacées (CNUEH, 2001b).