La superficie totale de terres cultivées dans la sous-région a augmenté entre 1970 et 2000, passant de 51 à 66 millions d’ha (FAOSTAT, 2001). En termes absolus, la production agricole a elle aussi progressé, alors que la production par habitant enregistrée en 2000 était identique à celle de 1970, ayant chuté jusqu’en 1985 pour se redresser ensuite, comme l’illustre la figure 2f.16. La production animale a elle aussi suivi une courbe ascendante en termes absolus, alors que la production par habitant, qui avait augmenté entre 1975 et 1985, est retombée à un niveau inférieur à celui de 1970 (Figure 2f.17).
La prise calorique quotidienne des habitants d’Afrique occidentale a globalement augmenté (passant d’une moyenne de 2 252 calories par personne et par jour en 1970 à 2 612 en 1999), sauf au Liberia et en Sierra Leone, où ce taux a diminué (FAOSTAT, 2001), du fait sans doute des perturbations de l’offre et de la distribution provoquées par les guerres civiles que ces pays ont connues. Les conflits et la variabilité climatique provoquent des déficits alimentaires dans les pays d’Afrique occidentale, qui sont parmi les pays du monde les plus touchés par l’insécurité alimentaire (Staatz, Diskin et Estes, 1999). Ils sont donc dépendants des importations et de l’aide alimentaires et cette situation ne devrait guère changer à court terme. La Sierra Leone, par exemple, était un exportateur net de riz dans les années 1960 mais en 2001, le pays importait cette denrée pour un montant annuel estimé à 22 millions d’USD (Verheye, 2001). En 2001, la situation alimentaire a été particulièrement délicate pour le Burkina Faso, le Liberia et le Niger, et la FAO avait émis une alerte quant à leur besoin d’aide alimentaire (FAO, 2001d).
Des dispositions visant à améliorer la sécurité alimentaire ont été prises à l’échelle sous-régionale et nationale. L’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID), par exemple, est en train d’élaborer une Stratégie pour l’Afrique occidentale afin de déterminer les besoins prioritaires et les zones ayant besoin d’une aide (Staatz et al., 1999). Le CILSS et le Club du Sahel ont de leur côté mis au point une autre réponse sous-régionale. Le Club du Sahel, créé après la sécheresse de 1972–73 pour faire en sorte qu’une telle catastrophe ne se reproduise jamais plus, rassemble, au sein de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), un certain nombre de donateurs et agit en collaboration avec le CILSS. En 1990, ces institutions ont rédigé une Charte de l’aide alimentaire au Sahel, une première du genre. Ce texte proposait des lignes directrices pour améliorer le fonctionnement de l’aide alimentaire et intégrer l’assistance extérieure dans les objectifs à long terme de sécurité alimentaire. Trois grands domaines d’intervention sont visés : une meilleure appréhension de la situation alimentaire, la coordination des dons et la fourniture de l’aide alimentaire (OCDE/Club du Sahel, 2001). Si le Mali et le Niger ont introduit des systèmes d’alerte précoce très efficaces, d’autres pays sont confrontés à des difficultés de lancement. D’autres pâtissent également d’un manque de coordination entre donateurs et d’une certaine désorganisation dans la formulation des demandes d’aide (OCDE/Club du Sahel, 2001).