AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives

AFRIQUE OCCIDENTALE

Click to enlarge

Récolte des cabosses au Ghana

Ron Giling/Still Pictures

En Afrique occidentale, le climat exerce une profonde influence sur la couverture végétale et l’utilisation des terres avec, du nord au sud, d’importantes différences en termes de niveaux de précipitations et végétation. Dans le nord, la moyenne annuelle des précipitations s’échelonne de 350 à 850 mm ; les savanes sont les principaux écosystèmes le long de la frontière méridionale du Sahel (Mali, Mauritanie, Niger et nord du Sénégal). La variabilité climatique atteint des extrêmes dans ces pays et les sécheresses, souvent graves, tendent à être récurrentes. Les capacités de culture étant limitées, l’élevage du bétail est la principale activité agricole. Au Mali et au Niger, par exemple, les cultures n’occupent que 4 pour cent de la superficie terrestre ; ce taux est inférieur à 1 pour cent en Mauritanie (FAOSTAT, 2001). A l’inverse, le pâturage permanent représente 25 pour cent des terres au Mali et près de 40 pour cent en Mauritanie (FAOSTAT, 2001). Dans la zone équatoriale et côtière, les précipitations sont plus abondantes, allant de 1 000 à 4 000 mm par an, avec de fortes variations d’une saison et d’une année à l’autre. Ces zones connaissent de fréquentes inondations (FAOSTAT, 2001). En 2000, la couverture forestière, extrêmement parcellisée, représentait 72 millions d’ha (près de 12 pour cent des terres émergées), mais la production de charbon et les coupes destinées au bois de chauffe, l’exploitation forestière à des fins commerciales et l’agriculture de plantation et sur brûlis font peser de lourdes menaces sur ces ressources (FAO, 2001a). A l’heure actuelle, près de 11 pour cent de la superficie émergée de l’Afrique occidentale sont occupés par des cultures, pour la plupart pluviales et concentrées dans la ceinture équatoriale. Le Nigeria et le Togo sont les pays où l’agriculture est la plus développée (avec respectivement 33 et 42 pour cent de leur territoire consacrés à cette activité), suivis par la Côte d’Ivoire et le Ghana (23 pour cent dans les deux cas) (FAOSTAT, 2001).

Les populations d’Afrique occidentale dépendent dans leur grande majorité de la terre et de la production de cultures de rapport. Cette dépendance, qui va de pair avec un renforcement de la pression économique et démographique, a suscité au cours des 30 dernières années une demande toujours plus forte de productivité des terres, laquelle a entraîné une rapide dégradation des zones forestières et des terres agricoles, et une chute de leur productivité.

IMPORTANCE DES CULTURES ET DE L’ELEVAGE EN AFRIQUE OCCIDENTALE

Si l’agriculture de subsistance est largement pratiquée,l’agriculture de rendement contribue également de manière significative à la richesse de la sous-région, employant en moyenne depuis les 30 dernières années 65 pour cent de la population active. En 1990, le Burkina Faso, le Mali et le Niger affichaient les plus forts taux d’emplois agricoles, supérieurs à 90 pour cent, alors que le Cap Vert et le Nigeria avaient respectivement des taux de 31 et 42 pour cent (Banque mondiale, 2001).

La production agricole de l’Afrique occidentale est plusvariée que dans certaines autres sous-régions, mais les arachides, le cacao, le café, le caoutchouc, le coton, l’huile de palme, les ignames, le manioc, le maïs, le millet et le sorgho restent les cultures principales. Malgré la fluctuation des prix internationaux, qui a lourdement pesé sur les revenus agricoles au cours des 30 dernières années, le secteur reste l’un des piliers du PIB. Au Bénin et au Burkina Faso, par exemple, la valeur des exportations agricoles a régulièrement progressé entre 1980 et 1997 (passant respectivement de 55 à 198 millions d’USD et de 80 à 119 millions d’USD) (Banque mondiale, 2001). Entre 1980 et le milieu des années 1990, la valeur des exportations de la Côte d’Ivoire, du Ghana et du Nigeria a baissé avant de se redresser, mais la Gambie, le Liberia, le Sénégal et la Sierra Leone n’ont pas connu un aussi bon rétablissement. La valeur des exportations de la Guinée, du Mali et de la Mauritanie est restée pour sa part relativement constante (Banque mondiale, 2001). En Mauritanie, la valeur ajoutée agricole atteignait en 1999 306 millions d’USD (pour un PIB de 1 252 millions d’USD), alors qu’elle était de 160 millions d’USD en 1980 (pour un PIB à l’époque de 753 millions d’USD).