AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives

ETENDUE ET PRODUCTIVITE DES SYSTEMES DE CULTURE ET D’ELEVAGE EN AFRIQUE CENTRALE

L’exploitation agricole des terres s’est rapidement développée entre 1970 et 1985 (passant de 18 à 21 millions d’ha), mais le taux d’expansion s’est ensuite ralenti jusqu’en 1999, où la superficie totale de terres cultivées représentait 21,5 millions d’ha (FAOSTAT, 2001). La rapidité de la phase d’expansion est sans doute due à la montée en flèche des prix à l’exportation, notamment pour le cacao et le café ; les crises économiques des années1990, au cours desquelles l’utilisation des terres pour les cultures de rapport destinées à l’exportation a diminué, sont venues freiner ce développement. Sur la même période, la superficie des zones de pâturage permanent est restée relativement stable et se maintient à plus ou moins 80 millions d’ha (FAOSTAT, 2001).

En termes absolus, la production agricole a régulièrement augmenté au cours des 30 dernières années, mais la production par habitant a chuté, les taux de croissance démographique dépassant largement les capacités de la production vivrière (Figure 2f.14) (FAOSTAT, 2001). Il faut noter qu’en termes absolus, les indices de la production animale pour l’ensemble de la sous-région ont augmenté de manière marquée, mais le taux par habitant est resté relativement constant (Figure 2f.15) (FAOSTAT, 2001).

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Figure 2f.14 Indices de production agricole pour l’Afrique centrale, 1970–2000 (totale et par habitant)

Source : d’après FAOSTAT, 2001

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Figure 2f.15 Indices de production animale pour l’Afrique centrale, 1970–2000 (totale et par habitant)

Source : d’après FAOSTAT, 2001

Conséquence de la diminution des rendements et des guerres civiles, en 1999, la prise calorique par habitant au Cameroun, en République centrafricaine et en République démocratique du Congo était inférieure à celle enregistrée en 1970. Elle s’est améliorée dans les autres pays, mais reste en moyenne de 2 292 calories par personne et par jour (FAOSTAT, 2001). Pour compenser ce phénomène, de nombreux pays ont importé de larges quantités de céréales et, pendant les périodes de sécheresse, le Cameroun, la République démocratique du Congo et le Tchad ont fait appel à l’aide alimentaire. La République démocratique du Congo a toujours été un importateur de céréales mais en 1998, l’élevage a pâti des dissensions civiles (de manière plus marquée que l’agriculture), de sorte que le déficit de production a été évalué à 118 000 tonnes. L’interruption des échanges, notamment à Brazzaville, a provoqué une réduction des importations alimentaires et on a enregistré un déficit de 46 000 tonnes de céréales. Un certain nombre de mécanismes de survie ont été mis en place, dont des efforts supplémentaires dans les zones de production alimentaire alternée (pêche, chasse et cultures sur cycle court) et une aide alimentaire pour les groupes vulnérables (FAO/GIEWS, 1998).