AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives

AFRIQUE CENTRALE

L’Afrique centrale est pour l’essentiel une zone de forêts et de savanes. La ceinture côtière humide, bénéficiant de précipitations abondantes et relativement constantes, abrite des forêts tropicales denses, alors que le nord du Cameroun,la République centrafricaine et le Tchad, dont la végétation est dominée par la savane, ont un climat plus sec avec des précipitations plus irrégulières. L’utilisation des terres dans la sous-région est fonction des caractéristiques du climat et de la végétation—la foresterie et les plantations de rendement sont surtout concentrées dans les zones humides (où les précipitations annuelles atteignent jusqu’à 4 000 mm), l’élevage et une partie de l’agriculture de subsistance se limitant aux zones semi-arides (où les précipitations annuelles moyennes sont de 500 mm). La zone semi-aride est extrêmement sensible aux variations climatiques et à la sécheresse, ce qui limite le développement de l’agriculture. Les sols sont très exposés à l’érosion, la plupart des précipitations intervenant sous forme de violentes tempêtes ; par ailleurs, la teneur du sol en argile et en limon rend l’encroûtement du sol assez fréquent en cas d’exposition (Njinyam, 1998).

Les cultures arables et permanentes occupent aujourd’hui environ 8 pour cent de la superficie totale (la palme revenant au Cameroun, avec 15 pour cent des terres) et le pâturage permanent utilise 16,5 pour cent des terres (FAOSTAT, 2001). L’agriculture d’irrigation est peu pratiquée, en partie parce que la fertilité des sols, ainsi que l’abondance et la régularité des précipitations dans les zones humides favorisent l’agriculture pluviale, et en partie parce que le développement des infrastructures nécessaires à l’introduction de ce type d’agriculture dans les zones semiarides était jusqu’ici beaucoup trop onéreux. Malgré cet environnement favorable, les grandes exploitations agricoles ne se sont pas développées en Afrique centrale du fait de l’imperfection des marchés intérieurs et de barrières internationales aux échanges. L’agriculture itinérante (ou l’agriculture sur brûlis) permettait traditionnellement de faire face à la variabilité du climat, mais cette pratique n’est plus viable, car la pression démographique nécessite d’annexer toujours plus de terres. Pour l’Afrique centrale, les priorités sont donc d’améliorer la sécurité alimentaire, en renforçant la production et la répartition des ressources et de réduire les pressions que l’agriculture itinérante impose sur les forêts et les zones boisées.

IMPORTANCE DES CULTURES ET DE L’ELEVAGE EN AFRIQUE CENTRALE

En 1970, le secteur agricole employait 81 pour cent de la population active en Afrique centrale, le Tchad ayant le plus fort pourcentage, avec 92 pour cent. Ce taux était passé à 74 pour cent en 1980 et à 68 pour cent en 1990 (Banque mondiale, 2001). Cette diminution s’explique entre autres par une pression démographique plus rapide que l’expansion de l’agriculture et par le développement industriel. Les terres de pâturage occupent une grande partie de la terre agricole productive dans les pays du Sahel et les activités pastorales et agropastorales font partie intégrante des économies locales et régionales. Au Tchad en 1995, on estimait à un minimum de 404 000 personnes le nombre de bergers (soit près de 15 pour cent de la population totale du pays), les zones de pâturage couvrant environ 55 pour cent du territoire national (FEWS, 1995).

La sous-région produit un certain nombre de cultures, dont les arachides, le cacao, le café, le caoutchouc, le coton, l’huile de palme, le maïs, le manioc, le millet et le sorgho. En 1980, les exportations agricoles de la région atteignaient une valeur totale de 1 148 millions d’USD, le Cameroun se taillant la part du lion avec 699 millions d’USD. En 1990, les exportations retombaient à 909 millions d’USD, du fait essentiellement de la fluctuation du prix des matières premières (Banque mondiale, 2001). En 1997 cependant, les marchés s’étaient redressés dans la plupart des pays, même si la guerre en République démocratique du Congo a eu des répercussions considérables sur les exportations agricoles : les exportations agricoles de la sous-région atteignaient alors une valeur totale de 796 millions d’USD (Banque mondiale, 2001). La valeur ajoutée agricole en 1980 allait de 40 pour cent du PIB au Tchad à seulement 12 pour cent au Gabon (Banque mondiale, 2001). En 1990, le pourcentage du Tchad était retombé à 24 pour cent alors qu’en République démocratique du Congo, la contribution de l’agriculture au PIB progressait, passant de 27 pour cent en 1980 à 58 pour cent en 1999, sous l’effet principalement de l’interruption des autres activités économiques du pays, à cause de la guerre (Banque mondiale, 2001).