AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives

ETENDUE ET PRODUCTIVITE DES SYSTEMES DE CULTURE ET D’ELEVAGE EN AFRIQUE AUSTRALE

Au fil des années, les zones de culture et de pâturage permanent se sont développées dans la sous-région, pour faire face à l’accroissement de la population et de la demande alimentaire, mais aussi du fait de politiques visant à augmenter les exportations. La superficie totale des zones cultivées est passée de 32 millions d’ha en 1970 à 39 millions d’ha en 1999, alors que les zones de pacage permanent sont restées quasi constantes, à 332 millions d’ha (FAOSTAT 2001). Dans certains cas, une pluviosité faible ou inconstante, une topographie inadaptée et la mauvaise qualité des sols empêchent de pratiquerl’agriculture ou le pâturage dans ces zones.

En termes absolus, la production de l’agriculture et de l’élevage a augmenté depuis 1970, mais sans rattraper le taux de croissance démographique, de sorte que les indices de production par habitant sont en déclin (Figures 2f12 et 2f.13). Depuis les 30 dernières années, les pays sont devenus dépendants d’importations de céréales et ont dû faire appel de temps à autre à une aide alimentaire, notamment pendant des périodes d’inondations ou de sécheresse. Par ailleurs, la prise calorique par habitant dans la plupart des pays est passée en deçà de son niveau de 1970 et les apports protéiques ont nettement diminué au Malawi, en Zambie et au Zimbabwe (FAOSTAT, 2001).

Les niveaux actuels de nutrition pour la sous-région tournent, en moyenne, autour de 2 231 calories par personne et par jour, avec de fortes variations néanmoins d’un pays à l’autre, de 1 782 calories par personne et par jour au Mozambique (pays qui sort à peine d’une guerre civile) à 2 956 calories en Afrique du Sud, l’un des pays les plus riches de la sous-région (Trueblood, Shapouri et Henneberry, 2001). La variabilité climatique contribue fortement aux aléas de la production et la région connaît aussi bien des périodes d’excédents que des phases de pénurie alimentaire. L’Angola et le Mozambique sont par ailleurs fortement dépendants des importations et de l’aide alimentaire, surtout depuis 1980. Ainsi entre 1963 et 1965, l’Angola a importé 9,5 kg de céréales par habitant ; entre 1993 et 1995, ce taux a grimpé à près de 50 kg (Trueblood et al., 2001). Au Lesotho, les importations ont connu une augmentation encore plus importante, passant de 19 à 98 kg par personne, alors que les importations alimentaires du Botswana restaient constantes et que les exportations passaient de zéro à 3 kg par habitant (Trueblood et al., 2001).

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Figure 2f.12 Indices de production agricole pour l’Afrique australe, 1970–2000 (totale et par habitant)

Source : d’après FAOSTAT, 2001

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Figure 2f.13 Indices de production animale pour l’Afrique australe, 1970–2000 (totale et par habitant)

Source : d’après FAOSTAT, 2001