AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives

ILES DE L’OUEST DE L’OCEAN INDIEN

En termes de superficie émergée, Madagascar est la première île de la sous-région, avec près de 600 000 km2, et la quatrième du monde. Les autres pays de la sous-région sont des petits archipels, composés de trois à 115 îles, pour une superficie globale de 2 000 km2. Les montagnes occupent dans les îles de l’ouest de l’océan Indien de larges surfaces ; ce sont des zones accidentées et sèches, peu propices aux cultures. Madagascar est la seule île suffisamment grande pour accueillir des zones importantes de pâturage permanent (41 pour cent de la superficie) et une production de bétail (PNUE, 1999b). Les terres de la sous-région servent surtout aux cultures (respectivement 40 et 48 pour cent de la superficie aux Comores et à Maurice), alors que les autres pays présentent de larges zones forestières et boisées, qui servent essentiellement au pâturage et à la cueillette de produits naturels (PNUE, 1999b). La plupart des îles bénéficient des pluies de mousson de novembre à avril, mais le total annuel des précipitations varie d’une île à l’autre, allant de 700 mm à plus de 2 000 mm. Certaines îles sont également souvent balayées par des cyclones, qui peuvent provoquer une très forte érosion sur les sols exposés. A l’inverse, les périodes sèches et les sécheresses sont relativement fréquentes, surtout dans le sud de Madagascar.

IMPORTANCE DES CULTURES ET DE L’ELEVAGE DANS LES ILES DE L’OUEST DE L’OCÉAN INDIEN

L’agriculture occupe une place importante dans l’économie des îles de l’ouest de l’océan Indien, pour la subsistance des populations et pour les échanges. Les principales cultures de rendement sont les bananes, le manioc, les clous de girofle, le café, le copra, les oignons, les pommes de terre, le riz, le sucre, les patates douces, le thé, la vanille et l’ilang-ilang, plante qui ne pousse qu’aux Comores et qui est utilisée en parfumerie. En 1970, l’agriculture employait 83 pour cent de la main-d’œuvre aux Comores, 84 pour cent à Madagascar et 34 pour cent à Maurice. Cette part a légèrement diminué dans les deux décennies suivantes, surtout à Maurice, où elle était passée en 1990 à 17 pour cent (Banque mondiale, 2001). Au cours des 30 dernières années, le secteur de l’agriculture a également largement contribué à la richesse des pays de la sous-région : les meilleures terres sont réservées à la production commerciale de produits de luxe et les pays sont importateurs nets de céréales et de biens de première nécessité.

Aux Comores, la contribution de l’agriculture à l’économie a tourné autour de 35 à 38 pour cent du PIB entre 1980 et 1999 (Banque mondiale, 2001). A Madagascar, la contribution au PIB a été légèrement moindre, entre 24 et 28 pour cent (Banque mondiale, 2001). Aux Seychelles, la part de l’agriculture dans le PIB a chuté, passant de près de 10 pour cent en 1980 à moins de 5 pour cent en 1999, le tourisme devenant peu à peu un gros contributeur à la richesse du pays, avec les recettes en devises (Banque mondiale, 2001). En 1999, les exportations agricoles en provenance de Madagascar ont été estimées à 92 millions d’USD et celles en provenance de Maurice à 405 millions d’USD (Banque mondiale, 2001).

ETENDUE ET PRODUCTIVITE DES SYSTEMES DE CULTURE ET D’ELEVAGE DANS LES ILES DE L’OUEST DE L’OCEAN INDIEN

L’agriculture de subsistance est pratiquée sur toutes les îles de la région, notamment à Madagascar et aux Comores où l’agriculture sur brûlis est couramment utilisée pour combler les besoins alimentaires et financiers des ménages. Cependant, du fait de pressions économiques en faveur de l’exportation des produits agricoles et de revenus en devises, les meilleures terres sont souvent réservées aux cultures de rendement (notamment le café, le copra, l’ilangilang, le sucre et la vanille) (PNUE, 1999b). La pression démographique ne cessant d’augmenter, provoquant une demande de terres supplémentaires pour pratiquer une agriculture de subsistance, les habitats naturels ont de plus en plus tendance à être convertis en zones cultivables et les sols souffrent d’une certaine dégradation, surtout dans les zones à faible rendement où l’agriculture de subsistanceutilise peu d’intrants. On commence à enregistrer de ce fait une réduction du niveau de la productivité par rapport àcelui qui prévalait il y a 50 ans (PNUE, 1999b).

Ces mêmes pressions ont conduit à augmenter les superficies cultivées aux Comores (qui sont passées de 90 000 ha en 1970 à 120 000 ha en 1999) et à Madagascar (de 2 300 ha en 1970 à 3 100 ha en 1999). AMaurice et aux Seychelles, les zones cultivées restent relativement stables (elles sont respectivement de 100 000 et de 5 000 ha) et à la Réunion, elles sont même en légère régression, passant de près de 60 000 ha à moins de 40 000 ha (FAOSTAT, 2001).

Si les indices absolus de la production vivrière ont également progressé au cours des 30 dernières années, conséquence de la croissance démographique et de marchés essentiellement tournés vers les exportations, la production vivrière par habitant a diminué dans tous les pays, comme l’illustrent les figures 2f.10 et 2f.11 (FAOSTAT, 2001). A Madagascar, où l’élevage du bétail occupe une place importante, les indices de production ont également grimpé de près de 50 pour cent par rapport aux niveaux de 1970, mais là encore, la croissance démographique a été plus importante et les taux de production par habitant ont chuté de près de 40 pour cent (FAOSTAT, 2001). A Maurice, l’élevage et l’industrie animale, notamment l’aviculture et la pisciculture, ont entraîné une augmentation de la production vivrière (PNUD, 2000).

L’écart entre la production vivrière et la pression démographique et l’accent mis sur l’agriculture de rendement, plutôt que sur la production à des fins personnelles, ont conduit à un déficit alimentaire, notamment pour les céréales et autres produits de première nécessité (FAO/GIEWS, 1998). Certains pays, comme Maurice et les Seychelles, importent donc de larges quantités de céréales, alors que d’autres, comme les Comores et Madagascar, plus pauvres, ne peuvent pas assumer ces importations onéreuses et dépendent donc largement de l’aide alimentaire pour combler le déficit. Les niveaux d’importations et d’aide alimentaires ont été très élevés en 1998 dans ces deux pays, à cause d’une invasion de criquets pèlerins qui a provoqué de lourds dégâts sur les cultures, invasion probablement liée au phénomène El Niño, qui a entraîné une forte chaleur et une période de sécheresse (FAO/GIEWS, 1998).

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Figure 2f.10 Indices de production agricole pour les îles de l’ouest de l’océan Indien, 1970–2000 (totale et par habitant)

Source : d’après FAOSTAT, 2001

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Figure 2f.11 Indices de production animale pour les îles de l’ouest de l’océan Indien, 1970–2000 (totale et par habitant)

Source : d’après FAOSTAT, 2001