AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives

AFRIQUE ORIENTALE

La sous-région de l’Afrique orientale se distingue par deux écosystèmes fragiles—les zones de montagne et les zones de colline (au Burundi, au Kenya, en Ethiopie, en Ouganda et au Rwanda essentiellement) et les zones arides ou semi-arides (sèches—notamment à Djibouti, en Erythrée, en Ethiopie et en Somalie). Ces zones abritent la majorité de la population de la sous-région (avec des densités supérieures à 200 habitants par km2) et sont des centres agricoles. Les zones montagneuses en Ethiopie par exemple (au-delà de 1 500 mètres d’altitude) représentent près de 45 pour cent de la superficie émergée totale du pays ; elles abritent 80 pour cent de la population du pays et 75 pour cent du bétail (EPA/MEDC, 1997). Les zones sèches reçoivent de faibles précipitations et sont extrêmement exposées à la sécheresse et à la désertification, surtout dans la Corne de l’Afrique (à Djibouti par exemple, les précipitations annuelles ne sont que de 147 mm). La Corne de l’Afrique a connu en 1972–73 et en 1984–85 de graves sécheresses, qui ont entraîné pour des millions de personnes, la disparition de leur maison, de leur bétail ou de leurs moyens de subsistance, voire la mort (FAO, 2000a). A Djibouti, en Erythrée et en Somalie, moins de 5 pour cent des terres émergées sont cultivées (FAOSTAT, 2001), pour respectivement 10 et 8 pour cent en Ethiopie et au Kenya. Au Burundi, en Ouganda et au Rwanda, des précipitations plus abondantes et plus régulières permettent la pratique de cultures relativement extensives (respectivement 42, 35 et 45 pour cent) (FAOSTAT, 2001). Tous les pays de la sousrégion, à l’exception de l’Ouganda, pratiquent un pâturage extensif (FAOSTAT, 2001) ; dans les régions plus sèches, ce sont les nomades qui exercent cette activité, la production de bétail étant préférable aux aléas de l’agriculture.

La population d’Afrique orientale est essentiellement rurale (plus de 70 pour cent) et pratique une agriculture de subsistance (OMS/UNICEF, 2000). En Ethiopie, plus de 95 pour cent de la production agricole est le fait de petits exploitants qui travaillent de façon traditionnelle (FAO, 2000a). La croissance rapide de la population et l’augmentation de la demande alimentaire, associées à une extrême variation des précipitations et à de fréquentes sécheresses, exercent une pression sur les agriculteurs pour défricher davantage de terres et exploiter de plus en plus les zones à faible rendement. Le raccourcissement des périodes de jachère et la violence des précipitations contribuent à créer des conditions favorables à la dégradation des terres, à l’érosion des sols et à la désertification (NEMA, 2000). Pour cette sous-région, les principaux défis sont la pression démographique, les pratiques agricoles et la sécurité alimentaire.

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Récolte du café : une ouvrière cueille les cerises mûres en Tanzanie

Nigel Cattlin/Holt Studios