AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives

ETENDUE ET PRODUCTIVITE DES SYSTEMES DE CULTURE ET D’ELEVAGE EN AFRIQUE DU NORD

La superficie des zones cultivées de la sous-région a augmenté, passant d’environ 35 millions d’ha en 1970 à plus de 45 millions d’ha en 1999 (FAOSTAT, 2001). C’est au Soudan que cet accroissement a été le plus important (de 11 millions d’ha en 1970 à 17 millions d’ha en 2000), bien qu’il reste de vastes étendues de terre dont le potentiel agricole n’est pas encore exploité (FAOSTAT, 2001). Pour les autres pays, la quasi-totalité, voire la totalité, des terres arables sont cultivées, grâce à des progrès significatifs au niveau de la technologie et de l’ingénierie, au nombre desquels le barrage d’Assouan sur le Nil, en Egypte, la construction du canal Al-Salam, qui permet d’amener l’eau du Nil dans le Sinaï, toujours en Egypte, et la grande rivière artificielle souterraine, en Libye (Hegazy, 1999). Dans les autres pays, le potentiel de développement a été contrarié par la faible disponibilité de ressources en eau, l’inégalité de la répartition des richesses naturelles, l’absence de dépenses d’équipement, les ressources humaines, les capacités énergétiques et la configuration du terrain.

Le pourcentage de terres cultivées irriguées s’est aussi nettement accru depuis 30 ans, passant de 6 millions d’ha en 1970 à près de 8 millions d’ha en 1999 (FAOSTAT, 2001). La part des zones irriguées dans le total des zones agricoles va de 100 pour cent en Egypte à environ 15 pour cent au Maroc et au Soudan, où l’agriculture pluviale reste plus fiable (FAOSTAT, 2001). Cette expansion a toutefois été largement distancée par la croissance de la population, comme l’indique le recul du taux de terre cultivée par habitant, qui est passé de 0,59 ha en 1970 à 0,33 ha en 1990 (calculs réalisés d’après FAOSTAT, 2001). Les cultures et l’élevage ont vu leur production augmenter également depuis dix ans, mais là encore, la forte pression démographique a conduit à une chute de la production par habitant, comme en témoignent les figures 2f.6 et 2f.7 (FAOSTAT, 2001).

L’intensification et le développement de la production vivrière ont contribué à l’autosuffisance et à la sécurité alimentaire de la sous-région. Cela étant, les importations restent largement supérieures aux exportations et l’écart entre les deux ne cesse de se creuser (Miladi, 1999). L’Afrique du Nord est quasi autosuffisante pour ce qui est des légumes, des fruits et des tubercules (à plus de 97 pour cent), mais les taux d’autosuffisance pour le sucre, les céréales et les oléagineux sont respectivement de 33,2 pour cent, 57,3 pour cent et 62,7 pour cent (Ligue arabe, 1999).

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Figure 2f.6 Indices de production agricole pour l’Afrique du Nord, 1970–2000 (totale et par habitant)

Source : d’après FAOSTAT, 2001

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Figure 2f.7 Indices de production animale pour l’Afrique du Nord, 1970-2000 (totale et par habitant)

Source : d’après FAOSTAT, 2001