AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives

AFRIQUE DU NORD

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Projet d’irrigation à petite échelle : un nomade bédouin détourne un cours d’eau pour arroser ses cultures

Nigel Dickinson/Still Pictures

Du fait de l’extrême aridité du climat en Afrique du Nord, la pénurie de terres arables (ou de terres qui pourraient se prêter aux cultures) y constitue un grave problème. Le taux annuel de précipitations représente à peine 7 pour cent du total africain, avec de fortes variations d’une année sur l’autre et au cours d’une même année (FAO, 1995b). La répartition de ces précipitations entre les différents pays varie, elle aussi, le Soudan en recevant 70 pour cent, contre à peine 3 pour cent pour l’Egypte, où plus de 90 pour cent des précipitations sont perdues à cause de l’évaporation ou de la transpiration (FAO, 1995b). Ces rudes conditions climatiques, associées à des sols superficiels très sensibles à l’érosion, font de l’agriculture une activité très précaire. Les terres arables représentent 26,4 pour cent de la superficie totale, dont 18,7 pour cent sont actuellement cultivées, même si les surfaces cultivées vont de 2,6 pour cent en Egypte à 77,4 pour cent au Maroc (FAOSTAT, 2001). Les prairies occupent près de 13 pour cent de la superficie totale (en Algérie et au Soudan essentiellement) bien que, depuis 50 ans, la moitié de ces terres ait été reconquise à des fins de culture (OADA, 1998 ; Le Houerou, 1997).

En dépit de fortes contraintes physiques, l’agriculture et l’élevage contribuent pour beaucoup à la richesse de ces pays et participent de leurs modes de vie traditionnels. L’agriculture dans cette sous-région est donc en train de se dédoubler—avec un secteur agroalimentaire de haute technologie, en pleine expansion, qui se développe aux côtés d’une agriculture traditionnelle de petits exploitants. Dans pratiquement tous ces pays, certains agriculteurs moissonnent toujours à la main, alors que l’agriculture de rendement est lourdement mécanisée, faisant appel à des systèmes d’irrigation extrêmement sophistiqués et utilisant tracteurs, charrues polysocs et moissonneuses-batteuses. Il est urgent d’intégrer ces deux secteurs et d’exploiter les connaissances des uns et des autres (Lycett, 1987).

IMPORTANCE DES CULTURES ET DE L’ELEVAGE EN AFRIQUE DU NORD

En 1990, l’agriculture employait près de 37 pour cent de la main-d’œuvre des pays arabes et 69 pour cent au Soudan ; la part du secteur dans les pays arabes a donc fortement diminué, le taux étant de 51 pour cent dans les années 1970 et 80 (Banque mondiale, 2001). Les principales cultures de la sous-région sont les céréales (blé, orge, riz et sorgho), les fruits (agrumes, dattes et olives), les légumes (haricots), le sucre (de betterave et de canne) et les noix et les graines (sésame et arachides). Les exportations agricoles de l’Afrique du Nord (Soudan exclu) s’élevaient en 1999 à 2 451 millions d’USD en 1997, avec une valeur ajoutée agricole de 13 pour cent du PIB (Banque mondiale, 2001). L’agriculture de rendement dépend largement de l’irrigation et de l’utilisation d’engrais. En Egypte par exemple, toutes les terres cultivées sont irriguées, à l’inverse d’autres pays où la proportion est moindre (FAO, 1995b). Depuis dix ans, les pays d’Afrique du Nord ont utilisé entre un et 1,5 million de tonnes d’engrais par an, représentant plus ou moins 45 pour cent de la consommation africaine totale (Banque mondiale, 2001).

La population des pays d’Afrique du Nord a doublé entre 1970 et 2000 (passant de 85 millions d’habitants à 174 millions) et continue de progresser à un taux annuel moyen de 2 pour cent (PNUD, 1996 ; Banque mondiale, 2001). Ce phénomène, ajouté à une consommation et une demande croissantes d’aliments de luxe (Miladi, 1999), est à l’origine d’une pression grandissante sur la production agricole et sur les ressources naturelles. Les réponses conçues pour faire face à cette demande ont porté par exemple sur le renforcement de l’intensité culturale, l’augmentation des zones cultivées et une irrigation intensive associée à l’utilisation d’engrais et d’autres intrants (FAOSTAT, 2001).