AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives

ETENDUE ET PRODUCTIVITE DES SYSTEMES DE CULTURE ET D’ELEVAGE

En termes absolus, la productivité enregistrée ces 30 dernières années a, elle aussi, augmenté pour les cultures et pour l’élevage Cela étant, ces gains en zones cultivées et en productivité ont été annulés par la rapidité de la croissance démographique et, par conséquent, de l’accroissement de la demande alimentaire.

Face à une population en augmentation et à des politiques visant la croissance économique par le biais des exportations agricoles, la surface des terres cultivées n’a cessé de s’étendre, passant de 166 millions d’ha en 1970 à 202 millions d’ha en 1999. Les zones de terre d’élevage permanent ont quant à elles rapidement progressé entre 1985 et 1990, avant de décliner brutalement en 1999 (revenant plus ou moins aux chiffres de 1970), pour passer à 892 millions d’ha (FAOSTAT, 2001).

En termes absolus, la productivité enregistrée ces 30 dernières années a, elle aussi, augmenté pour les cultures et pour l’élevage (Figures 2f.2 et 2f.3). Cela étant, ces gains en zones cultivées et en productivité ont été annulés par la rapidité de la croissance démographique et, par conséquent, de l’accroissement de la demande alimentaire. Face à une augmentation de la production agricole de 2,3 pour cent en 1998 et de 2,1 pour cent en 1999, la croissance moyenne de la population a été de 2,5 pour cent, de sorte que la production agricole par habitant a chuté (FAO, 2001c). La superficie moyenne par habitant de terre arable effectivement cultivée a, elle aussi, diminué, du fait de la pression démographique, passant de 0,5 ha par habitant en 1965 à 0,3 ha par habitant en 1990 (Cleaver et Schreiber, 1994).

La croissance économique limitée, conjuguée à une multitude de politiques foncières et de pratiques de gestion (et à une pauvreté de plus en plus répandue ainsi qu’à la marginalisation des agriculteurs de subsistance), a, elle aussi, contribué aux faibles progrès de la situation nutritionnelle du continent et à l’augmentation de la dépendance à l’égard de l’aide alimentaire. Si la ration calorique quotidienne moyenne par habitant a légèrement augmenté, la quantité de personnes sous-alimentées en Afrique a doublé depuis 1970 (FAO, 2000a). La région est un importateur net de cultures céréalières pour la consommation intérieure et le rapport entre les importations et les exportations croît d’une manière vertigineuse. Les sécheresses périodiques ont compromis nombre de récoltes et entraîné une incapacité à accumuler des réserves alimentaires, à laquelle s’ajoutent les guerres civiles, autant de facteurs qui ont encore limité la répartition des aliments. Au cours des 30 dernières années, des millions de gens ont ainsi dû faire face à des pénuries alimentaires : ils étaient 28 millions en 2000, vivant dans au moins 16 pays d’Afrique subsaharienne (FAO, 2001d).

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Figure 2f.2 Indices de production agricole pour l’Afrique, 1970–2000 (totale et par habitant)

Source: compiled from FAOSTAT 2001

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Figure 2f.3 Indices de production animale pour l’Afrique, 1970–2000 (totale et par habitant)

Source: compiled from FAOSTAT 2001