AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives
PNUE

PRESENTATION REGIONALE

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Figure 2f.1 Carte de la couverture végétale et de l’utilisation des terres en Afrique

Source: UNEP.net

S’étendant sur 7 680 kilomètres (km) du nord au sud et sur 7 200 km d’est en ouest, l’Afrique est la deuxième région du monde, représentant 20 pour cent des terres émergées de la planète (soit 2 963 313 000 hectares [ha]) (FAOSTAT, 2001). Les zones arides ou semi-arides occupent près de 66 pour cent du continent africain, dont les précipitations sont extrêmement irrégulières (PNUE, 1999a). De part et d’autre de l’équateur, les régimes climatiques sont plus ou moins symétriques, comme en témoignent les types de végétation rencontrés : les denses forêts équatoriales sont présentes dans la ceinture équatoriale, qui bénéficie d’abondantes précipitations, pour être progressivement remplacées, plus on va vers le nord ou vers le sud, par la savane, les prairies et le désert. La forêt occupe près de 22 pour cent du continent africain (650 millions d’ha), contre 43 pour cent pour les déserts extrêmes (1 274 millions d’ha) et 21 pour cent pour les terres arables (630 millions d’ha) (FAO, 2001a ; Reich, Numbem, Almaraz et Eswaran, 2001 ; PNUE, 1999a). En 1999, on estimait à environ 200 millions d’ha (soit 32 pour cent des terres arables) la superficie de terres effectivement cultivées (FAOSTAT, 2001) et à 892 millions d’ha (30 pour cent du total) les terres consacrées au pâturage permanent (FAOSTAT, 2001).

L’Afrique possède d’abondantes ressources naturelles terrestres et présente un potentiel de développement économique, social et environnemental certain. Les modes d’exploitation des terres sont tout aussi variés et complexes, ne se limitant pas à la seule agriculture (laquelle, dans ce contexte, recouvre à la fois la culture et l’élevage). Nous avons déjà abordé la plupart de ces points dans les autres parties de ce chapitre ; nous nous intéresserons ici à la qualité des terres et à leur productivité, ainsi qu’au régime foncier, dans la mesure où ces questions sont liées aux systèmes de production et de sécurité alimentaires. La figure 2f.1 présente les différents types de végétation rencontrés en Afrique et les systèmes d’exploitation des terres utilisés en Afrique.

La contribution de l’agriculture à l’économie officielle et à l’emploi dans bon nombre de pays africains, même si elle est considérable, ne tient pas compte de l’importante contribution aux moyens de subsistance de l’exploitation à petite échelle et de l’élevage

Les Africains sont pour l’essentiel des ruraux, qu’ils soient petits exploitants agricoles ou bergers—ces derniers sont plus nombreux dans les zones plus arides de l’Afrique du Nord, de l’Afrique orientale et de l’Afrique australe ; ils élèvent du bétail, des chameaux, des moutons et des chèvres, et se déplacent en fonction de la densité saisonnière du fourrage. Les hommes comme les femmes jouent un rôle important dans l’agriculture, mais la plupart de ces dernières ont pour tâche essentielle de produire et de préparer la nourriture du foyer (FAO, 2001b). La culture permet aussi aux habitants des zones urbaines d’améliorer leur régime alimentaire et de s’assurer un revenu complémentaire ; cette forme d’agriculture urbaine se développe plus vite en Afrique que partout ailleurs dans le monde (Asomani-Boateng et Haight, 1999 ; Mougeot, 1998). Les autres ressources naturelles (produits médicinaux, matières premières pour la construction et l’artisanat, gibier et bois de chauffage) sont largement exploitées, elles aussi, pour la consommation des ménages et pour les échanges. Ensemble, elles répondent à plus de la moitié des besoins alimentaires des ménages et représentent plus de 40 pour cent de leurs revenus (voir par exemple Ashley et LaFranchi, 1997 ; Cavendish, 1999). Cette dépendance directe des Africains à l’égard de la terre, ajoutée à la forte dépendance économique de la plupart des pays africains à l’égard des ressources agricoles (et minérales) a fait naître en Afrique un respect unique de la terre, mais aussi des pressions exceptionnelles pour la production et une véritable concurrence pour les ressources.