AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives
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Femmes puisant de l’eau à un puits de village au Burkina Faso

Glen Christian/Still Pictures

Amélioration de la disponibilité et de l’accès aux ressources en eau douce en Afrique occidentale

La GIRE est reconnue comme une priorité pour l’Afrique occidentale. Toutefois, sa mise en œuvre a été restreinte par un certain nombre de facteurs. Les principaux obstacles sont les aptitudes techniques limitées de la sous-région, associées à la complexité de l’approche intégrée. En outre, la demande croissante en eau, la pollution de l’eau douce et les bouleversements du cycle hydrologique ont compliqué la gestion des ressources en eau. La détérioration de la plupart des infrastructures de collecte, de compilation, d’analyse et de diffusion des données hydrométéorologiques et hydrogéologiques, ainsi que l’absence de financement, ont abouti à un défaut d’entretien. Cette situation est aggravée par l’instabilité politique, due principalement aux conflits armés, aux luttes ethniques et à la participation locale insuffisante à la prise de décision. Cependant, certains pays ont adopté des stratégies de gestion intégrée et de développement des ressources en eau, ou promulgué des lois sur l’eau et créé des institutions pour appliquer ces lois. Des incitations économiques visant à la gestion de la demande en eau ont été mises en place avec succès dans certaines régions, par exemple, à Conakry, en Guinée (Encadré 2e.11).

Un projet récent visant à améliorer la qualité de l’eau dans 90 villages de Mauritanie a démontré l’importance de la participation des membres de la communauté à la conception, l’établissement et à l’entretien des installations. Ce programme financé par le PNUD a créé un réseau privé pour la construction et la maintenance des infrastructures d’adduction d’eau, procurant des emplois à la communauté, et assurant des stocks de pièces de rechange. Par ailleurs, un comité des points d’eau a été institué dans chaque village, afin de prendre en charge les coûts de gestion et de maintenance, et la population locale a été formée pour réparer les équipements. A l’issue du projet, plus de 90 pour cent des villages finançaient de manière indépendante l’entretien de leurs pompes, avec l’aide des personnes formées au cours du projet (UNDESA, 2000).

On note également une tendance croissante dans les pays d’Afrique occidentale à intensifier la surveillance, l’évaluation et la réforme des politiques dans le secteur des ressources en eau. De nouvelles mesures sont prises pour la préservation de l’eau et le développement d’infrastructures, visant à améliorer l’intégration de la gestion de l’eau et du sol. En outre, au cours des trois dernières décennies, de nombreuses organisations intergouvernementales chargées du développement et de la gestion du partage des fleuves de la région sont apparues (en particulier, dans le cadre de la gestion des fleuves Sénégal, Gambie et Niger), bien que leur performance actuelle reste bien inférieure à leur potentiel.

Encadré 2e.11 Participation du secteur privé aux services d’adduction d’eau en Afrique occidentale

En 1998, 50 pour cent de la totalité de l’eau pompée à Conakry (Guinée) n’était pas prise en compte et seulement 10 pour cent des factures d’eau faisaient l’objet d’un recouvrement.Depuis qu’une entreprise privée a pris en charge la gestion des services d’adduction d’eau dans la ville en 1989, les pertes en eau ont été divisées par deux, et 85 pour cent des factures sont désormais réglées. A Lomé (Togo), le service public de distribution d’eau a connu récemment des améliorations. Les pertes ne sont plus que de 20 pour cent, la quasi-totalité des factures est réglée et les subventions pour l’eau ne sont pas nécessaires.

Source:Ménard and Clarke, 1996