AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives

WESTERN AFRICAAFRIQUE OCCIDENTALE

La plupart des pays d’Afrique occidentale sont bien dotés en eau douce, sauf ceux situés à la bordure du Sahel, qui souffrent fréquemment de la sécheresse. L’accessibilité à l’eau douce et à sa gestion intégrée demeure néanmoins une préoccupation majeure en Afrique occidentale. La gestion inadaptée de l’eau douce et la rivalité entre les groupes d’utilisateurs limitent les efforts des gouvernements et de la communauté internationale visant à encourager le développement économique et à améliorer le niveau de vie en Afrique occidentale. Il existe également des inquiétudes croissantes quant à la qualité de l’eau, en termes de pollution issue des effluents domestiques et des eaux usées industrielles, notamment en zone côtière.

DISPONIBILITE DE L’EAU DOUCE EN AFRIQUE OCCIDENTALE

A l’exception du Cap-Vert, l’ensemble des pays de la sousrégion partagent des ressources en eau de surface avec un ou plusieurs autres pays. La sous-région est traversée par trois grands bassins hydrographiques. Le bassin du Niger arrose une zone de 2 millions de km2 (33 pour cent de la surface totale de la sous-région) et concerne 9 des 16 pays de la sous-région, dont le Cameroun et le Tchad. Les autres bassins principaux sont les suivants : le bassin du Sénégal, partagé par quatre pays, le bassin de la Gambie, partagé par trois pays, le bassin du Bandama en Côte d’Ivoire, le bassin de la Komoé, commun à quatre pays et le bassin de la Volta, partagé par cinq pays. Les ressources en eau douce de la sous-région sont inégalement réparties entre les pays. Le Liberia, par exemple, dispose de ressources internes renouvelables de plus de 63 000 m3/habitant/an, contre seulement 150 m3/habitant/an pour la Mauritanie (PNUD et al., 2000). Les variations temporelles des précipitations sont courantes dans l’ensemble de la sousrégion, mais seuls les pays au nord de la zone sahélienne (Mali, Mauritanie, et Niger) connaissent régulièrement la sécheresse, tandis que les pays de la ceinture côtière plus humide sont périodiquement touchés par des inondations.

On observe trois grands types de nappes phréatiques dans la région, notamment : aquifères de base, aquifères sédimentaires côtiers profonds et aquifères superficiels. La disponibilité des nappes phréatiques varie considérablement d’un type de substrat à un autre et selon le niveau local des précipitations et de l’infiltration, qui détermine l’entrée d’eau réelle. En Mauritanie, par exemple, les ressources souterraines internes renouvelables sont estimées à 0,3 km3/an (FAOSTAT, 1997) et il s’agit de sources importantes d’eau pour l’usage domestique, l’irrigation et l’abreuvage des animaux d’élevage. Environ 400 000 personnes vivent dans les 218 oasis et dépendent des 31 400 puits à l’extraction manuelle de l’eau (FAOSTAT, 1997). L’eau est utilisée pour irriguer 4 751 ha de palmiers et les 244 ha de cultures par an qu’ils abritent (FAOSTAT, 1997).

Six pays d’Afrique occidentale devraient être touchés par la pénurie d’eau d’ici 2025, à savoir : Bénin, Burkina Faso, Ghana, Mauritanie, Niger et Nigeria (Johns Hopkins, 1998). Les changements climatiques sont censés provoquer une réduction des précipitations et une évaporation accrue dans les régions du nord, accélérant le taux de désertification au Sahel (GIEC, 2001). Les pays de la zone côtière sont susceptibles d’assister à des averses plus intenses et à un ruissellement plus marqué. Associée aux taux élevés de déforestation et de dégradation de la couverture végétale, cette tendance pourrait avoir des conséquences graves sur l’érosion du sol et la productivité agricole.

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Figure 2e.10 Consommation d’eau par secteur en Afrique occidentale, 1900–2025

Source: Shiklomanov 1999

Accès aux ressources en eau douce en Afrique occidentale

La demande en eau a progressé de manière continue dans l’ensemble des secteurs, en raison de la croissance démographique, de l’expansion de l’agriculture commerciale et du développement industriel. Le total des ponctions actuelles en eau pour la consommation domestique, industrielle et agricole est de 11 km3/an, et la demande en eau issue de l’ensemble des secteurs devrait croître à 36 km3/an d’ici 2025, comme le montre la figure 2e.10 (PNUD et al. 2000, Shiklomanov, 1999).

Les fleuves Volta et Niger ont été endigués afin de fournir de l’eau pour l’irrigation et la consommation domestique, ainsi que pour la production d’énergie hydroélectrique. Toutefois, ces mesures ont entraîné des problèmes d’érosion accélérée dans la zone côtière, ainsi que la marginalisation des bergers, dépendants des crues saisonnières (par exemple, Acreman, 1999). Bien que l’agriculture soit le secteur le plus gourmand en eau, représentant 70 pour cent de toutes les ponctions de la sous-région en 1995 (Shiklomanov, 1999), le potentiel d’irrigation reste largement inexploité, notamment dans la zone soudano-sahélienne, où seulement 16 pour cent (5,3 millions d’ha) de terres potentiellement irriguées ont été développées (Falloux et Kukendi, 1988).

L’accès à l’eau courante et à l’assainissement reste faible, malgré des améliorations considérables réalisées au cours de la Décennie Internationale de l’eau potable et de l’assainissement (1981–1990). En 2000, la couverture totale de l’approvisionnement en eau a été la plus élevée au Sénégal (78 pour cent) et la plus faible au Sierra Leone (23 pour cent), avec la plupart des zones urbaines de la sous-région mieux loties que les zones rurales (OMS/UNICEF, 2000).