AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives

Accès à l’eau douce en Afrique orientale

Même lorsque l’eau douce est potentiellement disponible, elle n’est pas toujours accessible. En Ethiopie, par exemple, malgré un réseau étendu de lacs et de rivières, seulement 24 pour cent de la population du pays a accès à de l’eau saine et seulement 13 pour cent en zones rurales (OMS/UNICEF, 2000). A Djibouti, en revanche, les ressources en eau et la couverture du système d’assainissement est de 100 pour cent à la fois en zone urbaine et rurale (OMS/UNICEF, 2000). Un obstacle considérable au développement efficace du stockage, du traitement et de la distribution de l’eau est la fragmentation des responsabilités entre les ministères, comme le montre l’exemple éthiopien (Encadré 2e.5).

Encadré 2e.5 Gestion des ressources en eau en Ethiopie

Jusqu’au début des années 1990, il existait huit agences gouvernementales impliquées dans le développement et la fourniture de ressources en eau en Ethiopie. La Commission Nationale des Ressources en Eau était responsable de l’irrigation. L’Agence pour le Développement des Ressources en Eau était chargée de la conception, de la mise en œuvre et du fonctionnement de projets d’irrigation à moyenne et grande échelle. La planification et la mise en place de l’irrigation à petite échelle étaient confiées au département du Développement de l’Irrigation au sein du ministère de l’Agriculture. Les études de faisabilité et la planification des programmes d’irrigation étaient entreprises par l’autorité éthiopienne pour l’étude du développement des vallées (Valleys Development Studies Authority) et l’agence de forage de puits, qui a pris la succession de l’ agence de développement des vallées (Valley Development Agency). L’ agence éthiopienne de construction des ouvrages hydrauliques (Ethiopian Water Works Construction Agency) a bâti toutes les infrastructures des projets liés à l’eau, et l’Autorité d’adduction d’eau et d’évacuation des eaux usées fournissait des services de distribution d’eau et d’assainissement aux habitats urbains et ruraux. Il n’était pas surprenant de constater souvent une redondance des efforts et un gaspillage des ressources parmi cette myriade d’agences autonomes et semi-autonomes. La couverture géographique de la fourniture de services d’adduction d’eau était en outre incomplète. En 1994, le ministère des Ressources en Eau a été institué en tant qu’agence gouvernementale unique et unifiée, chargée du développement des ressources en eau en Ethiopie.

Source: Rahmato 1999

Amélioration de la disponibilité et de l’accès à l’eau douce en Afrique orientale

Les principaux programmes internationaux pour la gestion des ressources en eau dans la sous-région sont le projet de gestion de l’environnement du lac Victoria (LVEMP, Lake Victoria Environmental Management Project) et l’Initiative du Bassin du Nil. Le LVEMP a été inauguré en 1995 et financé par le FEM. Ses objectifs sont les suivants : gestion de la pêche, lutte contre la pollution, limitation de la prolifération des herbes aquatiques et gestion de l’utilisation du bassin hydrographique. Les réalisations jusqu’ici comprennent : lutte biologique contre de la jacinthe d’eau (Eichornia crassipes), participation des communautés locales à la recherche et à la gestion de la pêche et reboisement dans le bassin hydrographique environnant.

A l’échelon national, les interventions comprennent : révision des politiques de développement des ressources en eau, amélioration des infrastructures et systèmes de traitement et participation accrue des parties prenantes à la gestion et à l’approvisionnement en eau. Au Kenya, des programmes d’adduction d’eau et d’assainissement ont été commercialisés dans des zones pilotes à Kericho, Eldoret et Nyeri. Ces projets pilotes étudieront si la privatisation contribue à réaliser les objectifs de la loi kenyane sur l’eau (Cap. 372), notamment, visant à améliorer l’approvisionnement, la conservation, le contrôle, la répartition et l’utilisation de l’eau au Kenya. Un organisme international de donateurs, SIDA (Agence suédoise pour le développement international), apporte également son aide au gouvernement Kenyan pour élaborer une nouvelle politique sur l’eau qui soutienne les droits des villages à détenir et exploiter leurs propres systèmes d’adduction d’eau (SIDA, 2000).

L’objectif à long terme de l’Ouganda dans le secteur de l’eau est un système de couverture intégrale des coûts pour les services fournis, mais avec des services d’adduction d’eau potable subventionnés pour les groupes à faible revenu. Dans les zones urbaines, la responsabilité de l’approvisionnement en eau a été décentralisée au profit des collectivités locales, au détriment du département national de développement des reseaux de distribution d’eau (National Water Development Department) Les systèmes d’adduction d’eau potable et d’assainissement en Ouganda ont fait l’objet d’une amélioration, bien que les taux d’approvisionnement en zone rurale (moins de 50 pour cent de la population) soient distancés par ceux de la zone urbaine (60 à 75 pour cent) (NEMA, 2001). Une politique nationale des zones humides a été formulée et adoptée par le gouvernement ougandais en 1994, incitant entre autres à la mise en place de capacités pour la gestion des zones humides, la sensibilisation du public et l’estimation des ressources des zones humides. Lorsque la construction des habitations le permet, l’eau de pluie est également récupérée.

En 2001, l’Ethiopie a lancé un processus visant à mettre au point un plan d’action stratégique pour la réalisation des objectifs de la politique nationale sur l’eau. Cette stratégie accorde la priorité à l’intérêt et aux rôles des différentes parties prenantes, qui sont invitées à faire des suggestions pour la mise au point de la stratégie.