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| Figure 2e.6 Consommation d’eau par secteur en Afrique du Nord, 1900–2025 Source: Shiklomanov 1999 |
La couverture de l’approvisionnement en eau dans la sousrégion est en général élevée (entre 72 pour cent en Libye et 95 pour cent en Egypte), même si les zones urbaines sont mieux ravitaillées que les zones rurales. Dans ces dernières, l’approvisionnement est variable (de 58 au Maroc à 94 pour cent en Egypte) (OMS/UNICEF, 2000). L’accès à un système d’assainissement est également satisfaisant en général mais, là encore, les zones urbaines sont mieux loties que les zones rurales (OMS/UNICEF, 2000). Cela est dû aux niveaux élevés du développement des ressources en eau, mis en œuvre par les gouvernements des pays d’Afrique du Nord. Toutefois, la demande en eau de la part de l’ensemble des secteurs augmente rapidement, soumettant à une pression énorme les écosystèmes qui assurent et régulent la disponibilité et la qualité de l’eau (Figure 2e.6).
L’agriculture, notamment la production de cultures de rendement, est largement tributaire de l’irrigation et consomme plus de 80 pour cent des ponctions, alors que l’industrie et le secteur domestique ne représentent que 5,6 pour cent et 10 pour cent des ponctions respectivement (PNUD et al., 2000). Les zones irriguées forment 100 pour cent des aires cultivées en Egypte, 26 pour cent au Soudan et 9 pour cent en Tunisie (FAOSTAT, 1997). En réaction à la demande croissante et à la raréfaction de l’eau, certains pays complètent leurs ressources en eau via la désalinisation et la réutilisation des eaux usées traitées. La Tunisie, par exemple, ajoute à l’extraction de surface et souterraine 8,3 millions de m3/an d’au de mer dessalée et 20 millions de m3/an d’eaux usées traitées (FAOSTAT, 1997). En Egypte, 8 pour cent du total de l’eau utilisée provient de la réutilisation des eaux usées à usage agricole ou municipal, et moins de 1 pour cent vient de la désalinisation de l’eau de mer, bien que le secteur du tourisme florissant incite à la multiplication de la capacité actuelle de désalinisation d’ici 2010 (FAOSTAT, 1997).
La nature pluridisciplinaire des problèmes liés à l’eau exige de nouvelles méthodes visant à intégrer les aspects techniques, hydrologiques, économiques, environnementaux, sociaux et juridiques au sein d’un cadre cohérent de GIRE (McKinney et al., 1999). Depuis les années 1990, la plupart des pays d’Afrique du Nord ont pris conscience que le scénario qui consiste à traiter les questions de gestion de l’eau et de sécurité comme d’habitude ne convient plus pour faire face aux défis de l’avenir, et ils commencent à mettre en place des stratégies de GIRE. Les pays ont commencé à créer des environnements pour cette Gestion Intégrée en mettant en place des cadres juridiques et institutionnels visant à un fonctionnement efficace. Par exemple, l’Egypte, le Maroc et la Tunisie ont mis au point des politiques nationales et des programmes-cadres destinés à la gestion de l’eau, en se fondant sur les principes de GIRE, et le gouvernement algérien a créé cinq organismes chargés des bassins pour la GIRE. En Tunisie et en Egypte, des programmes de régénération des nappes phréatiques ont été adoptés, avec des modèles équitables d’usage de l’eau entre les groupes d’utilisateurs. Des associations pour l’utilisation de l’eau ont également été instituées officiellement au Maroc et en Tunisie. Egalement dans le cadre de la GIRE, un programme national de gestion de la sécheresse a été mis en place au Maroc, et un programme national de réduction du déversement des eaux usées dans le Nil a été lancé avec succès en Egypte. Toutefois, un soutien continu à la GIRE est requis dans les domaines suivants : mise en place des capacités, coordination institutionnelle, optimisation de l’échange et du traitement de l’information, financement viable et engagement politique.
L’Initiative du Bassin du Nil représente un excellent exemple de coopération dans le cadre de la GIRE entre les dix pays riverains du Nil (Encadré 2e.3). L’autorité conjointe de l’aquifère des grès de Nubie constitue un autre exemple de coopération entre Soudan, Libye, Egypte et Tchad, visant à formuler et à contrôler les stratégies d’utilisation rationnelle de l’aquifère des grès de Nubie.
| Encadré 2e.3 Surmonter les conflits associés aux ressources en eau transfrontalières | |
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| Source : EIA, 2000 ; CICN, 2001 |