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| UNEP |
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| Figure 2e.1 Disponibilité annuelle en eau renouvelable par habitant, 1995 Source : Shiklomanov, 1999 |
La disponibilité de l’eau douce est l’un des facteurs les plus critiques du développement, notamment en Afrique. Environ 71 pour cent de la surface de la terre est constituée d’eau. Toutefois, l’eau douce représente moins de 3 pour cent et la majeure partie apparaît sous la forme de glace et de neige dans les régions polaires ou de nappes souterraines aquifères.
La part africaine des ressources mondiales en eau douce est d’environ 9 pour cent, soit 4 050 km3/an (Shiklomanov,1999 ; PNUD, PNUE, Banque mondiale et Institut des ressources mondiales, 2000). Ces ressources en eau douce sont réparties inégalement à travers le continent, l’Afrique occidentale et centrale jouissant de précipitations plus importantes que l’Afrique du Nord, la Corne de l’Afrique et l’Afrique australe. Le pays le plus humide, la République démocratique du Congo (RDC), dispose de presque 25 pour cent des ressources annuelles moyennes, internes et renouvelables de l’Afrique en eau, avec 935 km3/an. Au contraire, le pays le plus sec, à savoir la Mauritanie, n’affiche que 0,4 km3/an, ou 0,01 pour cent du total de l’Afrique (PNUD et al., 2000). La disponibilité moyenne d’eau par personne en Afrique est d5 720 m3/habitant/an, comparée à une moyenne mondiale de 7 600 m3/habitant/an, mais il existe de grandes disparités entre les sous-régions, comme l’indique la figure 2e.1.
Les problèmes de disponibilité de l’eau douce en Afrique sont aggravés en outre par les niveaux extrêmement variables des précipitations. En conséquence, un grand nombre de personnes dépendent de la nappe phréatique comme source principale d’eau douce. En Algérie, par exemple, plus de 60 pour cent et en Libye, 95 pour cent de toutes les ponctions en eau sont issues des nappes phréatiques (PNUD et al., 2000). Certains pays, dont l’Algérie, l’Egypte, la Libye, Maurice, le Maroc, l’Afrique du Sud et la Tunisie, ont recours à de l’eau désalinisée afin de répondre à leurs besoins (PNUD et al., 2000 ; GOM/ERM, 1998).
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| Figure 2e.2 Pays susceptibles de connaître un stress hydrique ou une pénurie d’eau, en 2025 Source : PNUE, 1999a |
La plupart des pays africains connaissent également
des extrêmes en matière de précipitations (inondations ou
sécheresses périodiques). Il est manifeste que les inondations
comme les sécheresses ont vu leur fréquence et leur gravité
augmenter au cours des 30 dernières années (OFDA, 2000). Notamment,
la zone sahélienne a connu un
déclin continu des précipitations, si l’on compare avec
les moyennes d’avant les années 1960, et le lac Tchad a été
réduit à 5 pour cent de sa taille d’il y a 35 ans (Système
d’observation de la Terre de la NASA, 2001). De graves sécheresses
ont eu lieu en 1973 et 1984, lorsque presque tous les pays africains ont souffert
de la diminution des précipitations, et des millions de personnes dans
la Corne de l’Afrique, au Sahel et en Afrique australe ont été
affectés.
Les lacs d’eau douce en Afrique ont un volume total de 30 567 km3, couvrant
une surface de 165 581 km2. Non seulement ils jouent un rôle capital dans
la régulation de l’écoulement, la limitation des inondations
et le stockage de l’eau, mais ils sont également importants pour
répondre aux besoins humains. Le lac Tanganyika à lui seul pourrait
fournir de l’eau à 400 millions de personnes via le prélèvement
annuel de moins de 1 pour cent de son volume (Khroda, 1996). A l’exception
du lac Tana en Ethiopie, tous les lacs africains sont traversés de frontières,
ce qui rend la coopération internationale une condition nécessaire
à l’usage équitable et au développement des ressources
lacustres. Les
zones humides couvrent 1 pour cent de la surface totale de l’Afrique et
sont présentes dans chaque pays (CMSC, 1992). Les plus vastes zones humides
sont les suivantes : les marécages du Zaïre, le Sudd dans la partie
supérieure du Nil, le bassin du lac Victoria, le bassin du Tchad, le
delta de l’Okavango, les marécages Bangweulu et les plaines inondables
et les deltas des fleuves Niger et Zambèze.
L’Afrique, qui affiche le taux de croissance démographique le plus élevé au monde, est également l’une des régions les plus vulnérables face aux changements climatiques. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) prévoit une baisse du ruissellement et de la disponibilité moyenne en eau dans les pays d’Afrique du Nord et d’Afrique australe, influençant les écosystèmes en eau douce et faisant avancer la désertification au Sahel et en Afrique du Nord (GIEC, 2001). En outre, la fréquence accrue des inondations et des sécheresses va également exercer une pression sur les écosystèmes en eau douce et les réseaux d’approvisionnement en eau. Ainsi, 25 pays africains devraient connaître une pénurie d’eau ou des difficultés d’approvisionnement au cours des 20 à 30 prochaines années, comme l’indique la figure 2e.2 (PNUE 1999a).
Tous les facteurs ci-dessus sont réunis pour poser d’énormes difficultés au stockage, à l’approvisionnement et à la distribution de l’eau, ainsi qu’à son traitement (assainissement et épuration des eaux usées). Malgré des efforts considérables pour développer le stockage de l’eau et les infrastructures, notamment au cours des 30 dernières années, un grand nombre de gens demeurent privés d’un accès à l’eau d’usage domestique et beaucoup de paysans n’ont pas accès à l’eau à des fins d’irrigation. En revanche, certains utilisateurs industriels, agricoles et domestiques ont accès à des réserves d’eau subventionnées, ce qui ne les incite pas à user de l’eau avec parcimonie, à la réutiliser ou à la recycler. L’accès aux ressources en eau est donc une question prioritaire pour les pays d’Afrique, avec des préoccupations accrues concernant la qualité de l’eau dues au prélèvement excessif, au déclin des réserves et à la pollution d’origines multiples.
| Encadré 2e.1 Vision africaine de l’eau | |
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| Source : Conseil mondial de l’eau, 2000 |