Les forêts recouvrent environ 22 pour cent de l’Afrique et vont de la savane ouverte à la forêt tropicale dense. Les forêts fournissent un grand nombre de biens et services dont bénéficient les communautés locales et les économies nationales, ainsi que l’environnement au niveau planétaire. Il existe des produits forestiers utilisés à des fins commerciales, comme le bois destiné au secteur du bâtiment ou à la fabrication de papier, mais les ressources forestières offrent bien plus que cela aux communautés locales, notamment nourriture, matériaux de construction, zones de pâturage pour le bétail, produits culturels et médicinaux, sites consacrés aux pratiques religieuses ou aux activités de loisir, et combustible pour la cuisine, le chauffage et l’éclairage. Les forêts protègent et stabilisent les sols, recyclent les nutriments afin de maintenir la qualité des sols et de réguler l’écoulement et la qualité de l’eau. Les forêts constituent également de vastes réservoirs du dioxyde de carbone de l’atmosphère et jouent donc un rôle stratégique dans l’atténuation des changements climatiques, dont les impacts prévus seront des plus graves pour les pays d’Afrique et autres pays en développement. En protégeant les sols et en régulant les températures, les précipitations et les systèmes hydrologiques, les forêts fournissent des systèmes de soutien essentiels à l’agriculture et l’industrie, et par conséquent aux économies, des nations africaines.
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Bien que de nombreux pays d’Afrique possèdent des réserves forestières protégées, aient lancé des programmes de reboisement et de reconstitution des forêts, et élaboré des politiques et programmes de gestion durable des forêts, les pressions demeurent. Elles risquent fort en outre de s’accentuer, du fait de la croissance démographique et de l’augmentation de la demande en ressources forestières. Les pays en développement ont du mal à engager les dépenses nécessaires en termes de finances et de ressources humaines pour pouvoir refuser les devises étrangères qui font cruellement défaut et qui leur sont offertes contre des concessions d’exploitation forestière. Pour y parvenir, la valeur réelle des ressources et services forestiers desquels dépendent les communautés locales et la communauté internationale doit être rendue très explicite et être soit incorporée au prix des produits forestiers soit commercialisée sur le marché libre. Les priorités de développement économique et social doivent être intégrées aux mesures de protection de la forêt, afin que les communautés locales puissent bénéficier de la gestion des ressources et des profits générés par la commercialisation des produits. Ceci exige une meilleure compréhension des différents types de forêts et de la complexité des problèmes qui se posent, l’établissement d’objectifs clairs et l’engagement de ressources pour la mise en œuvre de politiques de développement durable. Divers éléments doivent être pris en compte, notamment la reconnaissance des caractéristiques intrinsèques de l’environnement physique local, les impacts des changements climatiques, les facteurs de déforestation, les compétences en termes de gestion des forêts, la rareté des ressources forestières, les traditions fortement ancrées et les impacts dus à l’homme, les enjeux économiques et les événements politiques. Des efforts concertés doivent également être faits, afin d’offrir des sources d’énergie de substitution, des solutions plus rentables d’utilisation de l’énergie (tels que les fours en pisé), ainsi que des revenus aux populations qui dépendent des forêts naturelles. Parmi les solutions principales aux problèmes forestiers de la région figurent le reboisement des zones d’origine plus prospères et la reconstitution des forêts multifonctions pouvant servir au pâturage, à la production de bois et à d’autres utilisations traditionnelles. L’établissement de forêts multifonctions permettra de diversifier la production, atout considérable pour éviter la surexploitation des forêts monofonctionnelles.