AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives

Vers une gestion et une protection durables des forêts et zones boisées d’Afrique occidentale

Les colonisateurs européens ont posé les fondements d’une gestion moderne des forêts dans la plupart des pays de la sous-région. Lors de leur indépendance (il y a environ 40 ans), ces pays ont hérité des systèmes de gestion des ressources forestières et de la faune et flore sauvages, institutionnalisés sous forme de zones protégées appartenant à l’Etat. Les forêts des zones protégées vont de 77 pour cent au Niger à 1 pour cent en Guinée-Bissau et au Liberia (FAO, 2001a). L’organisme de protection de l’environnement Conservation International a joué un rôle prépondérant dans le développement et la mise en œuvre de programmes de gestion, destinés à préserver les points névralgiques fragmentés de la Forêt de Haute Guinée. Parmi ses diverses activités figurent les évaluations environnementales et l’identification des priorités en termes de besoins de protection, l’établissement des capacités des agences de gestion des ressources naturelles, la création d’emplois de gardes forestiers pour les communautés locales et le développement du tourisme (Conservation International, 2001). Il œuvre également à des programmes de reboisement de grande envergure, mais leur mise en place s’est heurtée à de nombreuses difficultés. De nouvelles approches du type « projets de base », mettant l’accent sur les initiatives des communautés locales, ont été introduites dans certains pays (Compaoré, Issaka & Yacouba, 2000). La réintroduction et l’élargissement de pratiques de protection des forêts indigènes ont également porté des fruits dans certaines régions de l’Afrique occidentale (Encadré 2d.8).

Encadré 2d.8 Pratiques forestières indigènes des agriculteurs de Sierra Leone
En Sierra Leone, les agriculteurs conservent généralement un couvert forestier à 3 à 5 mètres des sentiers, afin que les utilisateurs de ces sentiers bénéficient d’une ombre continue au plus haut de la
saison chaude, soit mars et avril. Le déboisement d’une zone agricole exclut généralement la végétation forestière en bordure du site, dans le but d’encourager la reproduction de la flore et de la faune sauvages, y
compris les poissons, et d’établir une limite définie entre les champs de l’agriculteur et les terrains communs. Ces pratiques pourraient servir de base à l’utilisation des connaissances traditionnelles dans l’élaboration de stratégies modernes de conservation.

Source : E.K.Alieu,Directeur des Forêts Ministère de l’Agriculture, des Forêts et des Ressources Marines, Sierra Leone


Depuis les années 1980, la sous-région a vu l’apparition de projets liés à la gestion des forêts naturelles, dans le cadre de la préparation et de la mise en œuvre de plans et stratégies de gestion forestière. En outre, en réponse au Plan d’Action Forestier Tropical, de nombreux pays d’Afrique occidentale ont lancé des programmes importants de révision du secteur forestier au cours des 10 dernières années. Des critères et indicateurs pour une gestion durable des forêts sont en cours d’élaboration et d’application, avec la coordination de l’OAB, dans tous les pays d’Afrique occidentale, à l’exception du Bénin, de la Guinée et de la Sierra Leone. Des plans de gestion sont en place dans certaines forêts du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire et du Togo (FAO, 2001a). En octobre 2000, l’OAB a annoncé son intention de coordonner un système commun de certification du bois d’œuvre et des produits forestiers, afin de garantir au consommateur que le bois provient bien de forêts bénéficiant d’une gestion durable.

Les mesures politiques destinées à réduire les pressions exercées sur les forêts et les zones boisées par la récolte de bois de chauffage et de bois servant à la production de charbon de bois comprennent notamment le développement et l’extension de la production d’énergie à partir de ressources renouvelables (énergie hydraulique et solaire, par exemple) ainsi que la production d’énergie centralisée à partir de combustibles fossiles utilisant une technologie moins polluante. Dans le cadre du Protocole de Kyoto, les pays d’Afrique en développement recevront des fonds destinés au développement et à l’adoption de technologies moins polluantes, ainsi qu’à des programmes de plantation d’arbres et de reconstitution des forêts.