L’Afrique occidentale est caractérisée par des différences climatiques marquées, ce qui se reflète dans les zones de couvert végétal. Les forêts ombrophiles denses et les forêts à feuillage semi-caduc dominent dans la ceinture littorale. Plus au nord, la transition se fait entre forêt et savane, laquelle finit par laisser la place à la savane subsahélienne dans le nord du Mali, en Mauritanie et au Niger. Au total, 72 millions d’hectares de forêt étaient recensés en 2000, soit presque 12 pour cent de la superficie totale de la sous-région et 11 pour cent de la totalité du couvert forestier d’Afrique (FAO, 2001a).
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| Figure 2d.8 Carte de la fôret de Haute Guinée Conservation International |
L’exploitation forestière à des fins commerciales est une activité extensive et lucrative en Afrique occidentale, où elle représente un apport considérable de revenus et de devises étrangères. En 1998, par exemple, la Côte d’Ivoire a exporté des produits ligneux d’une valeur de 228 millions d’USD (principalement bois de sciage) et le Ghana 140 millions d’USD (FAO, 2001a). Les produits provenant des forêts et zones boisées sont extrêmement importants pour les communautés locales et les habitants d’Afrique occidentale dépendent fortement des ressources de la forêt et de la savane, principalement le bois, pour satisfaire leurs besoins en énergie. En 2000, plus de 175 millions de m3 de bois étaient utilisés en Afrique occidentale comme bois de chauffage ou pour la production de charbon de bois (FAO, 2001b). En Gambie, 85 pour cent des besoins d’énergie sont satisfaits par le bois et le charbon de bois ; au Niger, les biocombustibles, principalement le bois, répondent à 90 pour cent des besoins (FAO, 2001a). Parmi les autres ressources fortement utilisées par les communautés locales figurent la faune (viande de brousse), les plantes médicinales, le bois et le rotin pour le bâtiment, la fabrication de meubles et l’artisanat, le miel, les noix et les fruits, le fourrage, la gomme, les teintures, les infusions, les épices et les aromates. L’aliment sauvage le plus utilisé est l’igname sauvage, aliment incontournable en Afrique occidentale. Les palmiers, ainsi que 35 autres espèces, constituent une ressource importante pour la production de vin et de bière, une production qui représente un apport considérable au revenu journalier des ménages ruraux d’Afrique occidentale (African Ethnobotany Network, 2000). Le « chou » du palmier, cuisiné en bouillie, est un aliment important de la « période de soudure », qui a lieu pendant la saison des pluies, juste avant la récolte du riz.