AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives

Vers une gestion et une protection durables des forêts et zones boisées en Afrique centrale

L’importance des forêts et des ressources forestières en Afrique centrale a poussé les parties prenantes, en
particulier gouvernements, communauté internationale et ONG, à intensifier les mesures de gestion et de protection
durables des ressources forestières Les pays de la sousrégion ont engagé des programmes de reboisement dans
les zones déboisées, et de régénération et de remise en état des forêts lorsqu’il y a eu dégradation. Malheureusement,
aucune donnée n’est disponible pour évaluer la portée de telles actions. Parmi les autres mesures appliquées figure la
protection des forêts via l’établissement de zones protégées, dont l’étendue varie entre un total de 27 pour
cent de forêts et zones boisées au Tchad et 9 pour cent en République démocratique du Congo (FAO, 2001a). La
coopération régionale pour la protection des forêts s’est également renforcée au cours des dernières années, grâce
au Sommet de Yaoundé sur les forêts et à la Déclaration de Yaoundé (Encadré 2d.7).

Encadré 2d.7 Coopération internationale en Afrique centrale

Manifestation d’importance considérable à laquelle coopéraient les pays d’Afrique centrale pour la conservation des forêts tropicales, le Sommet de Yaoundé sur les forêts s’est tenu au Cameroun en mars 1999. Le Sommet a donné naissance à la Déclaration de Yaoundé, signée par le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad, le Congo, la République démocratique du Congo, la Guinée équatoriale et le Gabon. Cette déclaration consiste en un plan d’action en 12 points pour la conservation durable des forêts d’Afrique centrale, par le biais d’engagements comme la création et l’extension de zones forestières protégées et la mise en place de projets destinés à combattre l’abattage illégal et le braconnage. En décembre 2000, les chefs d’Etat de ces pays se sont à nouveau réunis et des projets ont été mis en place pour l’établissement d’un parc transfrontalier, à cheval sur le Cameroun, la République centrafricaine et le Congo. Le parc, qui sera baptisé Parc de Sangha, est le résultat de la fusion de zones protégées existantes dans les trois pays et des forêts de production et des zones de chasses qui les entourent, soit une superficie totale d’un million d’hectares. Premier parc du genre en Afrique centrale, il permettra d’effectuer une harmonisation des politiques nationales dans le domaine des forêts, du respect des lois, de la recherche et du suivi.

Source:WWF 2000

A l’exception du Tchad, tous les pays d’Afrique centrale font partie de l’OAB et ont élaboré des critères et indicateurs de gestion durable des forêts sous ses auspices. Le Tchad a élaboré des critères et indicateurs via le Processus pour les zones arides d’Afrique. Parmi les autres initiatives sous-régionales figure le Programme régional d’Afrique centrale pour l’environnement (CARPE), une initiative à long terme de l’USAID destinée à aborder les problèmes de déforestation et de perte de la biodiversité dans la zone forestière du bassin du Congo. CARPE collabore avec tous les gouvernements de la sous-région, ainsi qu’avec des organismes américains bénévoles du secteur privé et des agences fédérales concernées. Son programme pilote d’une durée de 5 ans a été conçu dans le but de rassembler et de diffuser des informations de base sur les ressources forestières, mais aussi pour déterminer les menaces pesant sur les forêts et les possibilités de gestion durable et d’en établir les priorités. Il vise également à renforcer les capacités des décideurs en termes de gestion durable des forêts.

Autre programme sous-régional, l’ECOFAC (Ecosystèmes forestiers d’Afrique centrale) cherche à réconcilier développement et protection du milieu naturel, en collaborant étroitement avec les communautés locales et les parties prenantes. Des efforts soutenus ont jusqu’ici été réalisés afin d’établir des inventaires botaniques et de documenter les informations sur les dynamiques forestières (productivité, mortalité, régénération et phénologie). Ces données offrent une base pour comprendre le fonctionnement de l’écosystème et mettre en œuvre un développement durable des ressources. L’ECOFAC a également collaboré étroitement avec des groupes autochtones et étudié leurs interactions avec l’environnement, ainsi que les pressions exercées sur les ressources forestières par divers groupes et activités.

De nombreux pays de la région ont revu leurs politiques et/ou mis sur pied des plans d’action nationaux pour l’environnement ou des stratégies de conservation de la biodiversité. Cependant, leur succès dépend de la volonté politique, des ressources financières, de la formation du personnel et de la mise à disposition du matériel adéquat pour faire respecter les nouvelles réglementations et mesures de protection. Ces réponses ont eu plusieurs effets, notamment une meilleure disponibilité de l’information sur la gestion durable des forêts, une sensibilisation accrue aux questions forestières, des efforts de reboisement limités et l’extension des zones protégées.