AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives
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Abattage illégal de camphriers, réserve forestière du Kilimandjaro, Tanzanie

Christian Lambrechts, UNF/PNUE/KWS/University of Bayreuth/WCST

AFRIQUE CENTRALE

Les fortes précipitations constantes de l’Afrique centrale supportent un couvert forestier étendu dans l’ensemble de la sous-région, excepté dans la partie nord du Cameroun, le Tchad et la République Centrafricaine. Les forêts et zones boisées recouvrent au total 45 pour cent environ de la superficie de l’Afrique centrale, et représentent 37 pour cent du couvert forestier total de l’Afrique (FAO, 2001a). La plupart des pays de la sous-région sont donc bien pourvus en forêts, le Gabon ayant le plus grand couvert forestier (85 pour cent) et le Cameroun, le Congo, la République démocratique du Congo et la Guinée équatoriale plus de 50 pour cent. Du fait de sa situation au nord et de son environnement aride, le Tchad représente l’exception, avec 10 % seulement de couvert forestier (FAO, 2001a). Les forêts tropicales sont prédominantes dans la sous-région, principalement forêts de feuillus ombrophiles sempervirentes, forêts de montagne de haute et basse altitude, forêts marécageuses d’eau douce. La savane est également importante dans le nord du Cameroun, en République centrafricaine, au Tchad et dans le sud de la République démocratique du Congo.

Le principal sujet d’inquiétude en Afrique centrale concerne la rapidité de la déforestation, due en majorité à l’exportation commerciale de bois d’œuvre. Les dégâts causés aux forêts restantes par le débardage du bois est un problème supplémentaire dans la sous-région.

VALEUR ECOLOGIQUE, ECONOMIQUE ET SOCIALE DES FORETS ET ZONES BOISEES D’AFRIQUE CENTRALE

Les forêts tropicales denses offrent des services écosystémiques essentiels, notamment cycles des substances nutritives, protection de l’eau et du sol et échanges gazeux dans l’atmosphère (absorption de dioxyde de carbone et libération d’oxygène). Les forêts tropicales humides de l’Afrique centrale renferment la deuxième zone de forêt tropicale contiguë au monde et jouent donc un rôle très important dans la séquestration du dioxyde de carbone et l’atténuation des changements climatiques potentiels. Parmi les autres avantages des forêts figurent les niveaux extrêmement élevés de biodiversité, qui offrent un énorme potentiel inexploité d’applications agricoles, pharmaceutiques et nutritionnelles. Le Cameroun comporte cinq régions névralgiques, notées pour la richesse de leurs espèces végétales et la présence d’espèces d’oiseaux endémiques.

L’exploitation forestière à des fins commerciales est la première source de revenus engendrés par les forêts d’Afrique centrale. Cette exploitation étant principalement effectuée par des entreprises étrangères, elle garantit aux pays de la sous-région un apport substantiel de devises étrangères. Le Cameroun, par exemple, est l’un des premiers producteurs et exportateurs d’Afrique, et cinquième mondial, de bois de sciage et de billes de bois tropicaux (FAO, 2001a ; WRI, 2001). En 1998, ses exportations dépassaient les 436 millions d’USD, soit environ 5 pour cent du PIB (FAO, 2001a ; Banque mondiale, 2001). La même année, la Guinée équatoriale exportait à hauteur de 62 millions d’USD de panneaux à base de bois, soit 14 pour cent de son PIB (FAO, 2001a ; Banque mondiale, 2001).

Dans les écosystèmes forestiers d’Afrique centrale vivent également de nombreuses communautés, représentant environ 250 groupes ethniques (WRI, 2001). Ces communautés dépendent des ressources forestières sauvages et cultivées, notamment écorce, légumes, fruits, fleurs, miel, résine, champignons, plantes médicinales et animaux sauvages, destinés à la consommation locale et à l’exportation. Les cultures associées ou l’agroforesterie pratiquées dans ces communautés représentent une source essentielle de légumes, graines et fruits, utilisés dans les ménages ou commercialisés. Les forêts offrent également des débouchés touristique qui, bien qu’actuellement inexploitées du fait de la faible infrastructure et/ou des conflits en Afrique centrale, permettraient de générer des devises étrangères et de stimuler le développement rural.