AFRICA ENVIRONMENT OUTLOOK
Past, present and future perspectives

ILES DE L’OUEST DE L’OCEAN INDIEN

Le climat tropical humide qui sévit dans la majorité des îles de l’ouest de l’océan Indien favorise la croissance de la forêt. Cependant, les fréquents cyclones peuvent occasionner des dégâts importants au couvert forestier. En outre, Maurice et Madagascar sont également enclines à la sécheresse. Ceci limite l’étendue du couvert forestier serré, mais encourage la croissance de savanes et de forêts d’épineux. Au total, les forêts et zones boisées couvrent environ 20 pour cent de la superficie des îles de l’ouest de l’océan Indien, soit moins de 2 pour cent de la superficie totale de l’Afrique (FAO, 2001a). Madagascar possède le plus important couvert forestier, avec 20 pour cent de forêts et 12 pour cent de zones boisées, Maurice et les Seychelles possédant 7 à 8 pour cent de forêts et de zones boisées conséquentes. Jadis fortement boisées, les Comores ne possèdent plus que 4 pour cent de forêts et 13 pour cent de zones boisées (FAO, 2001a ; PNUE, 1999 ; PNUD, 2000). Parmi les types de forêts présentes figurent les forêts de feuillus ombrophiles sempervirentes de plaine, les forêts de montagne de haute et basse altitude, les forêts humides semi-sempervirentes, les mangroves et la savane.

Le problème le plus inquiétant de la sous-région tient au rythme rapide de déforestation et à ses conséquences sur l’environnement, notamment érosion des sols, désertification, et perte des processus écosystémiques.

VALEUR ECOLOGIQUE, ECONOMIQUE ET SOCIALE DES FORETS ET ZONES BOISEES DANS LES ILES DE L’OUEST DE L’OCEAN INDIEN

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Abattage illégal dans la réserve forestière des Aberdares, Kenya

Christian Lambrechts, Kenya Forests Working Group

Les îles de l’ouest de l’océan Indien constituent l’un des 25 « points névralgiques » de biodiversité internationalement reconnus (Mittermeier et al., 2000) et de vastes zones d’habitat forestier original y sont demeurées intactes. La diversité et le caractère endémique des espèces atteignent des taux très élevés pour tous les principaux groupes végétaux et animaux sur l’ensemble des îles, surtout dans le cas des forêts et zones boisées. Des espèces et des familles entières sont endémiques à la région. Par exemple, plus de 80 pour cent des 10 000 à 12 000 espèces de plantes à fleurs de Madagascar sont des espèces locales. Il en va de même pour 91 pour cent des 300 espèces de reptiles. Douze pour cent des espèces de primates encore vivantes au monde se trouvent à Madagascar et 33 espèces de lémuriens sont endémiques à l’île. Le Coco de Mer est endémique à l’île de Praslin (Seychelles) et

certaines des îles plus importantes possèdent également des forêts de palmiers sèches exclusives aux Seychelles. Les mangroves sont très répandues et se retrouvent sur la plupart des îles de la sous-région.

L’exploitation forestière à des fins commerciales est limitée dans la plupart des îles, bien que de nombreux produits ligneux et non ligneux soient utilisés localement. Madagascar, plus gros producteur commercial, produit des volumes relativement modestes de bois de sciage et de petites quantités de papier et de panneaux à base de bois. En 1998, la valeur de ces produits à l’exportation se montait à 8 millions d’USD (FAO, 2001a). Parmi les produits forestiers non ligneux importants figurent les plantes médicinales et ornementales, les fruits, le miel, les huiles essentielles, la viande et le fourrage. Le bois de chauffage est une ressource vitale pour les communautés locales, plus particulièrement dans les pays les plus défavorisés de la sous-région. A Madagascar, par exemple, plus de 90 pour cent des ménages dépendent du bois de chauffage et du charbon de bois, du fait d’une pauvreté et d’une inflation croissantes. En revanche, seuls 8 pour cent des habitants des Seychelles dépendent du bois de chauffage, même comme source d’énergie complémentaire (FAO, 2001a).